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 Getting wet by the rainy day, how does it make you feel ? ft. Freyja

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MessageSujet: Getting wet by the rainy day, how does it make you feel ? ft. Freyja   Mar 30 Oct - 16:06

5 November.Chaï's Flat ---- /Getting wet by the rainy day, how does it make you feel  ----

Chaï ---- / Freyja ----

Les semelles frappaient le sol imprégné d'eau. Les enjambées se voulaient plus étendues, foulées furieuses qui faisaient trembler les muscles de mes jambes. Mes bras, à tour de rôle, amenaient mon corps à se tordre pour accompagner la course. Et l'épiderme sautillait, mise à rude épreuve par la pluie qui la tabassait de ses gouttes volumineuses. Et dire qu'il devait faire bon, aujourd'hui. La flotte avait pris le dessus sur les derniers rayons de soleil. Le déluge, en quelques secondes. Le souffle court, je me dépêchai à rejoindre la maison, et tant pis pour ma session de sport. Il fallait bien que je me résigne au changement de saison. La salle de musculation serait à nouveau ma meilleure amie. Trois intersections, plus que trois. De toute façon, j'étais déjà trempé jusqu'à l'os. Je ne faisais attention à rien, ni personne. Chacun s'occupait comme il le pouvait à rejoindre un endroit susceptible de lui fournir un abri. Je me postai devant la porte de l'immeuble, enfin retrouvée. Mes doigts s'aventurèrent dans la poche de mon jogging en molleton, difficilement, afin d'en tirer le badge, et toutes les clés qui y étaient accrochées. Je posai le rond sombre sur l'emplacement électronique qui le reconnut. Ma tête se tourna à ma droite, par habitude de vérifier, une main déjà sur le bois, l'ouverture entrouverte, et je la vis. Elle. Entourée de parapluies qui s'élevaient un à un, elle gardait les yeux cramponnés au ciel, le sourire aux lèvres. Les perles naturelles ruisselaient sur son faciès de gamine, humidifiaient ses vêtements, refroidissaient probablement son corps aussi, mais elle s'en fichait. Tous les passants se pressaient dans la rue, mais pas elle. Elle, elle s'en fichait. Mes sourcils se froncèrent et, même si ma vue se troublait à cause de la marée céleste, mes iris l'observaient. Seule ma bouche s'était ouverte, laissant un toboggan à disposition des écoulements d'eau qui caressaient la pointe de mes cheveux avant de glisser jusqu'à ma lèvre supérieure, sautant jusqu'à l'inférieure. Une pause dans le temps qui fut vite interrompue. Vous rentrez, oui ou non ? Je clignai des paupières un instant avant de laisser mon regard glisser de l'adolescente au voisin du deuxième. Contraint à forcer sur la porte pour le laisser passer, et moi avec. Deux minutes et vingt-sept secondes. Ce fut le temps que je mis à me décider à redescendre de mon logement situé au dernier étage. Un parapluie à la main, je tapai de ma paume sur l'interrupteur qui vibra, sonna, pour m'avertir que je venais d'activer l'ouverture de l'entrée. Un coup d'oeil à droite, un coup d'oeil à gauche. Elle était encore là, sous l'averse qui avait doublé, encore, en puissance. Elle ne devait pas être lumière pour se laisser tremper ainsi. Je descendis l'escalier extérieur, la respiration encore haletante des derniers efforts, appuyai sur le loquet qui ouvrit, comme une fleur inversée, le pépin. Juste au-dessus de la tête de la fille. Tu vas attraper la mort, fis-je pour lui expliquer mon geste, tu devrais pas rester là, continuai-je en portant un regard sur la rue qui continuait d'être désertée. Viens, l'invitai-je en pliant les phalanges de ma main libre afin de l'inciter à m'accompagner. J'vais pas te manger, tentai-je de la rassurer, une esquisse espiègle sur le faciès, à moins que tu veuilles que j'reste avec toi et que j'tombe malade aussi ?
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MessageSujet: Re: Getting wet by the rainy day, how does it make you feel ? ft. Freyja   Ven 9 Nov - 17:55

getting wet
by the rainy day,
how does it
make you feel ?
chaï & freyja

Fantaisie du corps, fantaisie de l’âme. Elle s’est enfuie encore, toujours. Happée chaque jour un peu plus, par ces ailleurs qui ne suffisent jamais. Parce qu’elle revient à chaque fois, dès lors que le crépuscule pointe ses crocs acérés, dans l’horizon urbain qui jamais ne s’éteint. La frénésie de ses idées qui s’encombrent, la lenteur de la ligne de ses pas, en équilibre, sur le fil du trottoir que les gens désertent peu à peu. Ils se pressent, ils poussent, ils font chavirer : ceux qui demeurent-là, à la marge, à observer le monde qui sombre sous un rideau de pluie sans fin. Pourquoi revenir, à chaque fois ? S’enfermer dans la cage dorée de son désamour, lui laisser la clef de ses avenirs incertains. Ne rien dire, ne rien faire. Accepter simplement le sort qu’il lui a réservé, et qui n’est pas si rude, en réalité. Elle prend des habitudes, Freyja. Des habitudes de poupée cloitrée, prostrée. Mais tout se transforme à l’intérieur. Tout se modèle, se transfigure. Les rêves accrochés à ses phalanges de petite fille, dans les lueurs brillantes de ses yeux qui s’émerveillent. A chaque représentation. Chaque fois qu’elle peut jouer pour eux, pour elle. Prouver à Colomba qu’elle a bien fait de lui laisser sa chance, trimer chaque jour davantage pour faire autre chose que seulement frôler l’excellence. Elle voudrait jouer davantage, aller au-devant de difficultés autres. Plusieurs fois elle s’est égarée au-devant de la Juillard School. Elle a croisé des élèves, sans doute un peu plus vieux qu’elle, qui riaient et ne se rendaient pas compte, de la chance qu’ils pouvaient seulement avoir. Jouer pour un orchestre symphonique, rien qu’une fois. Faire partie d’un ensemble plus grand que soi. Que de perspectives que New York greffe dans sa tête de jour lorsqu’elle s’y égare, et qu’il lui arrache le soir venu lorsqu’elle croise la froideur indistincte de ses regards. Elle ne sait pas ce qu’il est, ce qu’il veut. S’il souhaite la vendre au plus offrant, comme les autres filles qui battent leurs ailes soyeuses dans la maison close. Parfois elle s’imagine, affublée d’un vieux croulant qu’il aura choisi pour elle, parcourant les lignes juvéniles de son corps avec une avidité dégueulasse. De seulement y songer, des frissons de dégoût la parcourent toute entière. Elle n’accélère pas le pas, continue ses pérégrinations devenues rituelles au fil des mois. New York lui fait bien moins peur, depuis qu’elle a appris à la connaître. Qu’elle sait où aller, où fuir, où se perdre enfin. Son attention se porte sur la devanture d’un bâtiment, dont les lignes architecturales l’intriguent, sans qu’elle ne sache réellement pourquoi. Cela n’a rien à voir, avec les bâtisses qui encadrent le théâtre. Les briques ne sont pas les mêmes, les matériaux sont plus bruts. Il pleut des cordes, le trottoir est désert, mais Freyja n’en a cure. Qu’est-ce qu’un peu de pluie, de l’eau sur les vêtements, le froid qui ruissèle jusqu’au corps ? Anesthésiée de l’intérieur, suffisamment refroidie depuis des heures pour ne plus rien sentir, elle plisse un peu des yeux. Yeux qui la picotent un peu d’ailleurs, comme s’ils la brûlaient, malgré la pluie. Elle n’a pas entendu le voisin depuis sa fenêtre, et lorsqu’elle aperçoit celui qui l’interpelle enfin, elle hausse un sourcil interrogateur :
« Ce n’est qu’un peu de pluie vous savez. Je ne sais pas si … »
Suivre des inconnus. Monter chez eux. Si Savas était là, il ne serait certainement pas d’accord. Elle-même hésite, jauge l’inconnu d’un regard avant de remarquer sa tenue d’ambulancier. Un métier honorable et rassurant, qui inspire la confiance, forcément. Elle reconnaît avoir froid. Et chaud en même temps, c’est tout à fait étrange. Comme si elle se sentait … Fiévreuse.

« Je ne suis pas malade. » dit-elle avant de le rejoindre, sans crier gare. Elle enfonce ses mains dans sa veste, se déplace à l’intérieur, sous le hall d’entrée de l’immeuble. « Je peux attendre ici que ça se calme vous savez. » Elle grelote un peu sous sa veste en jean. Il faut dire qu’elle n’a peut-être pas la tenue adéquate pour se promener en plein automne. Elle n’a pas osé demander à Savas de l’argent pour aller s’acheter un manteau digne de ce nom. Et comme elle n’a aucunes économies de côté, ou très jeu. De l’argent de poche seulement, gagnée dans les gares, ou des pubs, où elle a dû jouer ou chanter par hasard. Rien de transcendant. « J’vous cache pas que je ne me sens pas très bien. » admet-elle, en ayant l’impression d’éprouver comme des bouffées de chaleur, tout en ayant froid en même temps. Des courbatures dans la nuque aussi, et dans les membres. A croire qu’elle aurait dû être plus vigilante.
(c) DΛNDELION
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MessageSujet: Re: Getting wet by the rainy day, how does it make you feel ? ft. Freyja   Dim 18 Nov - 10:25

5 November.Chaï's Flat ---- /Getting wet by the rainy day, how does it make you feel  ----

Chaï ---- / Freyja ----

La gamine se montrait courageuse, voire inconsciente, prête à attendre que la déferlante ne se calme en restant sous ce rideau de pluie. Trop frais, trop humide, elle se résigna heureusement à quitter les lieux et me suivre. Le pass, toujours dans ma poche de jogging à l'écusson du service des urgences, je me hâtai pour présenter le hall de l'immeuble à la demoiselle. Ô il n'était pas bien grand, loin d'être entretenu tous les jours non plus, mais il faisait affaire. Une partie boîtes aux lettres, l'office de la concierge -souvent vide qu'occupé, d'ailleurs-, un large paillasson vieilli par les années devant les premières marches de l'escalier. Non, il n'y avait rien de grandiose. Il était certain que ça n'avait rien à voir avec l'entrée majestueuse du building où vivaient mes parents.  Si le parquet était bon à changer, ici, là-haut, ce dernier reluisait de mille feux. A croire qu'il était ciré quotidiennement. Les petites portes que nous ouvrions pour attraper le courrier étaient défoncées, décolorées par endroit, et en plastique. Chez les gens de la Haute, elles étaient en bois, toujours nettoyées et changées lorsqu'un léger choc pouvait leur faire perdre une quelconque valeur. Les murs étaient blancs, là-bas, ici ils étaient décrépis, arboraient quelques dessins. L'escalier était tout de même joli, un vieux bois qui avait du cachet. Dommage que personne n'en prenait soin. Il n'avait pas été touché par les dégradations, pourtant. Après avoir refermé le parapluie, au-dehors, je m'engageai vers celui-ci d'ailleurs, mais fus stoppé par la voix douce et fatiguée de l'adolescence -je pensais-. Attendre ici. Mes yeux la scrutèrent un instant, je la dévisageais avant de porter un regard attentif à l'espace que je n'avais toujours fait que d'emprunter. Jamais, ô grand jamais, je n'étais resté plus de quelques minutes. Un passage à mon sens, un simple passage. J'haussai alors les épaules, parce qu'il m'était impossible de la forcer à me rejoindre dans mon appartement, endroit plus chaud, plus confortable et où il était possible de grignoter un peu, de se faire une boisson chaude. Comme tu voudras demoiselle, mais sache que ça n'me dérange pas de t'héberger jusqu'à ce que tu puisses retrouver ton chez toi, supposai-je à nouveau qu'elle m'accompagne, indirectement. D'ailleurs, avait-elle un toit ? Beaucoup de jeunes, au Queens, étaient livrés à eux-mêmes. Elle était pourtant bien sapée, mais l'habit ne faisait jamais le moine; j'étais bien placé pour le savoir. Je restais un pied sur le bois de l'escalier, prêt à retrouver mon logement, le corps légèrement pivoté dans sa direction, dans l'attente qu'elle se dessine définitivement. Okay, on n'va pas s'poser la question cent fois, lui indiquai-je, revenant sur mes pas. Elle tombait malade, c'était évident. Je vins à ses côtés, laissant le parapluie refermé contre un pan du mur, et portai l'un de ses bras autour de mon cou, maintenant sa main de la mienne pour poser mes phalanges à ses côtes. On va éviter que tu n'tombes dans les escaliers, hein, lui expliquai-je ainsi la raison de tant de précautions. Valait mieux prévoir que guérir, en sachant que tomber de plusieurs étages n'était en rien sans conséquences graves. Un étage, deux étages, trois étages. Doucement mais sûrement nous arrivâmes à l'avant dernier. On va s'mouiller un peu, dis-je en ouvrant la porte qui menait à l'escalier en colimaçon qui menait au rooftop. Après tout, mouillés pour mouillés, hein. Je la fis passer avant, histoire de pouvoir la rattraper si sa tête lui faisait défaut, qu'un tournis lui prenait, ou qu'une faiblesse musculaire la faisait tanguer. Attention, y'a une marche qu'est pétée, lui montrai-je du doigt, assez scotché à elle pour la prévenir avant qu'elle ne trébuche. Encore un p'tit effort, fis-je en poussant ma paume contre sa colonne vertébrale pour l'aider à gravir les dernières marches. Ce fût sans encombre que nous arrivâmes tout en haut de l'immeuble. A droite, y'a une porte, un genre de porte-fenêtre, lui pointai-je du menton, l'invitant à me suivre jusqu'à cette fenêtre un peu particulière faite entièrement de bois. Je l'ouvris, et la laissai passer en première. N'oublie pas d'enlever tes chaussures en bas , lui demandai-je, pour éviter de salir mon intérieur; même si nous étions, de toute façon, trempés jusqu'à la moelle. Une dernière descente de quelques échelons d'une petite largeur et elle put avoir vue sur le loft. Aucun mur, aucun paravent ne divisait les pièces de ce beau 80m². Il fait plus chaud ici, pas vrai, interrogeai-je la demoiselle, non sur un ton humoristique. C'était une évidence. Mieux que de rester sous la tempête. Maintenant, il fallait gérer la situation dans son ensemble, la gamine était gelée; et ce n'était pas comme si j'accueillais des malades H24 à la maison. J'sais pas. Tu veux un chocolat chaud, un café, un thé ? Prendre une douche ? La salle de bain est derrière le rideau, là-bas, lui recommandai-je en passant une main dans mes cheveux dégoulinant d'eau pour les remettre sur le côté. J'étais également muni de médicaments, dans le cas où elle m'annoncerait avoir quelques maux par ci par là. En somme, j'étais assez bien équipé mais, contrairement aux urgences où j'avais la possibilité d'agir sans demander aux patients leur reste, ici, en tant que civil, je ne pouvais que proposer et agir en fonction des envies. Un peu déroutant, pour moi, qui était toujours énergique; loin de l'attente et la patience dont je devais faire preuve devant la plus jeune. Ah ! Que c'était frustrant. Une serviette de bain, ça serait déjà pas mal pour se sécher, non, l'interrogeai-je un sourire sur les lippes.  


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