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 (ceza) couleurs d'hier.

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Cez Blackbird


( the lone wolf dies )

/ avatar : jack the lad #lhommedemavie.
/ crédits : self (av/sign).
/ autres personnages : betsi (n.peltz), brynn (n.o'neil), kurtis (r.king), sage (c.desjardins), sonny (e.bador), tad (a.piper).
/ nombre de messages : 3921
/ cartes en main : 870
/ âge : 29
/ statut : à terre, l'coeur solitaire ; veuf avant-même de t'être marié.
/ occupation : combattant en infanterie (tireur de précision/sniper).
/ beau bordel : ( m o o d b o a r d )

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MessageSujet: (ceza) couleurs d'hier.   (ceza) couleurs d'hier. EmptyDim 8 Mar - 23:48

ceza / couleurs d'hier /

les veines palpitent, tambourinent contre tes tempes. y'a trop peu de sang dedans, noyé dans ce trop plein d'alcool qui engloutit depuis si longtemps la solitude des samedis soir. mais rien ne pouvait la combler davantage que les femmes.
une femme, pour une unique nuit.
celle-là, pour les désirs d'aujourd'hui.
ses hanches se lassent et se délassent comme ondule la couleuvre. lascive et tentatrice, elle fait son oeuvre jusqu'à éveiller tes faiblesses les plus masculines. les doigts se serrent un peu plus contre le goulot teinté, mais la bouteille menace de se faire la malle hors de la moiteur de tes mains.
et tu deviens mâle primitif, ne vois plus d'elle qu'un corps fantasmé - jusqu'à ce que sa crinière ne laisse dévoiler à la lumière artificielle le visage séraphique de ton plus beau souvenir.
j o y
et ses traits d'une même finesse.
et le hâle de sa peau de l'exacte même nuance - même sous l'éclairage cérulé qui ne te trompe pourtant pas.
alors les secondes s'éternisent quand l'esprit se retrouve momentanément prisonnier des affres d'un passé dont les réminiscences étaient aussi exquises que destructrices.
dieu que le ravissement est cruel.
dieu que la douleur est exaltante.
et ses hanches se lassent et se délassent devant les yeux qui ne voient plus.
t'es devenu aveugle cez, aveugle aux courbes dont le galbe divin emboîterait pourtant parfaitement le creux de tes paumes, initialement affamées de n'importe quelle chair un peu trop tendre.
mais tu ne vois plus qu'elle.
le plus beau des simulacres.
et tu voudrais le voir t'appartenir.
(...)
une poignée de billets verts et tu l'as faite tienne la poupée, conséquence d'une pulsion inconsidérée qui te vaudrait presque un semblant de regret quand la divine se dessine dans l'embrasure de la porte, à deux doigts d'imposer cette solitude à deux que tu as tant voulue.
mais tout à coup, tu sais plus pourquoi tu l'as voulue.
pour une torture non assumée ou pour une illusion provisoire ; quelques minutes de paradis dans une vie devenue enfer.
pourtant, t'en profites pas, cez. les gestes que tu aimerais initier se meurent au sein d'un cocon de pudeur que tu ne te connais pas.
parce que tu n'as encore jamais caressé un ange.
« comment tu t'appelles ? » dis, c'est quoi ton nom, j o y ? « t'as bien un prénom, non ? et tu viens bien de quelque part ? d'où ? tu viens d'où ? »
les lèvres portées au goulot comme dans un état d'urgence, tu fixes la silhouette en face de toi d'un regard emprunt d'autant de tendresse que de méfiance.
parce qu'elle était à la fois elle et son usurpatrice.
parce qu'elle était les bonheurs éteints et toutes leurs cicatrices.


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Rosa Fuerte


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/ avatar : cenit nadir.
/ crédits : all souls.
/ autres personnages : sally, irina.
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/ âge : 28
/ statut : liberté clamée tout haut, électron libre qui ne tolère pas les entraves.
/ occupation : racoleuse pour le velvet. elle est la main qui s'abat sur les jeunes fleurs pour les enrôler, les faire danser jusqu'au bout de la nuit.
/ zone du queens : queens contemporain.
/ beau bordel : ella/joy ; cez - lion ; bianca ; terrence ; you ?

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MessageSujet: Re: (ceza) couleurs d'hier.   (ceza) couleurs d'hier. EmptyVen 27 Mar - 23:21

COULEURS D'HIER




une prison aux allures de paradis artificiel dont les clients sont les geôliers ignorants. rêves de liberté atrophiés dès l'instant où les projecteurs enveloppent son corps. un amas de chair, tout ce qu'elle est. un bout de viande offert aux carnassiers prêts à se battre pour mettre un coup de crocs. esprit brouillé par le vacarme ambiant, les gestes sont automatiques. instinct qui s'exprime dans le ballet corporel, pensées qui s'immolent le temps de quelques minutes. secondes superficielles, comme tout le reste. comme ce club qu'elle rêve de quitter sans en avoir le courage. captive d'une existence qu'elle s'impose, oiseau aux ailes trop affaiblies pour oser s'envoler. les hanches se balancent au rythme d'un effeuillage qui n'a plus de secret pour les habitués. elle est éteinte rosa, ne trouve plus la rédemption dans les basses assourdissantes. le malin ne l'a jamais frôlée d'aussi près. les paupières viennent recouvrir ses prunelles, la musique devient berceuse quand la folie vient caresser son épiderme. les bras démoniaques semblent étreindre son corps trop fin pour lutter. illusions destinées à l'oubli du présent, chimères perfides. fin de la partie quand les lueurs tamisées quittent sa carcasse. quelques secondes pour que les yeux s'ouvrent, retour à la réalité qui creuse un peu plus sa tombe. le rideau tombe, les prochaines filles se préparent déjà à éblouir les hommes infidèles. dans l'obscurité, la silhouette de la danseuse névrosée disparait. à bientôt, satan.  

rappel des ténèbres. quelques billets supplémentaires, ici les gens achètent un corps comme dans un supermarché. cette nuit, les courbes de rosa ont percuté des rétines pour faire cracher une poignée d'argent sale. ça vient relancer le myocarde endolori, ce n'est pas de l'excitation, encore moins de la joie. seulement une appréhension cruelle sur cet inconnu. un saint ou un bourreau, c'est l'interrogation qui cogne dans son crâne dès que son corps est acheté. pauvre existence dont le destin est monnayé dans l'ombre. elle n'est qu'une strip-teaseuse, tout juste bonne à garder le silence. elle se rhabille en vitesse pour mieux retirer ses vêtements par la suite. manège malsain qu'elle exécute en serrant les dents. elle a besoin de cet argent, c'est l'unique raison qui pousse rosa à apaiser la bête grondante dans ses entrailles. l’appât du gain, celui qui lui permettra de quitter ce purgatoire avant que son corps ne s'éteigne définitivement. la porte menant à l'antre privé s'ouvre presque timidement, dans cette pièce les désirs les plus intimes sont chuchotés pour être exécutés. le seuil est franchi, l'humaine devient objet. instrument de plaisir vulnérable entre les mains masculines. percussions des regards. rosa cherche un éclat de perversion, un point malsain auquel se raccrocher pour l'utiliser en prétexte de fuite. rien. elle ne décèle rien. ça la fait soupirer, presque déçue de la facilité qui s'annonce. quelques mots glissent jusqu'à ses tympans, ils viennent serrer la gorge de la brune. personne ne lui a demandé son prénom, jamais. dans le meilleur des cas c'était un prénom inventé, soufflé entre deux gémissements. « rosa. » presque un murmure, la méfiance naissante qui vient teinter son léger rictus. elle fait mine d'ignorer les questions suivantes, préfère se poser sur le matelas, un peu en retrait de l'inconnu curieux. c'est son boulot. une main s'aventure sous le haut sans demander la permission. c'est ce qu'ils veulent tous, des caresses avant le grand saut. mais lui, il n'est pas tous. il s'intéresse, cherche une information qu'elle ignore. « tu m'as acheté.. pourquoi ? » sa voix est une douceur qui ne lui ressemble pas, un personnage qu'elle s'efforce de fabriquer depuis des années. pour oublier qui elle est vraiment.




(c) élissan.

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MessageSujet: Re: (ceza) couleurs d'hier.   (ceza) couleurs d'hier. EmptyVen 24 Avr - 2:24

ceza / couleurs d'hier /

y'a plus rien autour quand sa silhouette prend possession de la pièce.
elle pénètre l'espace, l'embrase, comble chaque millimètre qui ne connaîtrait encore que le vide.
elle s'impose, s'érige en maître.
et toi cez, tu ne vois qu'elle.
tu râpes sa frêle carcasse de ces yeux insistants qui ne reflètent alors rien d'autre qu'un désir indisposé. le regard est si incisif qu'il pourrait presque l’écorcher à vif, abîmer la peau de miel pour la bleuir de tes empreintes - comme pour lui dire qu'elle t'appartient.
parce que c'est ce que tu voudrais, cez ; qu'elle te dise que c'est elle, celle qui était tienne avant que son souffle ne s'éteigne à la veille d'une éternité que tu lui avais promise. mais le prénom que que tu attends ne vient pas.
« rosa. »
le coeur cesse une seconde ses battements, laisse la dernière inspiration se suspendre.
r o s a, tu la crois.
parce que rosa, elle possède la pureté et l'éclat ; les épines et les échardes au bout des doigts - qui écorchent tes sens, écorchent ton âme ; écorchent les souvenirs d'une manière infâme.
parce qu'elle a pas le droit d'y pénétrer comme ça.
rosa, ils ne sont pas à toi.
mais la divine éveille pourtant tout de toi lorsque sa paume effleure ta peau. et toi blackbird, tu brûles de l'intérieur, comme un putain de condamné sur le bûcher. l'absolue tentation titille le mâle, mais c'est l'homme écorché qui lui répond. alors, la poigne ferme tue son élan, la force à ne pas poursuivre son geste. le frisson initié se meurt dès lors que tu extirpes sa main du torse moite, brûlant du malsain désir que tu tais aussi bien qu'un fantasme dévoyé - parce que c'est ce qu'il est.
une indicible obsession.
« tu m'as achetée... pourquoi ? »
-- indicible j'te dis, rosa
reste muette, n'insiste pas
les raisons sont crasses
c'est salaud, c'est dégueulasse
c'est que derrière ces yeux-là, tu vois
il y a trop d'elle et si peu de toi

« pour quoi est-ce que tu crois qu'on achète les filles comme toi ? »
le temps d'une minute silencieuse, tu la laisses deviner tes intentions qui ne seront jamais plus louables que celles des autres.
« c'qui est sûr c'est que j'ai pas payé pour que ce soit toi qui poses les questions. ni pour que t'ignores les miennes. »
pourtant elle continue à se taire, la belle. tu sauras pas d'où elle vient, cez. pas ce soir. et au fond, ça te permet de croire encore un peu qu'elle n'est que le fruit de ton imagination - un songe éphémère, douce chimère.
« si ça peut te rassurer, j'te toucherai pas. » pourtant j'veux.
« t'es pas réelle. » ça m'fend en deux.
mais les mots sont chuchotés, étouffés à l'intérieur du goulot que tu portes à tes lèvres pour ingérer la dernière goutte - goutte d'espoir, goutte d'oubli ; une dernière chance pour enterrer au plus profond cette envie persistante de la posséder.



Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: (ceza) couleurs d'hier.   (ceza) couleurs d'hier. EmptyLun 15 Juin - 16:36

COULEURS D'HIER




De ses yeux brillants, elle voit dans son regard qu'il a besoin de se perdre dans une nuit d'oubli, forger un bouclier contre les ombres toujours trop oppressantes qui rôdent aux alentours. Mélange complexe de curiosité et de lassitude quand la main de la colombienne quitte le torse incandescent, trop peu effleuré. Tout ce qu'elle veut, c'est s'oublier. Oublier qui elle était, même si elle doit le faire dans d'autres bras, des différents chaque soir. Un peu d'ivresse pour une meilleure redescente. L'allure interdite, les iris agacés cherchent à déceler des informations sur l'inconnu sans y parvenir. Trop de mystères qui lui donnent autant envie de rester que de fuir pour ne pas perdre un temps déjà grignoté. Le temps de quelques instants, elle se revoit, l'âme brisée mille fois par des souvenirs trop lointains pour être rattrapés, des ombres aperçues qui ressemblent à sa lignée colombienne sans l'être vraiment. Ce n'est que des illusions d'un encéphale malade d'avoir trop aimé. De ses lèvres, elle lui sourit en laissant le silence peser, l'apparence fière ébranlée par les derniers propos de l'homme qui se perd dans une dernière gorgée d'alcool. Ce brusque retour à la réalité la frustre, la poupée capricieuse. C'est une étrange raison qui la pousse à le vouloir pour le faire penser à autre chose, le libérer pour quelques heures de ses démons. Empathie naissante, l'impression de rencontrer un alter ego dont elle ignore tout. « Tu n'as pas besoin de savoir d'où je viens, ni même les raisons qui m'ont menée ici. » Poigne autour de la bouteille vidée de son contenu qu'elle arrache au client récalcitrant, verre qui claque contre le bois verni de la table. La voix réchauffée par des effluves sud-américaines reprend quand elle s'installe à ses côtés, les mains en évidence. « Très bien, je ne te touche pas puisque tu n'es pas venu pour ça. Par contre je peux t'assurer que je suis aussi réelle que l'alcool qui coule dans ta gorge. » Ce n'est pas une déception, presque un soulagement de ne pas être seulement un objet de convoitise. « Commence par me donner ton prénom. Dis-moi ce que tu veux, ou ce que tu ne veux pas. Éclaire-moi. » Pour lui donner envie de rester un peu plus longtemps, de lutter contre l'envie irrépressible de rejoindre la foule qui s'agglutine derrière la porte, jalousant en silence l'homme hermétique. Carapace impénétrable qu'elle compte arracher du bout de ses ongles manucurés pour qu'ils s'appartiennent mutuellement jusqu'au lever du soleil sur cette ville grouillant de fantômes.


(c) élissan.



@Cez Blackbird

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MessageSujet: Re: (ceza) couleurs d'hier.   (ceza) couleurs d'hier. EmptyMer 8 Juil - 0:45

ceza / couleurs d'hier /

le mirage charnel se déploie devant les yeux affamés, voluptueux et tentateur, devient fantasme à la seconde-même ou le moindre de ses traits retrouve sa place dans tes souvenirs.
quand la forme de sa mâchoire se calque à la sienne et que le charnu de ses lèvres se fait aussi gourmand. quand le galbe de ses seins ne semble pouvoir se revêtir que du creux de ta main avide de les emprisonner ; tu trépasses, cez.
on t'a déjà narré des contes à faire peur, des histoires de fantômes auxquelles t'as pourtant jamais cru. mais celui-là, il a rien de ce qu'on en dit. si tu vois à travers, ce n'est que pour y déceler les restes d'un passé qui t'appartient, mais que c'est elle qui traîne. la seule vérité, c'est que l'esprit est frappeur. il cogne, t'assène un coup de poing dans le bide à chaque regard que tu poses sur lui. parce que tu ne vois qu'elle - d'os et de chair, aussi réelle que la dernière fois où tu l'as serrée dans tes bras.
mais ce jour-là, elle ne s'appelait pas rosa.
ton regard accompagne ses mouvements délicats tandis que tu serres les dents à chaque pas qui la rapproche de toi - parce que la beauté chimérique est diabolique, ravive le désir de ces flammes qu'elle a ramenées du monde d'en bas.
putain, c'qu'on t'en a narré des contes à faire peur, des histoires de fantômes desquelles t'as ri sans vergogne. mais celle-là cez, elle te glace le sang.
ou peut-être est-ce parce que les mots sont aussi froids, sifflés avec finesse et précision comme une balle de sniper qui fendrait l'air en une fraction de seconde.
« tu n'as pas besoin de savoir d'où je viens, ni même les raisons qui m'ont menée ici. »
« et si c'était pour ça que je t'avais payée ? précisément pour savoir d'où tu viens et pourquoi t'es là ? » tu marques un silence.
« t'aurais pas d'autres choix que de me répondre, si ? »
tu joues de ta place, meilleure que la sienne - supérieure sans doute, simplement pour avoir sorti de ta poche quelques billets. mais t'aimes pas cette façon qu'elle a de tenter de prendre les rênes, comme si elle en avait le droit ; comme celui qu'elle se donne en initiant le premier contact que tu refoules aussi vite que possible.
« très bien, je ne te touche pas puisque tu n'es pas venu pour ça. par contre je peux t'assurer que je suis aussi réelle que l'alcool qui coule dans ta gorge. »
tu secoues la tête cez, réfutes ses dires avec une assurance sans faille.
elle sait pas ce qu'elle dit. elle sait pas ce qu'elle fait.
pas plus qu'elle ne sait qui tu es.
« commence par me donner ton prénom. dis-moi ce que tu veux, ou ce que tu ne veux pas. éclaire-moi. »
« t'as pas besoin de connaître mon prénom, ni même les raisons qui m'ont menées ici », tu répètes, presque au mot près.
tu veux pas qu'elle te connaisse, tu veux pas qu'elle sache.
parce que le désir n'est pas noble, la convoitise pas louable.
et tu n'oses dire, cez, qu'en elle tu en cherches une autre.
« j'veux juste que tu restes. » joy.
le prénom effleures tes lèvres, tu le retiens de justesse.
« j'veux te regarder. » le coup d'oeil incisif qui s'en suit la retiendrait presque autant que la poigne d'une main trop ferme. tu t'interdis même de cligner des paupières, de peur de la voir disparaître. et tu t'accroches à la jeune femme, comme un fou à lier.
à lier à toi, r o s a.
« j'veux te toucher. » la carrure se redresse, se laisse tenter par un pas de plus pour anéantir les derniers centimètres qui vous séparent. et, quand la pulpe de tes doigts caresse enfin la peau de miel, un frisson te parcourt l'échine.
elle est réelle, cez. le sang est chaud, palpite sous le cuir que tu effleures encore trop farouchement. tu sens son existence sous le geste calculé -
p a l p a b l e.
pourtant, c'est comme si l'information ne parvenait pas jusqu'à ton cerveau. il refuse de l'intégrer, la rejette pour ne pas avoir à l'assumer. parce qu'au fond, ça t'fait peur, cez. t'as la trouille comme un putain de gosse a qui on avait pourtant promis que les cauchemars n'existaient pas.
« si t'es réelle, prouve-le-moi. reste là jusqu'à demain. »


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MessageSujet: Re: (ceza) couleurs d'hier.   (ceza) couleurs d'hier. EmptyJeu 23 Juil - 12:16

COULEURS D'HIER



La voix des oubliées, celle qui gueule plus fort que toutes les autres filles réunies, celle qu'il faut entendre, celle qui n'a rien à faire dans ce genre d'endroit mais qui creuse son trou quand même. C'est une Rosa teintée des couleurs de Paola qui se débat maladroitement, pauvre petit animal sauvage blessé qui sait seulement mordre pour se défendre. La question bat encore dans ses tempes, tu viens d'où ? S'il savait les kilomètres engloutis, encore et encore, juste pour se sentir à l'abri de la puanteur Colombienne. S'il savait la distance qu'elle s'est imposée, comme un besoin vital pour s'échapper des griffes familiales. S'il savait l'impression de faire naufrage les pieds sur terre, d'étouffer en plein air. Il ne sait pas l'inconnu et c'est dans le plus grand des égoïsmes que Rosa dresse des barrières invisibles. Elle veut qu'il reste autant qu'il parte, vivre et mourir un peu plus à la fois. Mais se dévoiler aussi simplement, ce n'est pas dans ses projets. Le coup est porté. La vérité qui sort des lèvres malignes face à la princesse trop peu habituée à devenir docile en échange de quelques billets. L'indomptable a conscience qu'une plainte auprès du responsable suffirait à mettre sa présence ici à l'état de souvenir. Juste un passage éphémère dans une pièce étouffante, une illusion nocive de l'esprit. Il suffirait de redémarrer une nouvelle fois, enfouir Rosa dans les abysses pour devenir une nouvelle personne. Soupir las qui brise le silence cruel, acceptation muette avant que les mots ne viennent prétendre le contraire. « On sait tous les deux que le but n'est pas de poser des questions ici. » Ce n'est pas une acceptation qui sort entre ses molaires qui se cognent les unes contre les autres. La mâchoire est crispée quand le menton se relève légèrement pour chercher un peu plus de contenance, partir à la recherche du peu de fierté qui lui reste dans ce genre d'endroit. Elle ne s'est jamais laissé faire par des voix plus grondantes que la sienne, bien assez oppressée par le pouvoir de son père quand le soleil de Bogota lui caressait encore la peau. Alors elle exige un prénom, une information, tout ce qui est susceptible de lui donner envie de s'ouvrir un peu dans cette rencontre qu'elle ne saisit pas totalement. Quelque chose lui échappe sans qu'elle  ne sache dire les raisons. Cet inconnu porte autant de secrets qu'elle, peut-être même des plus terribles encore, mais aucune pitié ne vient luire dans le regard de Rosa, seulement une insolence dangereuse mêlée à de l'incompréhension. « Je peux rester le temps qu'il faudra, si tu me donnes ton identité. » Prénom réel ou factice comme le sien, seules les apparences comptent dans cette pièce. Les pupilles se percutent avec la même force que deux corps fiévreux, c'est une ultime demande qu'elle formule. Elle veut savoir quel prénom s'imprimera dans son esprit jusqu'à l'aube, même si pour y parvenir elle doit passer par le gérant des lieux. Une demande raisonnable pour l'offrande de sa peau entre des mains dont elle ne connait pas les intentions. Et puis, la poupée de marbre devient poupée de chiffons quand la distance est brisée, que les chaleurs se mêlent sans que Rosa ne bronche, elle se contente seulement d'apprécier le cheminement des doigts sur sa peau caramel. Prête à être dévorée en envoyant valser son entêtement, elle reste pourtant de marbre pour ne pas affronter un second rejet qui viendrait amocher sa fierté. Dans les souffles qui se frôlent, elle trouve la force d'énoncer une vérité, la dernière avant la déchéance. « Je suis vivante, tu vois ? Les fantômes ne sont pas palpables, il n'y a que ce froid mortuaire. Ma peau est chaude, voilà ta preuve. » Même son myocarde éteint il y a cinq ans continue sa course effrénée dans sa poitrine, réclame une nouvelle vague de chaleur quand elle sent que le client est en train de s'échapper dans ses illusions. Rosa lève alors une main, lentement, comme pour caresser un animal blessé. Elle s'approche, ne laisse qu'un maigre espace entre leurs deux carnes sans franchir le pas, un sourcil haussé quand elle attend l'interrogation qui ne lui plait jamais vraiment. Dis-moi, est-ce que je peux oser ? Est-ce que c'est raisonnable d'être moins farouche, juste pour me sentir vivante ?





(c) élissan.


@Cez Blackbird

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MessageSujet: Re: (ceza) couleurs d'hier.   (ceza) couleurs d'hier. EmptySam 25 Juil - 15:42

ceza / couleurs d'hier /

à l'ombre de tes souvenirs, elle éclaire avec une haïssable audace tout ce que t'as laissé au néant. et les doutes se dévoilent, les interrogations éclosent sans qu'aucune réponse ne puisse atténuer le trouble.
ni d'où elle vient.
ni ce qu'elle cherche.
ni qui elle est.
« on sait tous les deux que le but n'est pas de poser des questions ici. »
« c'est ça que tu préfères ? des étrangers qui baisent une étrangère ? c'est comme ça que tu te détaches, rosa ? »
t'avoueras pas cez, que si tu t'efforces de rester farouche, tu préfèrerais pourtant qu'elle s'attache et que renaissent de ce lien malsain les émois qui, il y a bien trop longtemps maintenant, te faisaient sentir vivant.
« je peux rester le temps qu'il faudra, si tu me donnes ton identité. »
alors, la limite des règles que tu t'imposes commence à devenir floue, puis complètement indistincte. parce que le coeur tambourine, le sang afflue dans les tempes. et, au milieu du frimas qui glace tes espoirs et embrume les piteuses illusions que tu nourris, tu ne vois plus que le risque qu'elle t'échappe -
e n c o r e.
la trouille au bide, la poigne s'agrippe inconsciemment à son bras frêle, et, comme pour te donner une chance en plus de la garder, tu capitules.
« cézanne. l'oiseau noir. »
les informations sont jetées à la mer comme de vulgaires cailloux que t'espères voir couler et ne jamais plus refaire surface à l'aube de vos adieux. tu veux rester personne, cez, un rien qu'aucun spectre ne pourrait jamais pénétrer - parce que cette joy-là, tu ne la connais pas. et si ses lippes sont d'une identique rondeur, prononcée par cette même nuance mordue, tu suspectes qu'elles soient les seules à avoir le goût des enfers.
« ça t'inspire quoi, rosa ? la confiance ou la fuite ? »
croyait-elle à l'augure funeste du corbeau, aux sinistres malédictions qu'on impute à la bête noir de jais ?
mais les fantômes pouvaient-ils seulement croire en quelque chose quand eux-mêmes ne bercent que contes et légendes ?
« je suis vivante, tu vois ? les fantômes ne sont pas palpables, il n'y a que ce froid mortuaire. ma peau est chaude, voilà ta preuve. »
de ses chants siréniques, elle étouffe bon sens et conscience et ravive en un instant les désirs jusqu'à lors restés orphelins. la peau tiède sous tes doigts ne trouve pas d'égal en la tienne, plus brûlante encore que le brasier indomptable qui ne cesse de briller à l'orée de ses iris, comme pour te rappeler qu'à l'état de fauve retrouvé au petit matin, la sauvage s'en ira.
et le corps se rapproche, la main se tend jusqu'à ton visage, juste assez près pour qu'une onde de chaleur se propage sous la peau de tes joues. à cet instant blackbird, t'es incapable de dire si c'est rassurant ou (délicieusement) oppressant.
tu fermes les yeux un instant, t’imprègnes du bien-être que semble vouloir pérenniser son toucher, immortalise derrière les paupières encore closes le regard interrogateur de rosa. et, d'un geste hésitant mais étonnamment serein, tu recouvres sa main de la tienne pour la guider jusqu'à ta peau. les secondes se font plus fragiles lorsque tu inities de ton gré la caresse que tu craignais pourtant. elle a le contact électrique rosa, mais l'esprit troublé en fait abstraction, ne ressent sous la pulpe de ses doigts que l'illusion veloutée de joy.
« dis-moi que tu vas bien. que t'es heureuse là où tu es, que t'as trouvé la paix. »

-- dis-moi qu'on partage plus rien, joy
que si le monde est devenu mon purgatoire
à toi, on t'a offert le paradis
qu'même si j'me noie dans un trou noir
au-dessus de ma tête, y'a toi qui luis.


_________________

-fuis-moi comme le cholera parce que j'suis un voyou, c'est comme ça qu'on dit. et au pire, ça t'donnera envie d'me cracher à la gueule -
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