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 dance with the devil (louve)

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MessageSujet: dance with the devil (louve)   dance with the devil (louve) EmptySam 29 Juin - 12:16




combien de temps. combien de jours. combien de semaines sont passées sans que jabez n'ai mis un pied dehors en plein jour. autant de minutes écoulées à jouer l'ermite, le loup dans sa tanière qui part à la chasse une fois la nuit tombée. les nuits sont plus courtes avec la saison, il se plait dans cette solitude imposée. il n'est pas assez sociable pour supporter l'agitation de la ville, pas assez calme pour les côtoyer sans grincer les dents. pourtant ce matin il s'est décidé à se montrer au grand jour, surtout poussé par son estomac. il fait peur à voir jabez avec son teint pâle qu'on peut deviner par touche entre ses tatouages, ses yeux hurlent, implorent un peu de repos qu'il refuse de leur accorder. il dormira quand il sera mort. bientôt sûrement. il se fou bien du regard des autres, de ces personnes qui changent de trottoir pour ne pas le croiser dès sept heures du matin. il entend les murmures pourtant, les mises en garde d'un homme envers sa femme. surtout ne le regarde pas, surtout ne lui adresse pas la parole, il pourrait te sauter à la gorge. l'homme pense protéger sa femme, mais ce serait lui la première victime. ça fait sourire jabez, sourire malsain, sourire moqueur envers ce garde du corps improvisé qui ne vaut certainement pas grand chose.
l'entrée dans la cage aux fauves, juste le supermarché du coin pour beaucoup, mais un réel effort pour jabez. il a bien remarqué le vigile posté devant l'entrée du magasin, raison de plus pour rester raisonnable. ça n'empêche pas sa mâchoire de se contracter à chaque fois qu'il croise quelqu'un d'autre. il longe les allées pour éviter un maximum de contact, il est visiblement mal à l'aise, à deux doigts d'exploser et d'envoyer valser tout le monde. les yeux rivés sur le sol, il presse le pas pour en finir avec ce supplice qu'il s'inflige tout seul. plus qu'une bouteille pour tenir le coup et ce sera bon, juste un petit effort. jabez devient mirage, étoile filante qui slalome entre des inconnus qu'il méprise sans connaitre. son esprit est dans d'autres contrées, tellement qu'il rentre en collision avec une autre personne, faisant valser les courses sur le sol. avant même de relever les yeux, il recule de plusieurs pas pour ne pas céder à la tentation du poing, sa respiration le trahit pourtant. ce même souffle qui se coupe quand il relève son regard ébène.
l'amertume, la haine, le besoin viscéral de frapper. tout s'envole en un éclat de secondes. il reste planté sur place quelques secondes jabez, s'il était une personne lambda il aurait certainement été ému, mais un seul mot sort de ses lèvres abimées. « merde. » louve. sa louve. gamine des rues comme lui, perdue de vue sans un mot, sans une lettre, mettant fin à une relation entre deux enfants, douce et brutale à la fois. pourtant c'est comme si elle avait toujours été là, comme deux loups d'une unique meute. « qu'est-ce que tu fais ici ? t'étais où ? » ça sonne comme un reproche, mais il est pas doué pour les retrouvailles jabez. il ne sait qu'hurler, frapper et puis fuir. il ne sait pas aimer, mais il sait que maintenant qu'elle est là, tout ira mieux.



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MessageSujet: Re: dance with the devil (louve)   dance with the devil (louve) EmptyDim 30 Juin - 23:03

Blaise est partout. Son spectre traîne des pieds sur le béton dégueulasse, son sourire carnassier aux lèvres et ses yeux maniaques scrutant la rue pour trouver la victime idéale. Il est partout où il ne devrait pas être, vient hanter Louve jusque dans le confort de son propre lit. Elle ne dort pas, l'orpheline. Elle ne dort plus depuis que sa tête a été mise à prix par la seule figure paternelle qu'elle n'aura jamais. Ses yeux se ferment d'épuisement, mais se rouvrent aussitôt à l'apparition du visage de Blaise sous ses paupières closes. Rien n'apaise cette crainte de le revoir, cette peur viscérale de se retrouver face à lui et de payer pour ses péchés de la plus horrible des manières. Elle a conscience que la présence des policiers ne la sauvera pas. Que même la protection des Hell's Angels n'arrêtera jamais le chef de meute de la déchiqueter. Les barreaux ne le retiendront qu'un temps et si le reste de ses hommes ne s'est pas déjà chargé d'elle avant sa sortie, Louve sait qu'elle crèvera sous ses doigts, peu importe les promesses faites par Sarai et Thelma. Cette évidence glace le sang qui circule dans ses veines, la réveille toujours les rares fois où le sommeil a remporté la bataille et l'empêche de se rendormir. Blaise est là, cette nuit. Il l'observe dans un coin de son minuscule studio et se l'approprie comme il l'a fait avec tout ce que Louve a un jour possédé : ses souvenirs, son identité, son existence toute entière. Elle ne le voit pas, mais pourrait sentir sa présence à des années lumières. Il est si loin physiquement, enfermé entre les murs gelés d'une prison haute sécurité, et pourtant si près spirituellement. C'est comme s'il lui faisait comprendre qu'elle ne sera jamais libre, ses griffes acérées autour de ce cœur qu'elles ont déjà trop souvent ébréché. Les draps remontés à son menton, Louve tente d'ignorer les spasmes qui secouent son corps. L'angoisse bloque l'accès à ses poumons et lui donne l'impression d'étouffer, la forçant à laisser échapper des larmes qu'elle essayait de contenir depuis son dernier réveil. Il lui faut plusieurs heures et cigarettes pour calmer ses nerfs – si bien que lorsqu'elle arrive enfin à se débarrasser de l'entité fantomatique de Blaise, le soleil pointe doucement le bout de son nez entre les immeubles. Louve se décide à aller prendre une douche rapide, enfilant les premiers vêtements qu'elle trouve sans se fatiguer à paraître présentable. Capuche sur la tête et vieilles rangers aux pieds, elle sort de son appartement, dévale les escaliers et, avant de pouvoir s'éclipser sans être vue, se fait interpeller par les deux policiers postés devant l'immeuble. Des mots trop souvent entendus lui sont durement répétés et Louve se contente d'hocher la tête, trop fatiguée pour sortir les crocs. De sa voix enrouée par les clopes et le manque de discussion, elle affirme seulement avoir besoin de quelques courses, puis d'un peu d'air aussi. L'un l'accompagne, l'autre reste comme un chien de garde dans sa voiture à l'entrée du bâtiment. Le chemin entre son appartement et le supermarché ne dure que cinq minutes. Les passants se font rares sur les trottoirs, tout autant que les voitures sur la chaussée. Arrivés à destination, Louve convainc l'homme en uniforme de rester à l'entrée, prétextant avec un air gêné que les courses en question sont intimes. Il lui donne une quinzaine de minutes – pas plus, qu'il dit toujours aussi rudement. L'orpheline se glisse à l'intérieur, saluant vaguement le caissier qui semble prêt à s'endormir. Dans les allées un peu trop éclairées du supermarché, ses mains font le travail avec automatisme. Elles attrapent un paquet de chips et de céréales, puis un de serviettes hygiéniques pour confirmer ses dires au cas où l'agent désire regarder ce qu'elle a acheté. Ses jambes la poussent ensuite jusqu'au rayon alcool et c'est là que tout s'effondre – ou se rafistole. Le paquet de céréales lui échappe des mains et vient s'écraser au sol avec les courses de l'homme qui vient de la percuter. Avant même que Louve relève les yeux, elle sait. Elle sait et c'est ce qui retient la remarque cinglante que n'importe qui se serait pris en pleine gueule après avoir manqué de la faire tomber. Sa respiration se coupe, son cœur s'emballe. Presque une vie entière loin de l'autre, mais comme pour Blaise, l'orpheline pourrait sentir la présence de Jabez à travers l'univers entier. Ses opales remontent finalement, balayant un corps presque inconnu pour terminer par se poser sur des traits embrassés par l'encre. Il a changé, Jabez. Ce n'est plus le garçon qui a capturé le cœur de la pauvre petite Nika et pourtant, face à lui après des années loin de l'autre, les mêmes émotions la submergent comme un ras-de-marée ravagerait une ville entière. – Merde, qui est soufflé à quelques mètres pour confirmer que la Louve ne rêve pas. C'est bien lui, là, à portée de main. C'est bien lui, louveteau enragé devenu loup aux crocs aiguisés. Et pour la première fois depuis des mois, l'orpheline est de nouveau entière, une partie de son cœur ramené à elle sans même qu'elle ne la cherche. Qu'est-ce que tu fais ici ? T'étais où ? Jabez est brutal, son ton irascible à ses oreilles, mais elle n'en a que faire. Elle s'en fout parce qu'il est là. Qu'en sa présence, son feu intérieur se rallume et lui donne l'impression de revivre. Ses pieds la rapprochent lentement – comme si Louve avait peur qu'il disparaisse si elle était trop vite – et sans qu'elle ne réfléchisse réellement à ce qu'elle est en train de faire, ses bras encombrés se referment autour du corps de Jabez. C'est étrange, mais si familier à la fois. L'orpheline réfugie son visage au creux de son épaule, inhale assez son odeur pour s'en rappeler à jamais. Son corps contre le sien, elle lui appartient entièrement – comme lui n'a jamais cessé de lui appartenir malgré les kilomètres et les années pour les séparer. Quelques secondes s'écoulent avant que ses neurones se reconnectent et qu'elle s'éloigne, le regard évitant soigneusement celui de son frère de cœur. – Toi, t'étais où ? Qu'elle articule enfin, retrouvant sa voix après plus d'une minute à la chercher. Il y a tout qui s'emmêle dans sa boîte crânienne. À l'intérieur, c'est comme un foutu terrain de guerre où le sang n'arrête jamais de couler sous l'impact de ses sentiments. L'angoisse est remplacée par quelque chose de bien plus fort et ça lui retourne le bide de la plus belle des manières. Jabez, je... Je sais pas. Je sais plus rien. Il y a tellement de choses que je voudrais te dire, mais les syllabes refusent de s'accorder. Tu m'as manqué, qu'elle balbutie comme une enfant. Ses yeux recroisent les siens dans une lenteur atroce et Louve resserre son emprise sur les paquets encore entre ses doigts. Dis-moi, Jabez. Dis-moi que tu m'as pas oublié. Dis-moi que c'est toujours toi et moi contre le reste du monde. Que les années n'ont pas réussi à nous enlever ce qu'on avait. Dis-moi, Jabez. Dis-moi que tu m'aimes toujours de la même manière.

@jabez krief
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MessageSujet: Re: dance with the devil (louve)   dance with the devil (louve) EmptyLun 1 Juil - 15:59



elle est là, en chair et en os. le fantôme de son enfance, la pièce manquante au puzzle. si ses yeux se ferment il peut revoir leurs évasions nocturnes, les courses sur les toits entre deux enfants pas si innocents. c'était simple, c'était beau entre eux. et puis plus rien. le vide, silence radio. il s'est imaginés des tas de scénarios jabez, de l'accident mortel à une vieille rancune inavouée. il a passé des nuits blanches à espérer un appel, un message, un signe de vie. mais rien jusqu'à ce matin. hasard ou destin. il a suffit d'un choc brutal pour qu'elle reprenne toute sa place dans les tripes de jabez. comme si l'absence était insignifiante, envolée dès l'instant où leurs regard se sont retrouvés. comme deux a(i)mants, l'attraction fait effet et il ne faut pas longtemps avant que la louve s'approche de jabez, sur la pointe des pieds, prudente. de son côté, jabez ose à peine passer ses bras autour de sa taille, de peur qu'elle se brise ou qu'elle reparte dans son rôle d'illusion. quelques secondes volées avant qu'elle s'éloigne, ça laisse un goût de trop peu, ils ont trop d'années à rattraper pour que ça se termine maintenant. trop de choses à se dire pour rester dans le mutisme. « Toi, t'étais où ? » il était ici et là, dans les rues les plus froides de la ville à espérer un retour qui ne venait pas, à voir des silhouettes qui ne lui appartiennent pas. il a cherché inlassablement, plusieurs fois par semaine il est allé dans leur repère sans succès. c'est cet espoir qui l'a maintenu en vie. alors il ne répond pas à sa question, il enfonce ses canines dans ses lèvres pour retenir une remarque, mais ce n'est pas le lieu, encore moins le moment de passer aux explications. « Jabez, je... » je suis désolé, je m'excuse, je vais tout te dire, je vais te dire pourquoi je suis partie. il s'attend à tout, loup blessé sur ses gardes. « Tu m'as manqué » trois petits mots pour s'apprivoiser à nouveau. trois petits mots qui font l'effet d'une bombe dans le cœur de jabez. à partir de cet instant, le monde extérieur n'a plus d'importance. les quelques personnes qui les bousculent pour faire leurs courses n'ont en retour qu'un regard ébène. c'est au tour du tatoué de faire deux pas en avant pour prendre louve dans ses bras un peu plus franchement. il a toujours été comme ça, un peu brutal, un peu maladroit, mais il n'a jamais connu la tendresse jabez. il n'a jamais connu cette sensation d'un palpitant qui cherche à sortir de sa cage thoracique. « si tu savais à quel point tu m'as manqué.  c'était long sans toi. » c'était une torture au quotidien, mais une torture qui en vaut le coup. les lèvres tatouées viennent se poser un instant sur la peau porcelaine de louve. elle est bien là, vivante, ce n'est pas un mirage qui respire contre sa peau. « viens avec moi. » viens redécouvrir la beauté de la ville comme avant, refaire le monde à deux. viens goûter à un bout de nostalgie pour faire battre nos cœurs plus fort. les courses au sol peuvent bien attendre, la main des deux loups se retrouvent enfin, formant un nœud qu'eux seuls peuvent défaire. dans un élan de naïveté, jabez s'avance vers la sortie, bien décidé à profiter finalement de cette journée. une masse plus imposante que lui se dresse devant la porte menant à leur liberté, le vigile. un regard entre le colosse et louve suffit pour qu'il comprenne que c'est elle qu'il attend. « qu'est-ce que.. » son palpitant bat toujours, mais pas de la même façon. comme un loup pris au piège il est sur ses gardes, prêt à sortir les crocs s'il faut forcer le passage. les mains sont déliées et bientôt le regard méfiant de jabez se pose sur louve. c'est un fourmillement de pensées qui se bousculent dans son crâne, autant de questions qu'il se pose, persuadé que le piège se referme sur sa personne.
elle n'a pas pu lui faire ça, louve.
pas maintenant qu'ils sont retrouvés.
dis-moi que c'est faux.
dis-moi qu'on va s'échapper loin.
toi et moi.




@Louve Koroleva
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MessageSujet: Re: dance with the devil (louve)   dance with the devil (louve) EmptyLun 1 Juil - 17:51

Il y a Blaise, puis il y a Jabez. De tous les hommes qui ont croisé son chemin et le croiseront encore, il n'y aura toujours qu'eux deux. Que ces deux figures masculines pour faire crouler les murs construits autour de son cœur malmené. Il y a Blaise, puis il y a Jadez. Si l'un cherche aujourd'hui à la détruire, Louve sait que le second ne lui fera jamais de mal. Leur idylle enfantine était courte, bien trop courte, mais le lien entre eux n'en est pas moins devenu indestructible. Elle a grandi, Louve. Elle a grandi à l'autre bout de l'état, perdant la trace de celui qu'elle n'a jamais cessé de considérer comme son âme sœur. On ne lui a même pas laissé lui dire au revoir avant de la ramener dans le Bronx, ses complaintes ignorées et piétinées devant ses yeux tourmentés. De gamine coléreuse, elle est devenue adolescente enragée, la plus importante partie de son cœur bien trop loin pour la calmer. Et les années se sont écoulées, longues et douloureuses, sans que Louve n'arrive à oublier Jabez, pas même lorsqu'elle se réfugiait dans les bras d'amantes d'une nuit ou se glissait entre les draps de celles qui restaient plus longtemps. Dans le fond, il n'y a jamais eu que lui – comme une exception aux allures d'ouragan. Aujourd'hui, son corps à quelques centimètres de celui dont elle n'a pas arrêté de penser malgré les jours, les mois et les années à (sur)vivre loin de lui, elle prend conscience de ce fait qui vient bouleverser toutes ses convictions et retourner son monde. Ils ont beau avoir changé, les tatouages se multipliant sur la peau de Jabez et les cicatrices sur celle de Louve, les sentiments enfantins de cette dernière sont restés les mêmes et si elle s'en doutait, elle avait besoin de le revoir pour s'en rendre réellement compte. Elle est maladroite, l'orpheline. Les mots sortent écorchés d'entre ses lèvres, à l'image de quand ils n'étaient encore que des gosses peu habitués à ressentir des émotions aussi fortes que lorsqu'ils étaient ensemble. La peur gèle son myocarde un instant, puis la sensation du corps de Jabez collé au sien vient tout faire fondre. Cette fois, c'est lui qui initie le contact physique et il n'en faut pas plus à Louve pour laisser un sourire fatigué étirer ses lippes. – Si tu savais à quel point tu m'as manqué. C'était long sans toi. Sur la pointe des pieds et ses bras entourant sa nuque comme quelques secondes auparavant, elle le serre contre elle jusqu'à ne plus pouvoir respirer. Elle sent son cœur battre aussi vite que le sien à travers ses vêtements et sa respiration s'emballer sous l'émotion qu'il s'efforce de contenir. Les lèvres de Jabez rencontrent sa peau, faisant pétiller ses opales d'un trop-plein de sentiments qui ravage tout ce qu'il trouve. Viens avec moi. Louve est là sans vraiment l'être, ses pieds sur Terre, mais son esprit à des années lumières. Elle ne réfléchit pas, pose vulgairement ses supposés futurs achats sur une étagère et se laisse emporter par la main qui attrape fermement la sienne avant de déchanter lorsque l'agent se dresse devant elle. Qu'est-ce que... Les doigts de Jabez se détachent des siens, son regard soudainement méfiant. – J'peux savoir c'qui se passe, Doe ? Louve passe une main nerveuse dans ses cheveux, un sourire crispé aux lèvres. Les deux hommes la scrutent de la plus désagréable des manières, lui donnant envie de disparaître au milieu du petit groupe de clients qui observent la scène avec intérêt. – Il se passe rien. Je vous ai dit que j'avais besoin de prendre l'air et il s'avère que je viens de croiser un ami d'enfance, qu'elle répond le plus calmement du monde, montrant Jabez d'un mouvement à peine perceptible de la main. Elle sait déjà ce que son interlocuteur va répondre, à la fois impatient et exaspéré. Louve jette un rapide coup d’œil à l'israélien, espérant qu'il comprendra ses intentions, avant de bousculer l'agent et de se mettre à courir dans la rue doucement remplie par des passants intrigués. Elle court à s'en bousiller les poumons, manquant de se faire renverser par une voiture lorsqu'elle traverse la chaussée en trombe, Jabez sur ses talons. Les minutes s'écoulent avant qu'elle ne se réfugie dans une ruelle, attrapant le tatoué par la manche pour le ramener à elle. Avant que ce dernier ne puisse dire quoique ce soit, elle pose un doigt sur ses lèvres pour lui signaler de se taire et se penche légèrement vers la rue, observant le policier s'arrêter au carrefour et jurer bruyamment avant de disparaître dans la direction opposée. Louve se relève finalement, son visage à quelques minuscules centimètres de celui de Jabez. Elle laisse tomber sa main jusqu'à son épaule. Je peux tout t'expliquer, qu'elle lâche, essoufflée. Elle s'éloigne de lui, se faufilant entre le mur et son corps pour reprendre convenablement son souffle. C'est pas ce que tu crois, Jabez. J'ai... Il était pas... Ses doigts retrouvent nerveusement place dans ses cheveux alors qu'elle cherche ses mots. Je suis sous protection judiciaire, que l'orpheline balance enfin, ses opales hésitantes remontant jusqu'aux siennes dans l'obscurité. Elle n'arrive pas à voir l'expression qui orne le visage de Jabez, mais même à plusieurs mètres, elle peut sentir son corps se tendre. Et merde.

@jabez krief
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MessageSujet: Re: dance with the devil (louve)   dance with the devil (louve) EmptyMar 2 Juil - 18:31



un requin-tigre en bout de course. une bête sauvage prise au piège, prête à tout défoncer sur son passage si elle se sent en danger. la légèreté des retrouvailles entre deux vieux enfants s'efface, dominée par une tension palpable. jabez sent bien qu'il se passe quelque chose. en bien, en mal, peu importe. louve ne l'a jamais trahi, alors pourquoi aujourd'hui, pourquoi dans ce magasin où le hasard leur est tombé au coin de la figure. il commence à penser qu'il n'aurait jamais dû mettre un pied dans ce magasin. sa vie d'ermite commence à le rendre nostalgique. il veut bien offrir toute la place qu'il a pour accueillir louve, mais pas comme ça. pas en cas de coup bas. le chien de garde prend enfin la parole. doe. il ne connait pas ce nom jabez. il ne connait que louve, il n'y a qu'elle qu'il connait. son regard se voile de noirceur, l'incompréhension se mêle au brouillon de ses pensées. « Il se passe rien. Je vous ai dit que j'avais besoin de prendre l'air et il s'avère que je viens de croiser un ami d'enfance. » une amie, une âme sœur, une sœur, un amour. la vérité c'est que jabez ne sait même pas comment définir cette relation. c'est tout et rien à la fois. le feu et la glace combiné. ce n'est rien de descriptible, c'est juste une relation hors des conventions. elle est unique, à deux ils ont forgés leur propre monde avec leurs règles. ce n'est pas normal. c'est juste eux contre le reste du monde. les lèvres du tatoué n'ont pas le temps de s'entrouvrir pour donner sa version des faits au vigile, le calme de louve en moins. elle file la brune, elle s'arrache au colosse pour s'élancer vers la liberté. le temps n'est pas à la réflexion, jabez se met à courir derrière elle. peu importe la destination finale, il peut bien la suivre au bout du monde si c'est ce qu'elle veut. son corps fend l'air au rythme de la course imposée. ça brûle les poumons encrassés, son souffle se précipite à la même vitesse que ses pas, mais qu'est-ce que c'est bon. l'espace de quelques secondes maigres, l'air devient enivrant, tout à coup plus respirable. sans prévenir, le bras de louve agrippe le sien pour le tirer vers une ruelle. plus loin, le vigile fait demi-tour et l’interrogation sur sa présence revient dans l'esprit de jabez. leurs deux corps sont essoufflés, à bout de force avec cette fugue qui ressemble à celles qu'ils ont fait enfants. « Je peux tout t'expliquer » le moment de vérité. enfin. la sentence va bientôt tomber, jabez fixe sa complice dans un calme qui n'augure rien de bon. il sort une clope déjà roulée de la poche de sa veste, l'allume avant que louve prenne la parole. « C'est pas ce que tu crois, Jabez. J'ai... Il était pas... Je suis sous protection judiciaire. » il manque de s'étouffer avec la bouffée de fumée cancéreuse. protection juridique. ça suffit à tendre l'ensemble de ses muscles. peu importe ce qu'il s'est passé, il y a un danger autour de sa louve, jabez n'a pas besoin de plus d'informations pour céder à la folie. « dis-moi que c'est une blague. » juste un sinistre mensonge pour pimenter la journée. leurs deux regards restent solidement ancrés l'un dans l'autre tandis ce que les phalanges de l’israélien blanchissent sous la pression de son poing. « qu'est-ce qu'il s'est passé louve, qui t'as fait du mal ? » un nom, une adresse, n'importe quoi. le garde du corps peut bien démissionner, il protège mais ne résout pas le problème. des centaines de scénarios filent dans sa boite crânienne, tous plus insupportables les uns que les autres. il tourne finalement le dos à louve, même dans l'obscurité il n'aime pas se montrer dans cet état de nerf, mais surtout il refuse de la prendre pour cible s'il doit disjoncter. il a beau aimer louve de tout son être, il se connait assez pour savoir que le monstre qui sommeille n'est pas lui, la bête n'a pas de cœur, juste un besoin de frapper qui vient tout droit des tripes. les mains de jabez restent fermées sur la rage qui monte progressivement, elles sont posées contre le mur froid face à louve, prêtes à s'abattre à la moindre contrariété. il faut faire vite. l'alarme est enclenchée. il faut faire vite. avant le point de non-retour.



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