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 amor vincit omnia (lobo)

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MessageSujet: amor vincit omnia (lobo)   amor vincit omnia (lobo) EmptyVen 28 Juin - 1:51


amor vincit omnia.
lobo & sarai

Simulacre de vie banale, la marche est lente dans les rues d'un Queens qui crache sa passion, sa colère, son amour. Elle entend les musiques filtrer des fenêtres ouvertes sous la chaleur ambiante, les squatteurs de perron s'empestant dans l'odeur d'une herbe brûlée et de voix aux accents divers se perdant dans l'obscurité, l'orange de leurs joints en plein incendie bougeant comme des lucioles pour témoigner de leur présence. Sarai qui traîne son corps aux vêtements légers dans une nuit sans étoiles, l'espérance d'une soirée paisible, unique, vite brisée par la démangeaison qui pique ses doigts, l'envoi d'un message et d'un autre alternant sous les vagues incessantes d'émotions traversantes. Elle serre les dents, met en pause le combat littéral qui fait feu sous l'écran, s'engouffre dans cette supérette, le regard à l'affût, toujours, comme un écho des angoisses qui perlent encore de sa cuisse saccagée. La vendeuse à qui elle offre à peine un sourire. Celle du passé a été la première à avoir le crâne explosé, chairs sanguinolentes perlant sur le carrelage gris, les yeux vides, innocence perdue. Son souvenir qui la hante comme pour murmurer que d'un regard, elle l'a condamnée à l'errance. Le cœur lourd, elle attrape des conneries au verre émeraude, dépose son bordel sur le comptoir, marmonnant un merci qui lui écorche la gorge. L'ascension vers l'extérieur est plus simple, plus lente sous la marche à la sonate irrégulière, derniers messages renvoyés sur un portable qu'elle cingle sous ses crispations colériques. Elle ne parle de rien, pas de ses craintes du jour teinté de sang, pas de la dispute agitée avec Ézéchiel, pas des larmes qui l'étrangle sans cesse mais qu'elle ne lâche pas. Elle ne parle de rien sous les mots échangés, que de la souffrance d'un passé meurtri, assez pour en étaler sur des kilomètres de paroles. Le froid de son appartement l'accueille, la couve alors que la climatisation usée gronde au plafond, une bière qu'on décapsule, une télé qu'on allume pour laisser passer les vibrations de voix inatteignables, ses yeux rivés sur un écran qu'elle quitte rarement ces temps-ci. Elle s'agace, se détruit, se plie aux exigences d'un cœur battant trop fort. Lobo qui grogne et dont elle entend les rugissements infernaux jusqu'ici. Les sourires qui prennent place pour mieux s'effacer quand vient la contrariété. Elle redevient la jeune fille aux pétales encore intactes, s'amuse pour oublier l'épreuve passée des heures auparavant. Lobo qui fait trembler l'impatience et frissonner la crainte. La crainte de retomber alors que le déni d'une dernière nuit hante encore son esprit. La hante d'autant plus quand elle le sait tout proche, trop proche, assez pour la détruire, ravivant les douleurs fantômes qu'elle a si mal enfoui. L'écran du téléphone à peine quitter sur l'écho d'un sourire, qu'elle manque de sursauter quand vient la sonnerie de l'entrée, la carapace fissurée, prête à tomber en poussière. Fragile. Fragile quand vient l'abandon du canapé sur lequel elle a échoué, ses pas traînant jusqu'à la porte qu'elle finit par ouvrir sur un visage maculé à la violence, aux pupilles toujours remplies d'obscurité. Promesses de sa perdition. Fragile encore sous le regard croisé, désertion de l'assurance et ritournelles de corps enchevêtrés qui hantent encore leurs opales écorchées. C'était une erreur. Malgré la peur de flancher, elle sourcille sous la vue des ecchymoses que la peau n'a pas encore gommées. Réflexe sonnant l'ancienneté du lien, sa main remontant jusqu'au menton qu'elle prend entre ses doigts pour en observer les recoins tuméfiés sous l'aurore blafarde du couloir. Grimace désapprobatrice pour première réaction. T'es vraiment trop con. Elle recule, pique le pot de glace au passage avant de désigner le couloir Entre et fais gaffe où tu mets les mains. Douceur éphémère, s'effaçant trop facilement sous les néons de ses orbes où hurle les nuits sauvages. Elle prend le temps d'assimiler sa silhouette à sa présence en ces lieux qui servent de refuge et de sanctuaire, image du passé se superposant à la disgrâce du présent. Les doigts se crispent sur la glace qu'elle finit par goûter, grimace de dégoût cette fois en la lui rendant Reprends ton truc, c'est dégueulasse. Légèreté du geste alors qu'elle se rassoit, cachant toujours trop bien l'étreinte que la douleur engendre, rattrapant sa bière Pose ton cul que j'regarde ta sale gueule de plus près. L'inquiétude qu'on n'ose pas dire, qui sécrète des moindres paroles aux doubles sens et aux regards qui s'imbriquent trop bien dans les interstices des blessures mal cicatrisées. La soirée n'a plus rien de banale, prend une tournure inattendue, car rien n'est jamais prévisible quand leurs deux corps prennent place en la même pièce. Tellement tendue, Sarai, qu'elle s'en fait mal au cœur. Des griffes plantées sous la peau, faisant des veines des filaments de laves. Il n'y a toujours que l'écho de la souffrance et du désir mal ravalé quand elle le regarde, détourne les yeux pour ne pas prendre le risque d'y goûter le poison qui la nargue et d'y mourir.

@lobo mcgrath  amor vincit omnia (lobo) 3176379322  amor vincit omnia (lobo) 3176379322
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MessageSujet: Re: amor vincit omnia (lobo)   amor vincit omnia (lobo) EmptyVen 28 Juin - 22:38


amor vincit omnia.
lobo & sarai

Édifice aux allures archaïques. Écho des cloches pour conférer le rire du tout puissant. Paysage grisâtre. Décor embrumé par une couche dénuée de pigmentations. Le regard aussi éteint que le ciel. Courroux étalé par une revanche du divin. Moyen pernicieux d’imposer le jugement dernier. Marches glacées. Comme les palpitants. Comme les pulsations sabrées de son absence.
Attirance née d’un regard.
Désir né d’un sourire.
Addiction gangrénée d’elle.
Volupté pour couvrir l’éclat du vice. L’anormal pression dans le bas-ventre. L’impensable envie sous les couches de derme. Nacre pour s’enticher des endroits rougis de honte. C’est venu d’un coup. Comme une claque en plein visage. Rosée du matin pour libérer un nouveau réveil. Rosée du matin pour un trouble constant. Des doutes greffés au palpitant. Des doutes nés de cette proximité qui aurait pu le faire étouffer sur place. Un seul regard pour foudroyer le soldat. Armure métallique pour se fondre sur le derme. Pénitence bénie des néons. Psaumes étouffés des gémissements sur la chaire durcie. Eau bénite conduite sur les chemins veineux. Dernier chemin vers l’autel.
Vingt-huit années pour ricochets sur les traits tirés. Certitudes envolées dans l’asphalte. La culpabilité du désir. L’impression de mal faire. Chemin éconduit par la normalité. Pente sinueuse où il trébuche sur chaque ressentiment. Même dynamique. Les draps froids. Les yeux qui s’ouvrent. La main sur l’abdomen. Grondement béni des souvenirs. Grondement béni de l’envie. Se réveiller un matin et découvrir que chaque certitude n’existe plus que dans des chimères. Se réveiller et oser poser son regard sur l’impensable réalité. Un regard pour saisir. Un contact pour chuter.
Chemin dicté par les saints. Chemin glorifié par des préceptes à la con. Bouquin divin où s’accumule le lyrisme. Pour condamner. Pour punir. Pour bafouer. Les phalanges rugueuses pour contourner les prières. La pulpe sanguinolente pour déformer les pages. Les yeux égarés vers l’acerbe, vers le pénitencier. Dissolution religieuse. Couperet du divin pour dernière condamnation. Dégoût proféré contre un amour différent. Le ravage des méninges à chaque impression d’une maladie chopée sous les néons. Pathologie psychiatrique pour faire vriller les idées. Mépris des saints dans des regards qui s’ignorent. Mépris des saints sous la joute verbale. Déflagration de l’avoir tant désiré. Déflagration d’avoir tant scandé son prénom. Les quatre coins de la terre où la communion serait la même. Chaleur identique sur le derme à la vue du roi. Pesanteur dans la poitrine. Abdomen où se crucifix le désir. Psaumes répétés en boucle pour obtenir le pardon divin. Comme à cette seconde précise. La main contre la barrière de bois. Imposante frontière ébène où la silhouette se fond. Les pas rejetant le silence suprême. Colorations des vitraux pour se refléter dans le dégradé. La gorge raclée de l’amertume. Carcasse trainée dans une pièce lugubre. Asphyxie de l’espace clos.

de lobo :
C’que j’aurais voulu ? j’aurais voulu que t’ramènes ton cul dans cette saloperie d’taule, que tu me dises droit dans les yeux ce que tu m’as dit, et que PUTAIN t’me laisses une chance de t’demander pardon. au lieu de quoi tu t’es pas r’tourner en te tapant le premier venu. T’ma spolié, et j’suis encore assez con pour t’courir derrière
Parce que y a qu’toi qui me fait vriller,
parce que j’suis qu’un ptn de connard en manque.
(lis entre les lignes bordel)


Les aveux narguant l’air lourd. Discours rodé pour ourler les lippes. Discours rodé pour décorer la bouche. Ce blasphème. Cette honte. Ces regrets. Ceux qui n’existent que dans de rares moments de lucidité. Le crâne cabossant le mur du confessionnal. L’absence de réponse de l’autre côté du bois. Le palpitant sur le point d’exploser. Chute mécanique prête à lui claquer à la gueule. Et la fuite. La porte qui cogne. Les pas qui dessinent le sol céleste. L’air frais pour taper l’échine. La gerbe bloquée au fond de la gorge. Comme ce qu’il rêve de posséder pour faire vibrer les cordes vocales. Apostrophe du temps. Apostrophe des autres.
Et elle, le plus beau combat. Et elle, l’abomination pour laquelle il tomberait le premier.
La posséder de sa chaire en regardant les saints. Prière éhontée de tout ce qu’il lui offrirait.
(…) La mine effacée. Les cernes violacés pour pénétrer sous le derme. Fatigue dictée par les heures passées à veiller. Nuits blanches pourtant teintées du souvenir. Nuits blanches pourtant recouvertes des méandres. Prénom ancré. Prénom animé du vice. Prénom qui roule sous le palais dans des soupirs étouffés. L’éclat des sourires pour fustiger le regard. Secoue-toi, Lobo. A cette heure-ci, elle a tout oublié. À cette heure-ci, tu n’es plus qu’un piètre souvenir. Des échos aux contours abimés dont elle ne se rappellera plus. Place vaincue au détriment des autres. Il en est convaincu l’irlandais. C’est gravé dans le derme.
Séparation forcée sur les marches de l’enfer.
Séparation forcée pour couper court aux rêveries.
Et depuis, les mêmes pensées. Le même manque. Regard qui se perd inlassablement vers le tactile. Aucun son pour le tirer de ses pensées. Aucun son pour lui offrir le bénéfice du doute. C’est peut-être là, le seul message. Les phalanges impatientes de tenter une approche. Les phalanges éreintées de toutes les tentatives. Sors-moi de là, Sarai. Si je crève en enfer, promets-moi de venir me souiller de tes flammes. Promets-moi de venir m’étouffer de ta peau. Soupire qui filtre. Là où les mains s’affairent. Carcasses des verres qui disparaissent. Carcasses des bouteilles qui s’exilent sur les étagères. Club réouvert ce soir. Influence létale de toutes ces ombres imbibées d’alcool. Les voix pour couper court aux pensées. La musique pour rencarder l’ambiance. Et lui, mort vivant pour défiler entre les tables. Sourire greffé pour la forme ; sourire sans une once de vie. Couperet final quand le dernier client se tire. Quand le masque retombe. Que la tristesse peint sa gueule. Que sa chemise laisse les tracés à l’encre noire s’exiler.

de sarai :
j’pouvais pas venir lobo ! j’étais pas en état physique et moral, j’avais envie d’te buter et qu’tu sois là en même temps, c’était impossible que j’vienne t’avouer ça, ça n’aurait pas bien fini. j’me suis jamais r’tourné ptn ! toi aussi lis entre les lignes un peu ducon. t’as cru que j’me casserais le cul à t’envoyer des messages si j’avais tourné ne serait-ce qu’une seule page ?

Les mots foudroyés. Le verre qui se brise au sol. Pas autant que le palpitant. Cassures pour parsemer le parquet grinçant. Cassures pour contourner le myocarde. Muscle léthargique qui retrouve un nouveau souffle de vie. Les mains tremblantes là cachées sous l’ombre du comptoir. Soldat qui gagne les chimères oculaires. Dégradé où les émotions sont perçues et dessinées. Dégradé où le reflet n’est plus qu’un appel à elle. Dis-moi que tu penses à moi. Dis-moi que tu crèves sans moi. Lèvres trop bouleversées pour s’éprendre des mots. Et c’est presque s’il court chercher son putain de pot de glace pour la rejoindre. (…)
Dynamique cardiaque qui s’accélère. La surprise face à la reine, alors que sa main le touche. t'es vraiment trop con. La surprise face à ce visage. « hey, c’moi la victime là. » Les traits dessinés de ses songes des milliers de fois. Les traits dessinés de ses lèvres, de son souffle, de cette respiration. Celle qui commence à se rythmer, à s’enrouler dans le galbe nécrosé des poumons. Putain. Vent de panique chez l’irlandais. Vent d’irréel. Métamorphose dorée pour transformer les émotions. L’échange qui dure. L’échange qui s’intensifie. Les prunelles qui se toisent. Les prunelles qui se contrôlent. Vice perché au bord des yeux quand le cœur grouille de l’insolence sentimentale. Entre et fais gaffe où tu mets les mains.
L’étau sur le palpitant. Les idées qui vrillent. Naissance du mal sur le creux de ses reins. Contracture de la mâchoire. La vipère sur les lippes. La vipère sur l’onglet charnue. La cage thoracique qui se soulève. Pas de mots pour bouleverser l’instant. Simplement cette perte de contrôle. Simplement cette envie démesurée sur le derme. Couche ivoire qui trépasse et rougie de désir. Un pas de recul. Un pas pour s’éloigner. Un pas pour sauver sa conscience. Mais la chute est là, sous la passerelle enjôleuse des regards. Il entre quand même dans l’antre. Le premier regard. Les premiers mots. Les premières provocations. Le premier contact. La première condamnation du palais. Les premières caresses. La première fuite. Le retour. Le sous-sol. Les poings au mur. Les regrets.
Les idées qui tourbillonnent. Le cœur qui bouillonne. Comme les veines plus bas. Conjonction des tracés violacés qui palpitent. Y a plus à réfléchir, Lobo. Tu t’es su condamné dès le premier regard. Tu t’es su foutu dès le premier souffle sur ta peau. Délice exquis d’une agonie contre sa peau. Le dernier claquement pour condamner leurs silhouettes. Son corps qui tremble comme jamais. Trémulations capables de le faire chuter à terre. Reprends ton truc, c'est dégueulasse. Regard vers elle. Vers sa silhouette. Celle qu’il toise au point de la vénérer de ses yeux où se mêlent l’espoir et les voûtes d’une mer enragée. Le souffle pour filtrer de ses lèvres. Les yeux plus vivaces d’émotions. « j’me rappelle pourquoi je t’ai jamais fait d’cadeau. »
La voix rauque. La voix qui déraille. Intonation poussiéreuse des cendres qui chutent. Pose ton cul que j'regarde ta sale gueule de plus près. Et sa voix pour venir faire sombrer les derniers remparts. Des palabres pour mettre le feu au bas du ventre. Pour attiser l’avidité qui y siège. Sourire qui devient empire au recoin de ses lèvres. La gorge qui déglutit à la vision du vermillon. Appel muet de la déchéance. Mâchoire serrée pour ne pas cracher à voix haute ce désir qui érode. Prunelles plantées sur ses lèvres. Sur la tentation qui danse sous ses yeux. L’allure rapide pour rompre l’écart infernal. « Infirmière en carton. Passe. » et il prend sa bière, plaquant le pot de glace contre sa tempe. « Pour les messages ... J’en pense chaque putain de mot, Sarai. »
Parce qu’il va pas la laisser partir. Parce qu’il veut plus l’autoriser à se défiler.
Parce qu’il veut renier les sacrements pour la glorifier sienne pour ce soir.
Parce qu’il veut renier les promesses pour se perdre contre son corps.
A tout ce qui viendra nous assassiner ce soir. À cette mort que j’vais t’offrir du bout des lèvres.

@sarai barger  amor vincit omnia (lobo) 3794924939  amor vincit omnia (lobo) 3794924939
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MessageSujet: Re: amor vincit omnia (lobo)   amor vincit omnia (lobo) EmptyMar 2 Juil - 16:42


amor vincit omnia.
lobo & sarai

Aigreur devenue famélique sous les orbes sombres, Sarai qui s'accroche à l'acier de la poignée pour ne pas tomber, le loquet du palpitant déverrouillé, dégueulant ses cris, ses murmures, sa jouissance, sa douleur, un bordel musical qui la rend sourde au reste. Un instant, elle se noie, s'abreuve du poison noir qui coule dans ses yeux, le laisse s'y ancrer pour qu'il rompe mieux le lien, charmeur de serpent cessant de faire siffler sa flûte en reculant d'un pas. Sarai qui cille, prête à le pousser à entrer, ses mains, comme des chaînes, pour l'engloutir dans l'antre d'une fauve affamée. Sa main se tend, s'avance, toise pour mieux cerner la peau blasphémée par les poings enragés, par des batailles dont elle n'a pas été témoin mais dont les blessures laissées laissent entendre l'écho d'une rage pure, artistique. hey, c’moi la victime là. Sa main qui glisse, abandonne son visage dont la chaleur persiste sur la pulpe des doigts, s'y ancre pour rappeler qu'un geste trop simple suffit à faire gagner de l'ampleur à la maladie qui la ronge. Les yeux levés au ciel, l'insolence parfaite pour unique réponse, pousse le loup à entrer dans la tanière, le claquement de la porte pour sonner l'emprisonnement des détenus d'un amour haineux, vicieux, malsain. Parfaite invitation à la mise à mort de leurs deux cœurs. Les écrabouiller, encore. Les laisser baigner dans leurs propres sang, toujours. Des hémorragies amoureuses qui n'ont jamais cessées, qu'on éponge pas d'un revers de manche, qui font perler le sang jusqu'aux lèvres pour des sourires sanglants, peinturlurés de rage.
L'air est rare, s'étouffe sur lui-même, pour se concentrer dans les regards qui se toisent, s'échangent, de se lisent sans paroles, sans phrases toutes faites. j’me rappelle pourquoi je t’ai jamais fait d’cadeau. Sourire fugace, innocence bienvenue sur les lippes asséchées. Tant mieux, j'pense pas que j'ai envie d'savoir c'que tu voulais m'offrir. Les offrandes superficielles auraient été refusées. Unique présent fantasmé que l'or qu'il aurait pu glisser à l'annulaire esquinté, pour l'enchaîner au nom qui sonne la perdition, pour que leur destin se scelle dans des palabres pleines de promesses d'union sacrificielle, de mots sanglants d'une passion qu'ils n'ont jamais su noyer. Premier regard, premier genou à terre, lente caresse d'une lame à la pointe trempée de poison, qui au fil des paroles qui craquaient en étincelles brumeuses des lèvres, traversait les chairs pour venir toucher le cœur. Contraction de l'organe qui ne sert qu'à combattre, abattre, trébucher, mourir pour mieux revivre. Incessante renaissance sous ses yeux, sous le poids énorme de sa présence qui s'enroule en bras de fer autour d'elle. Étreinte ayant pour unique ambition de la faire avouer qu'elle n'a jamais trouvé le remède pour guérir de leurs chemins croisés.
La langue caresse une incisive à l'ivoire acéré, espère que la brève douleur annihilera l'orage qui gronde déjà. L'esprit noyé dans les célestes souvenirs de corps détruits sous la houle d'une luxure qui ne trouve ses limites nul part ailleurs que dans le néant, danse des êtres troublés par la brume asphyxiante d'un désir toxique. Il glisse, il mord, il lèche au bon endroit, bouche affamée dégringolant sous la peau pour planter ses crocs acérés dans les reins déjà esquintés. Elle quitte les opales qui se font bourreaux des siennes, lorgnant du coin de l'œil le portable dont l'écran demeure sombre, endormi. Que le monde ne l'appelle pas ce soir. Elle aspire à la paix, les lèvres fourmillantes de le lui dire. J'aimerais une pause, une traversée nocturne où rien ne compte, où je n'aurais pas la crainte que mon crâne se fasse exploser sous la pluie diluvienne des balles d'acier, où j'oublierais la douleur de la perte qui couve en moi, où ma cuisse sera un souvenir, un vague cauchemar qui ne freine plus mes envolées. J'ai mal Lobo, j'ai mal à en convulser de l'intérieur. J'ai mal de te voir si proche mais inatteignable. J'ai mal de savoir que je ne suis encore qu'une connasse au cœur malade. Les mâchoires se serrent alors que la reine ordonne, qu'il succombe près d'elle. L'envie stupide de reculer à son tour, d'éloigner son genou de sa cuisse, qu'aucun centimètre de peau découverte ne s'effleure sous peine d'une implosion imminente. Sentiments nucléaires, parés à détruire le monde d'une simple caresse de trop.
Ses doigts passent à travers les mèches qu'elle a relâchée, pour y cacher les tremblements honteux, l'autre prête à guider le goulot d'une bière vers ses lèvres. Infirmière en carton. Passe. La course s'arrête quand la bouteille lui échappe. Elle grimace, le fusille un instant mais elle ne tient pas, l'iris dérive sur les stigmates affligeant des coups donnés. Souffle la tempête d'une partie d'elle qui enrage qu'on est osé fendre la peau de poings rageurs, une autre qui fantasme la violence, encore, la dernière qui refuse l'inquiétude qui veut s'exfiltrer des lèvres qu'elle laisse résolument fermée. La bière envolée, elle s'occupe les mains d'une cancéreuse savamment sortie de son lit où ses jumelles se perdent et s'estompent au fil de sa nervosité. Zippo qui baise le bout de sa clope avec une passion empressée, nicotine amère descendant le long de la trachée pour trouver refuge dans ses poumons déjà noircis. Le regard revient vers lui, cataclysme des prunelles qui s'attrapent immédiatement, les phalanges resserrées sur le filtre, la reine prête à cracher son agressivité. Pour les messages ... J’en pense chaque putain de mot, Sarai. Voilà tout ton pouvoir, toute ta puissance, celle de m'arracher le souffle en quelques mots. ça lui coupe la gorge, ses lèvres entrouvertes comme pour y puiser un oxygène qui se fait rare. Le sens des messages n'a jamais été ignoré, compris dès les premières lignes inscrites sous les yeux qui se voilent pour refuser la réalité. Et Sarai qui serre les dents, qui serre à s'en faire mal, peut-être à s'en faire chialer. Elle secoue la tête, soupirant la latte inspirée. J'veux pas en parler Lobo. Elle se lève, elle fuit. Clopine pieds nus jusqu'à la salle d'eau où elle attrape alcool et cotons pour mieux tout balancer près d'elle. L'envie furieuse de lui dire de se débrouiller, de s'en aller, de rester, d'avouer, de demander pardon, de l'aimer, de la haïr. Et la liste s'allonge au fil des inspirations sifflantes qui fusionnent en expirations bordéliques. Dans des gestes habitués, ses doigts s'activent, bâton de mort coincé entre ses lèvres pincées, de rage, de peine. Elle veut l'ignorer. Le pot de glace au sucre dégringolant qu'elle éloigne pour mieux le remplacer par la piqûre d'un 90 degrés qui enflamme une plaie. Siffle, mord, souffre comme j'ai trop souffert. J'ai l'impression d'faire que ça, jouer les toubib pour vos gueules cassées. Le déni de la paume frôlant son visage, le déni du regard qui frôle en caresse doucereuse, trop dangereuse pour elle qui cède à l'envie de l'observer franchement. J'aurais voulu que tu sois là, cette nuit-là. Voix lointaine, plongée dans les recoins trop sombres, là où le sang a séché, s'est assombri, là où les sanglots, eux, n'ont jamais cessés de résonner. Sarai qui dans un geste banal, avoue sa honte. Faiblesse du cœur qui ne s'estompe jamais. À la place, t'es parti en taule pour avoir buté l'un d'mes gars. La caresse du coton cesse, le bras s'abaisse ramené vers elle pour ne lui offrir que sa colère apparente, sa frustration grandissante. Pourquoi ? Pourquoi tu l'as buté ?
Dis moi que c'était pour une bonne raison.
Dis moi que la déchirure valait la peine.
Dis moi que j'ai pas saigné sous tes poings pour un caprice injuste.
Dis moi, Lobo, que notre homicide ne voulait pas rien dire.


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