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 perdition (jabez)

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MessageSujet: perdition (jabez)   perdition (jabez) EmptyLun 24 Juin - 22:04


4:12 am

t’avais revêtu d’autres vêtements. et il y avait fatalement plus de tissu sur ta peau que lorsque tu danses sur la scène du closer. abandonnée, la panoplie de stripteaseuse. laissée derrière toi, l’image de la fille facile. de la fille qui s’déhabille. le regard des hommes, t’en as toujours fait ton affaire. après tout, tu joues l’jeu. mais sortie d’ici, t’es plus la même, alma. t’es plus cette fille à moitié nue qui s’déhanche devant les yeux nervés des hommes. t’es plus que ça, en vrai. mais ça se voit moins. forcément.

la porte arrière du closer qui s’claque et ta nuit d’boulot qui s’achève. un coup d’œil vers le haut et le ciel qui t’assomme. il fait noir. il est tard dans la nuit.
ou tôt.

t'as pas vraiment beaucoup marché. et tu sens une main se poser sur ton épaule. ton visage qui pivote. et tes yeux qui s’froncent. reflexe, tu dégages la main qui t'possède d’un mouvement de l’épaule et y a un type qui t’fait face. tu l’connais pas. et tu vois au loin le closer. derrière lui. ton palpitant qui s’emballe. comme s’il savait déjà que la situation puait.
mais toi, tu vois pas le loup venir.
le coup venir.

sa voix qui rompt la nuit
sa voix qui t’poursuit.


hé, ma jolie… jt’ai vu sur scène tout à l’heure.
t’es parti trop vite


tu sens les effluves d’alcool. de clope. et t’imagines que c’est pas la seule chose qu’il a ingurgité ce soir. tu vois le closer derrière lui et t’hésites. t’hésites à courir pour y retourner. mais tu sais qu’il te rattrapera. alors tu ne bouges pas. pas pour l'instant.
tu ne bouges plus.
glacée par sa voix rocailleuse encore gorgée d'alcool.

tu veux que j’te raccompagne chez toi ?
il tente de passer son bras autour de toi.
t’as un mouvement de recul.
un truc qui t’vient, un mouvement de protection. tu tentes de garder une distance. rejet immédiat à son approche bien trop familière. il va pas apprécier, tu l’sais.
non. merci, on vient me chercher.
mytho inventé pour éloigner.
mots qui sont sortis d’ta bouche comme une mécanique pas faite pour penser. le premier truc qui t’es venu. sauf qu’il n’y a personne pour venir te chercher, alma.
t’es seule, là.
seule au milieu d’la nuit et l’cœur qui bat à dix mille

quoi, t’es pas libre, c’est ça ? t’as un mec ? elle pue ton histoire, alma.

il arrive à t’choper l’poignet. il tire sur ton bras, pour t’amener à lui.  tu résistes, t’essaies de t’retirer, tu t’tortilles le poignet. t’y mets toute ta force. mais t’es qu’une poupée de chiffon entre les mains d’un homme. quel qu’il soit. lâchez-moi.

et dans le noir, derrière lui, y a un gars, aussi sombre que la nuit.
il marche vers vous.
vers lui.
tu l’reconnaitrais entre mille, lui. même dans une nuit aussi sombre que celle-ci. parce qu’il n’y a de physique plus atypique que l’sien. ni de plus effrayant.

ton regard qui ne fixe plus que lui.
le temps s'arrête
jabez n'a rien d'un messie
il n'en a pas la forme
n'en a pas l'aura
mais tes yeux ne voient plus que lui
.

jabez.
un mot.
un souffle, qui t'viens du coeur.
un prénom.
bête solitaire. oiseau de nuit.
jabez, c’est l’mal incarné. mais pas avec toi.  
toi, tu vois la lumière dans ses abysses
l'espoir dans son coeur noir
la faille dans sa mécanique bien rôdée


et ce type, il sent que ton attention n’est plus sur lui. qu’il s’passe un truc dans son dos. qu’il y a quelqu’un derrière lui.
et d'un mouvement en arrière, il se risque à voir la bête prête à lui sauter au visage.
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MessageSujet: Re: perdition (jabez)   perdition (jabez) EmptySam 29 Juin - 18:52



nuit noire. nuit oppressante pour le commun des mortels, l'angoisse est décuplée. les gens se dépêchent de rentrer bien au chaud chez eux, le regard fixé au sol pour éviter un quelconque affront. ils n'ont plus une once de courage. le moment idéal de sortir pour jabez, l'obscurité comme meilleure amie. il méprise tous les lâches, ces fuyards effrayés par les étoiles. il pense mépriser le monde entier, mais il existe des failles en lui, des points de faiblesse qu'il s'efforce de camoufler. être faible c'est mourir. pourtant cinq soirs par semaine il va dans ce club de strip-tease, pas seulement pour le plaisir des yeux. cette nuit encore il pense se cacher dans un recoin de la salle, assez loin pour ne pas être visible aux yeux de tous, assez proche pour surveiller. la surveiller. il connait son corps par cœur sans jamais avoir été intime avec elle. il ignore pourquoi cette forme de respect s'est immiscée en lui dès qu'il a aperçu la brune, mais elle est devenue sa plus grande faiblesse. même s'il se déteste pour ça, il ne peut ignorer ses muscles qui se contractent dès qu'un homme devient un peu trop entreprenant. ça ne lui ressemble pas d'être comme ça. il refuse de voir jabez la bête s'adoucir pour les yeux d'une belle.
les minutes défilent, le show est terminé. jabez est toujours là, à l'affût du moindre souci. psychopathe sur les bords. putain d'obsession. et pourtant. pourtant il voit bien que quelque chose se trame au loin. il observe le manège du coin de la rue, cancéreuse entre les lèvres. il observe, pourtant il se la ferme mais tout son corps hurle intérieurement, la bête est prête à surgir au moindre souci. il n'y a plus d'alma à cet instant. plus de belle étoile, plus de strip-tease, même plus de jabez. seulement son cœur qui s'emballe, il n'entend plus que ça. il n'attend plus que ça. le pervers du soir en ligne de mire. vas-y fais une connerie, fais le geste de trop. avant même que la frontière soit franchie, jabez s'avance lentement, ombre dans la nuit. il n'est plus très loin quand il voit alma qui tente de se dégager une ultime fois, il voit aussi le bras de l'homme la rattraper, plus fermement pour la garder contre lui. il ne connait que trop bien ces situations, il a détourné trop de fois le regard pour le laisser faire. la garde est baissée, les barrières qui protègent la bête en lui levées. c'est l'occasion rêvée pour lui de se défouler. le pas est plus rapide, pressé, il ignore ce dont l'homme est capable, ça sonne comme une urgence dans son regard. le pervers a tout juste le temps de se retourner que jabez est à sa hauteur. le coup part sans une seconde d'hésitation, ses phalanges encrées s'écrasent sur le nez de l'inconnu. mais ce n'est pas assez, sa soif de violence est trop profonde, trop intense pour que jabez y résiste. il ne prend pas le temps d'adresser un regard de plus à alma, ses doigts sont trop occupées à encercler la gorge de l'homme à présent plaqué contre le mur froid. il serre sans retenue, il serre pour aller au bout de son acte. « ça t'fais bander d'emmerder les filles vieux pervers ?! j'te jure que je vais te tuer. » sa voix résonne dans la rue déserte. jabez n'est plus jabez. il a perdu le contrôle sur lui-même en serrant toujours plus le cou de l'homme. cette nuit, il comprend un peu plus la peur de ceux qui rentrent tôt chez eux.

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MessageSujet: Re: perdition (jabez)   perdition (jabez) EmptyDim 30 Juin - 1:03

il est là, jabez. et tu sais qu’il ne t’arrivera plus rien. il était donc là ce soir. et si t’avais su. si tu l’avais vu, tu n’serais pas partie aussi vite. oui, si tu avais su, il t’aurait raccompagné chez toi. comme il l’a souvent déjà fait. parce que jabez, c’est un peu ton ange gardien. mais jab, il n’a rien d’un ange. il est sombre. aussi sombre que l’encre qui orne sa peau. mais tu sais qu’vous deux c’est spécial. vous deux, c’est pas explicable. à travers ses abysses, tu vois  la lumière qui est en lui. qui apparait par cette fêlure qui te laisse entrevoir certaines fois. ces moments qui vous appartiennent, ceux que tu comptes sur les doigts d’ta main. ces instants qui arrêtent le temps, ces instants où tu ressens qu’il n’est pas la bête qu’il ne cesse de montrer. toi, tu vois l’homme derrière le masque. l’âme pas si noire que les autres le pense. que les autres le disent. t’as l’impression que ce jab, il t’appartient et que seule toi a le privilège de le voir ainsi. à tes yeux, t’es une privilégiée.

ses phalanges qui s’écrasent sur c’type.
et il jure, jabez
jure, qu’il va l’finir
et toi, tu penses pas à c’type
non, lui tu t’en fou
mais l’tatoué, t’y tiens
un peu trop
même si c’est pas bien


y a ton palpitant qui tambourine dans ta poitrine. tes yeux qui fixent. fixent le rouge qui jaillit d’son visage. il va l’tuer. il le lui a dit. lui a promis. lui soufflé sa macabre promesse. ça va être le cas si tu ne l’arrêtes pas. si t’interviens pas, alma. ses mains, tatouées qui encadrent son cou. et c’type qui devient tout rouge.

il étouffe.
il s’étouffe.
et ton sang à toi qui n’fait qu’un tour
et la peur qui t’envahit
parce que jab, tu ne veux pas qu’il fasse de connerie
pas à cause de toi
pas pour toi

t’accoures. vers lui. et tes mains, elles l’entourent, l’agrippent.
jab, arrête. mais il n’entend rien. il est fou d’rage, tu l’vois à son regard. à ses yeux qui ne te regardent pas. à ses pupilles noires.
arrête. t’insistes, parce qu’il faut qu’il s’arrête, vite. de suite. qu'il fasse fuir, cette rage qui l’envahit. cette colère qui rugit. et s’il le tuait ? tu ne te le pardonnerais jamais.

ta main, elle s’échoue sur sa joue. elle le force à t’regarder. à détourner son intention du type qui git par terre. douce et directive à la fois. regarde-moi, jabez. ta bouche près de son oreille, lui susurre ses supplices. pour qu’il écoute ce que t’as encore à dire. et tes mains posées sur lui, qui ne le lâchent plus.

tu veux t'tirer de là.
le tirer de là.
mais tu partiras pas.
pas sans lui.


emmène-moi loin d’ici. s’il te plaît.
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MessageSujet: Re: perdition (jabez)   perdition (jabez) EmptyDim 30 Juin - 13:26



le jour est peut-être arrivé. ce jour où ses doigts déjà sales feront le geste de trop, la pression assez longue pour couper le souffle définitivement. il le voit jabez, que l'homme défaillit un peu plus à chaque secondes. son compte à rebours est enclenché, il ne lui restera plus qu'à fuir, s'inventer une autre identité pour échapper au meurtre. loin de tout, loin de cette ville, loin des repères de son enfance qu'il rejette en bloc. loin d'alma aussi. il s'en remettra sûrement, il n'est pas assez sentimental pour s’apitoyer sur son futur sort. tout le monde s'en portera mieux, surtout elle. pourtant il entend au loin sa voix qui l'implore, supplie la bête pour épargner cet homme. elle n'est pas partie, elle est toujours là, fermement accrochée à lui dans une ultime tentative. c'est une bataille sans relâche qui se joue dans la tête de jabez. la raison contre son monstre intérieur. alma contre l'oubli. il a envie de demander à son corps d'arrêter le massacre, baisser les armes, mais il n'a plus le contrôle sur rien. il faut que la main de la brune tire de toutes ses forces son visage vers le sien pour qu'une faille s'entrouvre. « emmène-moi loin d’ici. s’il te plaît. » juste quelques mots aussi effrayants que beaux aux yeux de jabez. juste quelques mots qui lui donnent la force de lâcher le cou rougit de l'homme dans un ultime effort. la tempête n'est pas passée pour autant, elle continue à gronder en lui. d'un geste qui se veut contrôlé, il repousse la brune dans un mouvement de bras. il refuse ce contact, trop dangereux pour le moment, mais surtout il refuse d'admettre le bien que ça peut lui faire. il laisse son crâne se poser sur le béton du mur froid et poussiéreux. ses yeux fixent un point invisible dans la nuit, mais sa respiration n'est pas contrôlée, trop saccadée par la bataille qu'il vient de mener contre lui-même. il aurait pu se retourner contre elle, il l'aurait fait sur n'importe qui d'autre, pourtant il se refuse de lui faire du mal. viendra bien un jour où il le fera, depuis qu'il est gamin il ne connait que la destruction qu'elle soit physique ou mentale. ce jour viendra où il sera forcé à s'arracher de sa vie pour la préserver de lui-même. sacrifice pour les beaux yeux d'une brune.
les muscles se détendent au rythme de sa respiration, assez pour qu'il accepte de lui refaire face. jabez est revenue, le monstre est repartie se planquer dans ses tripes jusqu'à la prochaine fois. « viens avec moi. »  viens loin d'ici, loin de ces rues qui respirent la violence. sa main s'accroche à son bras, il ne compte pas la lâcher. pas ce soir. alors leurs pas claquent à l'unissons sur le bitume l'espace de quelques minutes privilégiées où la tension n'existe plus. bientôt le queens vert se dessine sous leurs pieds, les rues morbides font place à des étendues de verdures. un parc surplombe le quartier, l'endroit est encore désert. le silence s'envole une fois que jabez s'est posé dans l'herbe du parc, le bleu de la nuit comme seul éclairage. « j'aurai dû le finir.. il t'as fait du mal ? » personne n'a le droit de la blesser dans cette ville. personne sauf lui. il y a comme une urgence dans l'air, le compte en rebours d'une blessure inévitable. 


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MessageSujet: Re: perdition (jabez)   perdition (jabez) EmptyDim 30 Juin - 22:26

il te repousse, jabez. comme une paria. comme si tu n’comptais pas. t’es pas choquée, alma. tu l’connais, point. ça s’arrête là. mais au fond d’ton ventre t’as peur. pour lui. peur que ça ne suffise pas. tu sens que tes mots on fait d’l’effet. mais tu ne vois rien qui te le prouve. alors tu attends. la grâce. ce moment où il va s’détourner de l’homme qui t’as agressé. mais va-t-il venir ce moment ? cet instant ? tes phalanges, sur lui, l’agrippent. ne le lâchent pas. puis tu sens, que ses muscles se détendent. soudainement. tu respires enfin. et quand il te demande de le suivre, tu n’te fais pas prier. faut que vous partiez vite. vite avec qu’il ne change d’avis. parce que tu sais que ça, c’est tout à fait possible. jabez, il est imprévisible. incontrôlable.

à son tour d’agripper ton échine. sa main, sur ton bras et t’es devenue sienne. tu l’suis. où qu’il aille, tu iras. il a lu dans tes pensées, le tatoué. l’herbe, le calme de la nuit. y a personne dans l’parc. d’façon, tu voulais voir personne. personne à part lui. c’parc, votre éden pour quelques instants.

tes pupilles qui s’habituent à la nuit
tes mains foulent l’émeraude plancher
le silence qui trône.
la pression qui redescend, ton cerveau qui bouillonne,
pense, à c’qu’il vient de s’passer


tu sais que t’as échappé à quelque chose de terrible. que ça aurait pu mal se finir pour toi. que… ok, va falloir que t’arrête d’y penser. et pourtant, c’est la première fois que ça t’arrive. que c’est aussi violent.

sa voix qui résonne dans la nuit
qui devrait t'mettre en émoi
cette voix invocatrice,
tout droit sortie des abysses
sa voix, maléfique, n’a point d’effet sur toi


il regrette jabez. comme si tu l’savais à l’avance. comme si tu l’connaissais tellement bien. cette âme, si solitaire. cette âme qui t’accompagne dans la nuit. traîne, près de la tienne, les soirs où ta peau est éclairée. où ta peau est montrée. un soir comme celui-là. dis pas ça. j’m’en serais voulu qu’il t’arrive quelque chose. tu l'sais, ça ? ouai, j’m’en serai voulu si tu l’avais tué et que t’aurais dû disparaitre de ny. t’as la gorge un peu serrée. tu sens ton pouls battre. ton palpitant reprendre son rythme normal.

est-ce qu’il t’a fait mal ? en vrai, oui. il t’a tenu fort les bras. les poignets. un peu. tu lèves ta main gauche. . tu plies et déplies ton poignet. il t’a fait du mal, dans la tête, alma. mais ça tu l’dira pas.

tu t’es posée, à côté d’lui. parce que t’as plus envie de t’en éloigner pour ce soir. t’as peut-être peur, maintenant. mais tu sais, que dans quelques heures, le jour sera levé et jabez rentré. mais pour l’instant, il est là. alors tu prends c’qu’il y a à prendre. ce qu’il a à donner.

un instant, une heure, qu’importe.
tout à l’heure, se sera un autre jour,
et jabez il s’évaporera comme il le fait à chaque fois.


merci.

yeux tournés vers le ciel.
fixés en l’air.
les étoiles en guise de toit.


heureusement que t’étais là.
j’aurais fait quoi, sans toi.


t’as cette question qui t’obsèdes. qui se répète depuis que vous êtes partis du closer. et ça tourne en boucle.

j’savais pas que t’étais là, ce soir. je ne t’ai pas vu. ouai, parce que si j’t’avais vu, je t’aurais attendu. parce qu’alma, toi, t’as toujours eu peur qu’il t’arrive un truc de c’genre. t’as presque envie de te trouver une excuse. une cause à ce qu’il s’est passé.

c’est ta faute, alma
t’as pas vu jab.
si tu l’avais vu, tu l’aurais attendu
sûr.
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MessageSujet: Re: perdition (jabez)   perdition (jabez) EmptyLun 1 Juil - 10:51



dis-moi où on va.
dis-moi ce qu'on fait là.
si on fonce droit dans le mur ou pas.
le temps est compté depuis la fin de l'altercation, un compte à rebours invisible qui défile pourtant. bientôt l'aube pointera le bout de son nez et jabez partira, mirage imprévisible. il laisse le temps couler pourtant, peut-être parce que la situation commence à l'effrayer. ce palpitant qui bat toujours un peu plus fort au fil des jours, cette brèche qu'alma a su trouver et entrouvrir pour s'y faufiler. ça ne lui plait pas cette faiblesse, la vulnérabilité ce n'est pas son truc. mais il reste jabez, il laisse son corps s'allonger dans l'herbe fraiche de la nuit en repensant à cet homme. il aurait du le finir oui, pour ne pas se sentir obligé de revenir tous les soirs par peur qu'il revienne, toujours plus pervers. « dis pas ça. j’m’en serais voulu qu’il t’arrive quelque chose. tu l'sais, ça ? » le pire aurait pu arriver ce soir. un meurtre, quatre murs, des barreaux. un vieux matelas à même le sol. ce n'est pas le plus important. imaginer alma sans personne pour la raccompagner le soir, agneau au milieu des loups, c'est ça qui le préoccupe le plus. « un peu. là. » le poignet douloureux, le cœur encore plus. ça suffit pour faire frémir les muscles du tatoué, nouvelle injection de rage dans ses veines. « heureusement que t’étais là. j’aurais fait quoi, sans toi. » léger sourire sur les lippes de jabez. « tu es capable de t'en sortir, crois-moi. » un jour viendra où elle n'aura plus le choix, ce jour où il disparaitra de la surface de cette ville, par envie ou par devoir. elle est forte alma, elle peut tout surmonter si elle le souhaite, plus qu'elle ne le croit. « j’savais pas que t’étais là, ce soir. je ne t’ai pas vu. » si elle savait alma. si elle savait qu'il est là tous les soirs, à veiller sur elle dans l'ombre du club, jalousant les hommes qui profitent de son show. il ne se fait pas remarquer, elle ne le voit pas toujours, mais il est là. gardien de l'ombre. il ne lui dira pas, elle en sait déjà trop sur lui. en guise de réponse, il attrape le poignet meurtri d'alma pour poser ses doigts sur la blessure, la cause de leurs états. il a cette sensation que parfois, les mots sont futiles, quand toutes les émotions tambourinent dans le crâne les gestes parlent bien mieux. « quelqu'un t'as déjà fait du mal, avant ? » avant lui, il sera le fautif, le connard qui fera la faute de trop, enfoiré né qui détruira une poupée. le temps sera bientôt venu pour lui de partir. « je te raccompagne chez toi après, je vais pas te laisser seule. »
un jour sûrement tu seras seule.
mais pas cette nuit.
fleur perdue dans les rues sombres.
juste un dernier au revoir.
avant l'illusion.


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MessageSujet: Re: perdition (jabez)   perdition (jabez) EmptyLun 1 Juil - 22:15



alma, t’es pas d’accord. sans jabez, ce soir, t’aurais mal fini. une histoire à retrouver à la une des journaux demain matin, rubrique fait divers. t’as l’air d’en rire là, mais ça t’fait carrément pas marrer. en vrai, tu l’as échappé belle. et pas grâce à toi. grâce à jabez. il a juste la victoire modeste. le mérite, enfoui dans ses pompes. mais toi tu sais c’qu’il vient d’faire. tu reconnais la beauté du geste. t’oublieras pas, alma. j'aime quand t'es dans l'coin quand j'bosse. tu murmures. à demi-mots tu avoues. confession nocturne. j'te cherche, des fois. t'as un sourire aux bord des lèvres, que tu fais vite disparaitre. parce que t'as envie d'croire que t'es pas une sentimentale. que tu t'accroches à rien dans cette putain d'vie. ouai, alma, tu l'cherches du regard quand t'es sur scène. et quand les autres te regardent, toi,c'est lui que t'veux voir. mais là, t'as ton poignet, entre ses doigts.

D. E. A. D.
de l’index à l’auriculaire
du bout des doigts sur ta peau immaculée
ses doigts, qui dansent sur ton poignet
sombres pupilles qui suivent leur chorégraphie.


non, jamais. heureusement, certains savent mieux y faire avec leurs mains que ce sale type. personne n’a jamais usé de ses mains autrement que pour te soutirer des soupirs. les mains de tes amants n’ont eues vocation qu’à satisfaire ton plaisir. esclaves de leur maître. masculines servantes. le silence comble tes mots, d’une divine manière. ce silence, on dit qu’il est d’or.

ses phalanges, tâchées de sang. à ton tour d’inspecter. d’observer. ton regard ne croise pas l’sien. mais tu sais qu’il regarde la même chose que toi. et toi, tu ne t’es pas fait mal ? tes doigts soulèvent les siens, pour que tu puisses mieux les voir.

D. E. A. D.
lettres capitales
teintées de rouge
teintées de sang
tes doigts qui s’mèlent aux siens
t’as l’cœur à dix mille
tu devrais t’arrêter là, alma


t’écoute pas ta putain d’raison qui t’dit pas l’faire. cette soi-disant morale qui t’conseillerais de garder tes distances avec les bad boy. mais c’est plus fort que toi. tes doigts osent caresser les siens, les pupilles plongées dans leur macabre danse. ton pouce qui s’promène sur le bout de ses doigts. qui trace, suit les contours de ses tatouages. t’as jamais vu l’reste. et quelque part dans ton esprit, naît la volonté de voir ceux qui te sont dissimulés. ceux que tu n’as jamais vus. jabez, une toile. obscure et funèbre.

tu joues un jeu dangereux, alma.

tu penses déjà à m’laisser. et ton regard se jette dans le sien. je t’interdis de l’faire. j’veux pas qu’tu m’laisses déjà, jab.

à demi-mots. à demi avoué. ces mots que l’émotion t’empêche de taire. tu sais qu’il comprendra. mais qu’il ne te répondra rien. t’es possessive, alma. tu l’as toujours été. avec les gens qui t’touchent au cœur. en plein dans l’palpitant. ceux qui sont proches de l’faire dérailler. exploser.

quatre pupilles aussi sombres que la nuit.
quatre pupilles qui s’dévisagent.
s’envisagent.


y a une fille, dans ta vie, jab ? t’interromps le jeu dangereux. tes doigts comme figés, contre les siens. t’avais jamais demandé avant ce soir. jamais osé creuser dans c’cœur impénétrable. peut-être la raison de ses désertions crépusculaires.

parce qu'aussitôt que le jour se lève et jabez sort de tes rêves.
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MessageSujet: Re: perdition (jabez)   perdition (jabez) EmptyMar 2 Juil - 21:47




« j'aime quand t'es dans l'coin quand j'bosse. j'te cherche, des fois. » l'échine de jabez se raidit dans un frisson. les sentiments partagés entre l'envie de continuer et de fuir. c'est trop intense, trop rapide. trop pour un zombie comme lui. pourtant il reste jabez, il accepte le regard observateur d'alma sur ses phalanges, preuve de la bataille enragée qui s'est déroulée un plus tôt. dead. comme un avertissement à ses victimes. quatre lettres encrées à jamais dans sa peau, quatre lettres qui lui appartiennent entièrement. « non, jamais. heureusement, certains savent mieux y faire avec leurs mains que ce sale type. » le palpitant loupe un battement. il se déteste pour ça jabez, il se méprise de ressentir ça. de la jalousie, de la possessivité, il ignore ce que c'est réellement. mais ça ne lui plait pas, l'envie de s'échapper devient oppressante. en guise de réponse, il hoche simplement le menton. il ne doute pas de son plaisir avec les hommes, seulement il n'a pas envie d'être au courant des ébats de la brune. « et toi, tu ne t’es pas fait mal ? » sourire amer alors que ses doigts se retrouvent emprisonnés par ceux d'alma. ce n'est pas son initiative cette fois, mais ce n'est pas là pour lui déplaire. « j'ai connu bien pire que ça. » ce pervers n'était qu'un apéritif en comparaison à d'autres moments bien plus violents. c'est son quotidien, la danseuse qui habite avec lui peut en témoigner. avec lui. chez lui. le moment est inévitable, il va devoir rentrer. il va raccompagner alma et la laisser devant sa porte d'entrée, comme toujours. il vaut mieux que ce soit comme ça, la peur qui s'infiltre en lui n'est jamais saine. « tu penses déjà à m’laisser. je t’interdis de l’faire. » elle se dévoile, la brune. la belle brune aux traits de poupée. celle qu'il finira par briser, comme toutes les autres. « ce n'est que partie remise, je vais continuer à venir te surveiller tous les soirs. encore et encore. » surtout maintenant que la facette sombre de son métier s'est dévoilée aux yeux de jabez. il est condamné à veiller sur elle pour lui éviter le pire. même si pour ça il doit user de ses poings. « y a une fille, dans ta vie, jab ? » la question le surprend, les doigts s'éloignent pour que ceux de jabez viennent arracher nerveusement l'herbe fraiche du matin qui ne tardera pas à faire son entrée. « non, personne. je suis trop solitaire pour ça. et toi alma, ton cœur bat pour quelqu'un ? » ce n'est que la vérité, pourtant son cœur bat aussi parfois. il bat pour louve. il bat pour alma. deux battements différents, uniques. deux battements qui se complètent dans le plus grand des désordre. il lui faut de l'air à jabez, il a besoin de respirer pour arranger ce fouillis de sentiments. il finit par se relever difficilement, tend sa main à la brune encore dans l'herbe. « il faut que tu te reposes. on va se revoir très bientôt, c'est promis. » juste le temps pour jabez de souffler. s'éloigner pour mieux revenir. se séparer pour mieux se retrouver, encore plus fort.

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MessageSujet: Re: perdition (jabez)   perdition (jabez) EmptyMar 2 Juil - 22:39

tu t’es confiée, plus qu’à l’accoutumée, alma. pas dans tes habitudes, mais ce soir, tu cherches ce que tu n’as pas. l’affection d’une personne que tu connais. la chaleur d’une main. en vrai, t’as flippé tout à l’heure et tu sais que tu vas être toute seule dans ton lit. à ressasser. à penser à ce qui aurait pu t’arriver. tu reconnais là les priorités de jabez. il doit rentrer. vous devez rentrer. t’as tenté de le retenir, en vain.

mais il te le dit. te l’affirme.
il sera là, demain et les autres soirs.
encore et encore.
il ne t’abandonne pas.
ta voix se meure dans ta gorge.
gorge nouée.
alors le silence prend place.


est-ce que son cœur, il bat ? est-ce qu’il y a une fille qui rend les jours de jabez moins terribles ?

c’est la première fois que tu oses ce genre de question. une question personnelle. mais au fil de vos rencontres, tu n’avais osé t’aventurer dans cette partie de sa vie. maintenant tu sais. que la bête est bien trop solitaire pour se lier. quelque part, tu t’attendais à cette réponse. à cette version. c’est lui. et toi alma ? est-ce que ton cœur, il bat pour autre chose que pour la survie ? est-ce qu’il tambourine dans ta poitrine. ton visage mime un « non ». t’as pas l’temps. pas l’envie d’expliquer à quelqu’un que tu te déshabilles pour manger. que ce n’est pas un passe-temps mais un job. alimentaire, qui plus est. et t’as pas envie de subir la jalousie mal placée d’un mec. parce que non, t’es jamais sortie avec un client du closer. et ça n’arrivera jamais.

il est temps, alma
l’heure de rentrer

et jabez il te raccompagnera jusqu’à ta porte. parce que sous ses airs marginal, il est d’une normalité tranquillisante. il attendra surement que tu verrouilles la porte derrière toi pour disparaitre. disparaître avant le crépuscule.

il est l’heure, alma
temps de se quitter.


(end).
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