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 le vent nous portera / emile

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MessageSujet: le vent nous portera / emile   le vent nous portera / emile EmptySam 8 Juin - 15:20

L'ivresse bourgeoise flotte entre les corps imbibés d'alcool hors de prix, se mêle aux rires exacerbés et à l'hypocrisie des sourires que les invités s'échangent. Vêtu de son plus beau costume, Henrik joue le jeu du parfait bourgeois, coupe de champagne à la main et compliments faussés à la frontière des lèvres. Certains de ses clients viennent le remercier, d'autres l'approchent pour parler contrat et voiture. Et au milieu de cette foule dorée, on croit aussi bon de mentionner sa famille. C'est avec les traits muets, mais un sourire crispé au visage, que l'hongrois répond brièvement aux questions posées avant de s'éclipser. Il laisse vagabonder ses opales entre les silhouettes présentes, espérant silencieusement qu'elles ne se poseront pas sur ses parents – ou n'importe qui d'autre qu'il souhaiterait ne pas voir. Dans sa course pour trouver un coin tranquille, Henrik termine son verre d'une traite et en rattrape un autre, présentant son plus sourire à la serveuse qui rougit aussitôt. Il s'échoue finalement sur un siège en cuir, coude sur l'accoudoir et menton au creux de sa main libre. Son regard continue de suivre l'employée – qui, elle-même, ne cesse de lui lancer des coups d’œil – et dans son ennui mortel, Henrik se dit que la soirée n'est pas perdue et qu'il a tout le temps de rattraper toutes ces minutes de fadeur extrême aux côtés de cette charmante demoiselle. Comme pour lui rappeler que les Hoenikker ne méritent aucun répit, c'est son paternel qui apparaît devant ses prunelles jusqu'alors désireuses. Il se redresse aussitôt, faisant grincer le cuir sous son poids. – Papa, qu'Henrik salue son père sans s'embêter à se relever, ni s'encombrer de toute formalité. Ses doigts remontent son verre à ses lèvres, mais avant que le liquide n'ait pu couler sur la langue, une main s'en empare. Un grognement s'échappe de sa bouche alors qu'il retrouve le regard impérieux du paternel Hoenikker de ses propres yeux furibonds. Une vingtaine de serveurs n'attendent que de t'offrir une coupe de champagne et tu trouves bon de prendre celle de ton fils ? Les mots orageux se glissent hors de ses lèvres dans sa langue maternelle sans qu'il n'y fasse attention. – Tu crois pas que tu t'es déjà assez enfilé de verres, Henrik ? C'est dans le même langage que son père répond – très certainement pour ne pas risquer qu'on comprenne l'objet de leur querelle. Et il n'a besoin de rien d'autre pour se foutre en rogne, Henrik. Il se lève pour faire face à son interlocuteur, ses prunelles soudainement sombres sous les lumières aveuglantes. – Tu m'espionnes, maintenant ? Une main rageuse se glisse dans ses cheveux indomptables et au même moment, il laisse un ricanement faussement amusé sortir de ses lippes où le goût du champagne traîne toujours. Tu peux garder le verre, si ça te fait si plaisir. Et sur ces mots, Henrik tourne les talons et, faisant bien attention d'être vu par son père, attrape une nouvelle coupe qu'il lève courtement au dessus de sa tête pour le narguer. Il se faufile entre les corps, ignore les salutations qu'on lui jette sur son chemin. À cet instant, l'hongrois n'a qu'une envie : énerver son père et envoyer au bûcher sa fierté. Et c'est peut-être l'alcool – certainement. C'est peut-être un tout qui lui explose à la gueule, un besoin maniaque de balancer sa vie entière à la fenêtre. C'est peut-être Agnes, Flip, Gaspar. C'est peut-être lui, surtout. Ses pas le mènent vite à la serveuse aux cheveux d'or – celle qui a tout d'Agnes et qui, sans le savoir, lui fait tourner la tête. – Bonsoir, qu'il glisse d'une voix doucereuse. Le reste est une succession de mésaventures, de billets balancés pour que l'inconnue termine plus tôt et que leurs deux corps ne fassent plus qu'un. Henrik ne fait bientôt plus attention à rien, se fichant bien des conséquences de ses actes – pour elle, mais encore plus pour lui. C'est dans une chambre bien trop luxueuse qu'ils atterrissent. Dans des draps trop blancs qu'ils crèvent leur désir de l'autre. C'est entre les cuisses d'une étrangère si familière qu'il se laisse porter. Entre ses reins qu'il revient des mois auparavant et en plein orgasme que le prénom d'Agnes ravage tout. Henrik ne se fatigue pas à s'excuser, ni à s'attarder pour s'assurer que la demoiselle va bien. Il dégage aussi vite, ses vêtements enfilés n'importe comment et ses cheveux en bataille. Au milieu de cette foule dorée, il se fout de tout, ignore les regards inquisiteurs et les commentaires faussement silencieux. Ses jambes le portent jusqu'à l'extérieur, là où il dépose une cigarette entre ses lippes rougies de baisers enfiévrés. Il apprécie la fraîcheur de la nuit, la solitude ivre de champagne et de sexe. Puis bientôt, c'est la présence calme d'Emile qui lui donne un nouveau souffle. – Qui t'a traîné ici ? Qu'il demande sans détourner le regard des voitures qu'il peut apercevoir au pied de la terrasse. Il n'a même pas besoin d'un regard, Henrik. Il sait toujours quand c'est Emile, là, à ses côtés. Suis-moi. L'hongrois ne lui laisse pas vraiment le choix, mais au fond, il sait aussi que le cadet Sartier ne dira pas non. Il descend les marches sans un mot, se retourne finalement vers Emile pour lui balancer les clés de sa voiture lorsqu'ils arrivent à sa hauteur. J'ai un peu trop abusé du champagne, qu'il dit simplement avant de se glisser à l'intérieur. Viens, Emile. Viens, on se barre loin dans l'ivresse de la nuit. Viens, on laisse nos vies de merde derrière et on repart à zéro. Rien que toi et moi. Sartier et Hoenikker pour l'éternité.

@emile sartier
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MessageSujet: Re: le vent nous portera / emile   le vent nous portera / emile EmptySam 13 Juil - 15:01


Dans ton regard gamin, il y a des brides de souvenir désormais flous. Des histoires que tu tais parce qu'il est plus simple de faire comme si - comme si elles n'existaient pas. Comme si tu les avais romancées. Et tu ne supportes pas l'image que le miroir te renvoie. Tes épaules sont voûtées sous le poids de la culpabilité, de grandes cernes encadrant tes azures dont le bleu habituellement si profond, tire vers le gris à force de raconter tes souvenirs. Et ils se modifient. Ils prennent une autre forme, une autre saveur. Certains deviennent presque palpables quand d'autres s'assombrissent. Et à chaque récit, les fragments de ta petite histoire se transforment en quelque chose de moins pénible. Mais modifier des souvenirs de ton passé pour mieux vivre dans ton présent a été ta bouffée d'air, un moyen pour toi d'avancer mais surtout de les oublier. Tu portes un dernier regard pour l’ombre qui te revient en un écho lointain lorsque que le téléphone vibre et qu'à l'autre bout, la plainte sifflante de ton père te rappelle à tes obligations. tout va bien aller. tout finit toujours par bien aller. Un rapide au revoir pour Lali et te voilà dehors à traîner des pieds sous l'asphalte encore brûlant de la journée. La ville s’active doucement sous les ravages de ces vies détestées, obsédées par les péchés griefs. Mondes vides et creux d'intentions dont sonne le coup de feu de ce début de soirée. A tous ces visages inconnus sans l’être. A tous ces hauts et ces bas et ces innocences feintes noyées sous la sueur. Le regard accroché à ton verre, une onde de culpabilité t'envahit. une gorgée un peu de courage. ismaël n'est pas là. ismaël ne veut pas te voir. La phrase fait des boucles dans ta tête, comme une étrange pénitence. Tes espoirs te dupent et la clope pincée entre tes lèvres se transforme en un paisible sanctuaire recouvrant ton sourire dolent. C'est un grand vacarme silencieux qui hurle dans ta tête. Tes gestes ne t'appartiennent plus, la main qui ressert le verre de cristal n'est pas la tienne, n'est plus la tienne. Alors tu essaies de te raccrocher à des automatismes, des règles de bienséance ancré dans le fond de ton crâne à force d'avoir été répétées en boucle.  On te parle affaires, discute chiffres, baragouine tout un tas de mots que tu te refuses d'entendre tant la pression te comprimant le crâne est forte. Émile chéri. Si sociable et présentable. Si fiable. Poli comme il le faut. Émile tout court, dont les nuances incertaines viennent ternir l’image si parfaite de la famille. Alors parfois tu t'éloignes émile tu fais des trucs qui te serviront un jour. Peut-être pas demain, ni même le jour d'après. juste à un moment où tu auras besoin d'exister et de te construire. Et durant cette nuit pénible, tu sors prendre l’air quand ton corps semble trop grand et que la chemise se rétrécie autour de ta gorge. panique que tu réprimandes sous la lueur de l'astre lunaire dans le ciel. puis calme plat. La chimère quelque peu vaporeuse d’Henrik vient chatouiller la rétine. Et il est de ces orages que l’on attend toute la nuit. Henrik en est un, et il apparaît comme l’apaisement d’une longue jérémiade. qui t'a traîné ici ? pour seule réponse tu te contentes de tirer longuement sur ta cigarette avant de l’écraser négligemment contre le mur. Toujours les mêmes. Et toi ? J’savais pas que t’aimais te faire exposer comme un trophée. Sa seule présence rend la soirée d'autant plus douce, alors qu’il ne restait plus que de la fête un bruit de fond. Suis-moi. Tu ne te souviens pas de lui avoir répondu. Pas non plus de ne pas avoir balbutié quelques mots lâchés à la suite sans qu'ils n'aient de sens. Comme si tu pouvais lire dans ses pensées. et t'y penseras plus tard à cette drôle de connexion qui t'unit avec Henrik. J'ai un peu trop abusé du champagne tu récupères les clés avant de monter à ton tour et glisse un sourire mi-sérieux, mi-amusé à ce presque frère, peut-être à présent la seule famille qu’il te reste. on s’barre ? que tu glisses en un sourire contagieux. Le moteur gronde lorsque tu tournes la clé et l’affirmation que tu attends se lit au fond de ses yeux et dans ce sourire à la commissure de ses lèvres. Rien ne saurait vous retenir à new york. Familles malsaines, amitiés bancales, amours brisés. Derrière le pare brise, tu te contentes de rouler sans but, et regardes défiler les rues d’abord familières, avec leurs commerces démesurément trop chers pour la quiétude des quartiers périphériques. T’accélères sur la double voie, prêt à t’envoler pour ailleurs un peu plus supportable. Image stéréotypée d’une scène de film culte. Tu t’interroges sur c’que pourrait être votre vie à deux, loin de vos êtres aimés. Une existence de déboires et de problèmes pouvant vous conduire jusqu’à votre perte. Et quelle perte. Alors tu ralentis la cadence et continue de conduire, toi même enivré mais certainement moins que lui sur des routes plus petites mais désertes. On peut se barrer dans les hamptons. rejoindre la maison, vivre de soirées superficielles et alcoolisées. Ou on prend le jet. On part au mexique. En europe. sur l’île de pâques. Où tu veux j’te suis. On peut emmerder nos familes Henrik. fantasmer sur ce qu’on aura jamais, faire jouir ces mères malheureuses, baigner dans l’opium, s’extasier devant l’océan, respirer loin de nos obligations. Et lorsque tu lui glisses un regard, c’est son indécision qui te frappe. Ses prunelles qui divaguent. Ses hésitations. On reviendra plus tard. T’façon je suis sûr qu’il y a mieux qui nous attend ailleurs. et t’y crois fort émile, bien plus que tout.


@henrik hoenikker le vent nous portera / emile 3227196488
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