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 demon energy (wilkes)

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MessageSujet: demon energy (wilkes)    demon energy (wilkes)  EmptyVen 7 Juin - 17:49

chaos crânien. un fatras de désordre dévaste ses pensées. l'équilibre entre son intérieur morbide et ses apparences vivifiantes oscille de péril, l'harmonie qu'elle avait acquise - celle qui soulevait le poids de son passé jusqu'au pic de la légèreté de ses faux-semblants, se dissout au travers de ses réflexions. la frontière entre ce qu'elle est pour elle et ce qu'elle présente pour les autres, distend ses délimitations à une vitesse folle, faisant de son cerveau une véritable mine à interrogations. nana. kaz. la bague. ismaël. elle tourne et retourne les énoncés du problème, à la recherche obsessionnelle d'une solution. ses talons claquent sur le béton armé des ruelles sales du queens. ses cheveux lâches volent sous l'impulsion de ses pas empressés, ils retombent lourdement sur ses épaules et se jettent à nouveau dans les airs presque sur l'instant. ses mains baladent, se croisent sous sa poitrine, se tombent le long des cuisses, s'affranchissent plus haut - en écaillant la peau de sa nuque du bout de leurs ongles fraîchement manucurés. eden n'entend pas - les rires insomniaques du trottoir adverse. elle ne perçoit pas - les contours opaques des visages coupés par la nuit, qui flottent autour du sien, qui s'effacent les uns les autres par dents de scie. eden ne voit pas - la prédominance de l'astre lunaire, si sublime pourtant en ces premières nuitées, croissant au galbe spectaculaire. il charme et dompte les regards curieux des touristes noctambules, brillantant leurs trajectoire, luminescent de son beau costard opalescent. eden ne sent pas - la traque de la lune, qui la suit envers et contre tout changement d'itinéraire. il n'y a que celle de la veille, qui lancine et l'assène. elle est dérangée, eden. mais ce soir bien plus qu'un autre. l'émeute névrosée canonne le peu de stabilité qu'il lui restait, tirant à bout portant sur l'assise de son avenir.  

elle sait. la porte claque derrière son passage. "mimi !" mimi, tu vas m'aider. rentrée en trombe, elle remarque tout juste la silhouette alcyonienne dessinée sur le canapé - qui détonne franchement de sa pagaille psychique. ander. il est assis là, une bière à la main, devant une télé qui chante. "ander, bouge pas." reste-là ander. j'ai besoin de toi. elle fouille les pièces, ne tarde pas à retrouver sa colocataire - dans la cuisine. "mimi, suis-moi." elle lui prend la main, croise ses doigts entre les siens. parce que mimi, c'est la moitié des pièces du puzzle. mimi, elle ne la tire pas quelque part, eden. elle l'emmène avec elle. au début, il y avait juste mimi. mimi et ses sourires qui rayonnent, mimi et ses petits mensonges, mimi et son intensité, mimi et son cœur très gros, très lourd aussi. il y avait mimi et eden, et leurs trajets incalculables jusqu'au chantier abandonné. et leurs nuits blanches, leurs jours sombres. mimi et eden, et leurs absences, leurs fuites et leurs chaos. au début, il n'y avait qu'elles. qu'elles et leur fusion. mais rapidement, il y a eu ander. et eden, elle n'a pas bien compris comment c'était possible. mais c'est arrivé. il a existé en elle, existé comme mimi. il était là, dans l'ombre de leurs pas à la conquête d'un ailleurs. il était là, les paupières à peine entrouvertes quand les filles tombaient enfin de fatigue à l’avènement du soleil. il était là aussi, pendant les descentes cuisantes de cocaïne. poussière de leur désordre, arme de leur arsenal. et quand il n'est plus là, c'est que mimi a disparu.

rassemblés tous les trois au salon, eden sonde l'humeur de ses deux acolytes. elle a ce regard qu'on ne lui connaît pas. ce regard ambulant, boiteux, ce regard brouillon. ces battements de cils trop vifs, qui cognent fort quand elle se sent menacée. cette bouche fermée, cette moue austère. ces traits inflexibles, ce dos cambré, ces veines renflées. elle a ce comportement perturbé, celui qui dit qu'elle peut tomber. "ok." elle s'assoit sur l'accoudoir du canapé, s'abaissant légèrement, elle pose son coude contre sa cuisse, faisant appuyer ses doigts contre ses lèvres, son menton, demeure un instant silencieuse. "j'ai besoin de vous." elle est honnête, eden. s'adresse à ses compères des enfers, ses complices de vice. "on va vandaliser le loft d'ismaël."
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MessageSujet: Re: demon energy (wilkes)    demon energy (wilkes)  EmptyMar 11 Juin - 3:03

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Ça l'avait gonflé. Les bruits ambiants, les corps dégénérés. Tout ce qu'il avait voulu, c'était foutre le camp sans que personne ne lui pose de questions. Sans que personne ne le remarque.
Il l'avait fait. Laissant à l'abandon son appartement derrière lui — sachant que, l'heure venue, tous les fêtards rentreraient chez eux. Et que s'il arrivait demain sur un ou deux ivrognes toujours couchés à même le plancher ou le canapé, il les foutrait dehors à coups de pied.

Pour le moment, c'était l'heure d'oublier. L'heure de finir de s'alcooliser à grandes lampées de bière sur un canapé qui n'est pas le sien. Les yeux vrillés sur la télé, le corps étiré. Jambes écartées, les mirettes vides du programme stupide qui essaie de les capter. La bière va et vient à ses lèvres, son cou gémit de la torsion qu'il le force à subir. Mais il ne bouge pas, Ander. Ne se rend pas compte des heures qui défilent, ne se rend qu'à peine compte qu'il en est à la troisième bière du pack. Il a entendu passer Mimi, a vu certains colocataires graviter autour de lui sans s'en trouver perturbé. Personne ne lui a fait remarquer sa présence indésirable. On sait qu'il est là avec Mimi, et que Mimi va avec lui.

Les pensées en train de mourir. L'abrutissement qui ne se lève pas, alors que la porte claque à quelques mètres de là. « Mimi ! » C'est soudain, c'est strident. Il sait que c'est Eden — n'a pas besoin de relever le nez pour l'identifier. Il lève le bras. Pointe une direction à sa gauche, sans décrocher ses yeux de la télé. « Que'que part par là. » C'est désigner la maison en entier, à peu de choses près — mais il ne s'en rend pas vraiment compte. S'en fout, aussi. Tout ce qu'il sait, c'est que sa moitié est encore là. Sensation au creux des tripes qui ne ment pas.

« Ander, bouge pas. » Y a rien à répondre à ça. Il laisse retomber son bras contre lui, remarque seulement maintenant la page de pub qui l'irrite. Un soupir. Il met quelques secondes avant de réussir à trouver le courage de se redresser, et d'attraper la télécommande abandonnée sur la table aux côtés des bouteilles vidées. Changement de chaîne. Programme inintéressant; il réitère. Un film d'action qu'il ne peut identifier, et pas de publicités pour le déranger. Avec une moue satisfaite, il se laisse à nouveau tomber dans le canapé. Au moment où Eden revient main dans la main avec Mimi, et où le monde semble s'arrêter de tourner. S'arrêter pour laisser les tornades souffler. Il ne la regarde pas, Ander. Ne regarde pas Mimi non plus. Shooté par la léthargie de sa soirée, jusqu'à ce qu'une nouvelle page de publicité n'apparaisse sous ses yeux. Autour du film d'action d'être coupé.

Il manque de lâcher un juron. Soupire lourdement, au lieu de ça — et capte alors la voix d'Eden qui recommence à s'élever à l'autre bout du canapé. « Ok. » Il se redresse. Décroche finalement ses mirettes de l'écran, et l'inspecte un instant. Elle a l'air contrariée. Préoccupée. Décidée. Le cerveau en ébullition, et le blizzard prêt à s'abattre pour tous les pétrifier. Il ne s'en inquiète pas. Ne s'en étonne pas. La bière à nouveau à la bouche, alors qu'elle poursuit sans se préoccuper du niveau de leur attention. « J'ai besoin de vous. » Intérêt piqué. Il hausse un sourcil, abaisse sa bière. Crache le morceau, beauté. « On va vandaliser le loft d'Ismaël. » Le rictus surpris, mais loin d'être choqué. Il la sonde un instant — et il sent sa sincérité. Ne s'en étonne même pas. Pas quand elle a ses yeux-là. « Cool. Ok. » Il détourne bien vite le regard. S'assied sur le bord du canapé. Attrape deux bières du pack, les tend aux filles sans lâcher la sienne. Allez, on partage. « Faut juste que j'récupère ma batte chez moi. » Mais le détour est pas long, t'en fais pas. Après on peut y aller. Pas à attendre. Rien à foutre d'autre de sa soirée. Il a senti l'excitation de Mimi déborder, a senti son désir d'y aller maintenant, de s'oublier, de bouffer l'adrénaline à pleines dents, jusqu'à en gerber. Ça s'est égrené dans ses veines aussi — et il peine à le faire refluer. Elle est trop près.

Juste là
À jublier
À exulter

Quand est-ce qu'on y va ?
Tu veux qu'on l'tabasse ?
Qu'on plante d'la drogue chez lui ?

Tu veux un flingue ?
Des graffitis ?

Dis-nous, et on l'fera

Dis-nous, Eden
Et on ouvrira les portes de l'Enfer pour toi.


PAR BELOVED / @MIMI WILKES, @EDEN ALEÏEV
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