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 mémoire. (sony)

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MessageSujet: mémoire. (sony)   mémoire. (sony) EmptyVen 7 Juin - 12:27

les cernes sous les yeux, tu fumes ta clope avec force. encore une, après de nombreuses autres. un grand nombre pour passer le temps, un paquet presque terminé bien plus vite que la fin d’une nuit trop fraîche s’achevant. ce fut long, intense et surtout désagréable. fumée que tu recraches, le visage que tu détournes de là où tu t’étais perdu dans une contemplation quelconque pour revenir sur elle. celle que t’as surveillé toute la nuit, contre les dangers humaines, pour t’assurer et te rassurer. pleinement conscience de ta connerie, tu ne sais ce que tu feras si elle se rappelle, si ses yeux hurlent l’horreur en se posant sur toi. un nouveau coup pour la faire taire à jamais ? une menace terrifiante ? appeler les gars ? la seule chose que tu sais c’est que t’as pas l’envie de poser ton cul dans un commissariat, encore. nouvelle ligne sur ton casier judiciaire. nouvelle bavure.
sursaut du coeur, tu la vois au loin assise, l’action que tu as manqué. tu l’observes longuement, elle et son incompréhension dans les yeux, elle et sa panique dans le corps.
alors t’avances, sors de l’ombre. la démarche d’un simple marcheur matinal sur le chemin du parc new-yorkais.
tu vas où kenn ? au boulot dans un bureau ? les rires des gars de la posse à cette idée t’arrivent dans le crâne comme s’ils étaient là. impensable et irréaliste. t’aurais ri également.
les pas qui se rapprochent, tes yeux sur elle, là à voir réellement ta victime au grand jour. vous allez bien ? la voix portée vers elle, les yeux indéchiffrables posés sur son visage. y a les images qui te reviennent en mémoire, celles d’une scène hurlante. un règlement de compte flou sous les réverbères encore allumés.
c’est l’histoire d’un payement en retard et d’une épopée qui tourne mal. d’un homme et d’une femme partageant les plaisirs de la nuit qui rencontrent les enfers. démon noir s’avançant vers eux, la volonté dirigée vers l’un plutôt que vers l’autre. les mots, la colère, les gestes violents et les cris dans la nuit. un coup perdu et c’est l’écroulement. crime sur la scène, le public fuit. l’homme donne tout ce qu’il a avant de prendre ses jambes à son cou, laissant derrière elle sa partenaire du soir étendu sur le sol.  le rideau pourpre et or tombe en même temps que se ferment ses yeux, à la comédienne. la fin de l’acte sans aucun applaudissement. seul le silence de la nuit tombe et les entoure, les deux restant. l’un perdu sur terre, l’autre perdu dans les méandres de son esprit. trop loin de la terre, trop loin de lui. corps secoué sans réponse. hésitation dans les tripes, rester ou fuir, avec ces doigts qui se posent dans son cou. nouvelle hésitation avant qu’elle ne trouve refuge contre lui, la poupée de chiffon. marche courte dans la nuit, plus loin que la scène de crime, pour la déposer sur un banc. là plutôt que de l’emmener à l’hôpital. et les pas s’éloignent, trop, puis reviennent rapidement, le chemin invisible d’un lion en cage se dessinant au sol. fuir ou rester ? les minutes défilent. la nuit laisse place au jour, sous le réveil des oiseaux et la veille des noirceurs.
et c’est le second choix qu'il prend.
mademoiselle ? un pas en plus vers elle, l’inquiétude dans les yeux. qu’elle te reconnaisse, qu’elle se souvienne. qu’elle n’aille pas bien. ça n’a pas l’air d’être le cas. dans ses yeux danse la folie sous l’air d’une musique perdue.

@sony lowinski mémoire. (sony) 3794924939
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MessageSujet: Re: mémoire. (sony)   mémoire. (sony) EmptyLun 10 Juin - 12:06


mémoire
kenn & sony

Les flots sont pourpres, le béton mordu, le claquement des dents, sinistre choc, la chaleur intense d'un liquide entourant la nuque, écharpe vermeille pour décorer l'opale. Il n'y a que les cris qui deviennent sifflements, les traits flous, sourde à sa propre voix, sourde aux insultes crachées en pleine gueule, sourde, aveugle.

Trou noir.

L'oubli.

Le n é a n t.


La gifle d'un klaxon faisant convulser le cœur, sursaut des paupières s'ouvrant sur du vague. Le vert mêlé au gris, le grognement de douleur noyé par la cavalcade des voitures qui se poursuivent. La brise est fraîche sur la peau dénudée, le bois saignant la joue, brouillard de filaments blonds pour s'entremêler aux cils. Je ne vois rien. Je ne pense rien. L'impression de chute libre aspirant l'esprit. La main menée jusq'au champ de vision pour y apercevoir les piqûres des écorchures décorant la paume, grelottements du cœur sous l'impact d'un début d'angoisse. Sentiment inconnu. Elle est certaine de ne pas le connaître. Goût amer sur le palais, de la poussière plein la langue, douleur ignoble au fond de la gorge et la chaleur contre la nuque. Le soleil saigne ses rayons, vient l'aube et avec elle la vague des passants qui dégringolent à peine vers elle. Invisible. Les yeux posés puis détournés qu'elle ne voit pas. Les orbes paniquent, observent sans savoir, sans comprendre, les frissons du corps qu'elle finit par relever. Du vide. Du vide. Écran blanc. Inspection silencieuse de son être, de sa robe souillée, de ses genoux colorés de maux, de ce pied à la chaussure manquante, l'orpheline au vernis éraflé. C'est le tambour du palpitant qui s'esbroufe dans la poitrine, toquant comme pour sortir à coups de butoir incessant. Elle observe ce nouveau monde, naissance d'un nouvel esprit. Les mèches repoussées d'un geste vague, ramolli par l'épuisement, geignement mal réprimé quand la main cogne contre la nuque, le passage des doigts arrachant un sifflement de douleur, le pourpre enfin aperçu. Peut-être que je suis morte. Peut-être que c'est sur ce banc qu'attendent les damnés, les bénis.Là où se décide le jugement dernier. Les sourcils se froncent sous l'immense réflexion, elle creuse de ses doigts les souvenirs qui ne viennent pas. Le sable du temps qui court à travers les phalanges, ne laisse rien derrière lui. Les prunelles se relèvent pour rencontrer des visages qui ne restent pas assez longtemps pour qu'elle s'en souvienne, la fontaine non loin crachant son eau de la bouche d'une statue, les bancs vert encore vide de badauds curieux, les grattes ciels essayant de manger leur plateau céleste au bleu encore pâle. Le ciel est magnifique. La fine ossature craque sous les mouvements encore lent, ralentis par la tonne de doutes qui doucement l'habite. Pourquoi dort-elle ici ? Pourquoi le sang ? Pourquoi cette ignoble impression de n'avoir rien à dire ni à penser ?
vous allez bien ? Brutal sursaut la plaquant contre le bois, les yeux sauvages plantés dans un sombre regard inquiet, silhouette survenue de nul part. Bien ? Peut-être. Bien ? Pas sûre. Les lèvres s'entrouvrent mais il n'y a que le silence pour réponse. mademoiselle ? L'insistance la pousse à pousser plus loin, à rassembler des mots qui créeront un début de phrase. Je sais pas. Sa propre voix qui craque, venue d'outre tombe après un temps de sécheresse, déglutir devient compliqué et elle s'accroche à ce visage venu d'ailleurs, à la peau tannée, à la seule présence qui plane. Je sais pas. Diatribe répétée lorsqu'elle se rend compte d'à quel point elle ne sait rien. Mademoiselle, oui. Mademoiselle quelque chose. Mademoiselle Rien. Mademoiselle à une inconnue. L'équation sans solution. On … s'connait ? Dis moi que tu as des réponses, des choses à dire, des choses à m'offrir. Parce que je n'ai rien. Elle se relève. Elle tangue la danseuse ivre de vertiges. Se rassoit sans grâce, lourdement, le souffle manquant à l'appel. C'est la panique qui s'empare de ses traits, les yeux perlant sous l'extase de l'épouvante. Où est-ce que j'suis ? Il y a d'autres questions qui veulent franchir ses lèvres mais qu'elle n'ose pas poser. D'autres qui s'amoncellent pour créer un tas qui commencent à l'étouffer. Il faut que je … Elle oublie déjà, fronce les sourcils quand la suite n'arrive pas. Il faut … Poison des sanglots réprimés. J'en sais rien. Toute la détresse qui imbibe ses mots, tremblote sous la brise du néant, ses yeux plongés dans l'inconnu, criant à l'aide, hurlant la perte.
L'interrogation qui brûle les lèvres.
Brûle. Consume. Torture.
La redoutée;
Qui suis-je ?

@kenn mcdonald mémoire. (sony) 3227196488 mémoire. (sony) 3227196488
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MessageSujet: Re: mémoire. (sony)   mémoire. (sony) EmptyMar 2 Juil - 15:52

vous allez bien ? ça résonne dans ta boite crânienne. rigole même. ça sonne faux à l’intérieur de toi. ça transpire l’hypocrisie, l’erreur et l’horreur, la peur, un pardon bien trop caché. bien trop éloigné de la comédie que tu commences à jouer. pour elle mais surtout pour toi.
vous allez bien ? et elle sursaute le chaperon face au loup déguisé de son plus beau costume de vieille femme. des pas, encore des pas. plus prudents alors que tu approches, ses yeux qui se plantent dans les tiens. incrédules. perdus. autant que toi. t’aurais dû te barrer. t’aurais dû faire en sorte d’effacer le problème rapidement. peut-être pas personnellement, en appelant un des gars du gang. un mademoiselle ? pour l’interpeller, le regard perdu sur son visage. ses lèvres se sont ouvertes, incapables de prononcer le moindre son, la moindre réponse. et la peur te tiraille, te demandant si elle est muette car te reconnais. je sais pas. c’est bas, perdu, dans une voix rauque. je sais pas. c’est plus fort. impuissant. perturbant pour ton palpitant sous tension, ses yeux qui se posent sur toi comme si tu avais les réponses.
tu les as. secrètement et égoïstement, elles sont les tiennes. on … s'connait ? oui. non. les jambes molles faiblissent, elle se laisse retomber sur le banc et tu fais un pas de plus dans la poussière, comme si t’allais lui venir en aide. heu, non, pas du tout. la tête qui se secoue doucement de gauche à droite. une négation confirmée dans le doute, est-ce que tu joues jolie ? est-ce que tu me reconnais pour que jte laisse tranquille et que t’ailles courir au premier poste de police sur ta route ? où est-ce que j'suis ? tu fais tout pour lire en elle. tout pour comprendre, savoir la vérité. la sienne et la tienne. barre-toi kenn. prudence pour ne pas la faire paniquer et sa réaction, tu prends le temps de répondre, le regard qui se perd quelques secondes sur l’environnement autour de vous. de là où t’es, t’arrives à distinguer le haut de l'unisphere. hm, au Flushing Meadows. un des parcs du queens, proche du lieu de la soirée tragique d’hier. t’hésites à continuer quand elle ouvre de nouveau la bouche. il faut que je … les sourcils qui se froncent, les mots qui perdent et tu ne rates rien. aucune de ses réactions, la panique dans la voix qui grimpe. aucune de ses absences, les yeux dans le vague. il faut … les prémisses de sanglots qui coupent court aux phrases hésitants, doucement, tu t’installes à côté d’elle. la distance respectable idéale respectée pour ne pas la faire fuir. tu la rattraperais si c’était le cas. tu mettrais la main dessus pour faire tu ne sais quoi. incapable de plus en plus, alors que ton regard se perd sur le visage sauvage de lui faire quelque chose.
c’était un accident, ce coup contre son crâne.
c’est étrange que tu restes là, à t’assurer de tout et de rien. calmez-vous, ça va aller. la main que tu lèves, hésitante. elle est lourde dans l’air. pèse son poids, attirée vers le sol, perturbée par l’hésitation de tes pensées et gestes. tu finis par la poser sur son bras, dans un geste réconfortant. ou accrocheur, prisonnier. les serres déjà sur elle si elle tente la fuite. j'en sais rien. et elle plonge ses yeux dans les tiens après avoir recherché des réponses sur le décor, comme si elles se trouvaient sur les bancs, comme le chant du vent pouvait le lui apporter au creux de l’oreille. heureusement que non. heureusement que le chant des oiseaux tient d’un dialecte impossible à lire et comprendre.
vous.. l’hésitation alors que tu grattes doucement ta nuque. vous savez qui vous êtes ? alors, tu deviens l’affreux homme, kenn. pire qu’à l'accoutumée. ton sort ne s’arrange en rien. car sous la panique de la jeune inconnue, face à sa perdition, tu revis. une respiration face à une vie peut-être oubliée.
vous savez ce que vous faîtes là ? le souffle qui semble repartir. un poids qui pèse un peu moins sur tes épaules mais qui reste là. t’as le cœur toujours dans le doute, l’épée pointée encore sur le haut de ton crâne, celle qui s’abaisse à chacun de tes mensonges et erreurs.

@sony lowinski mémoire. (sony) 3176379322  
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