Le Deal du moment : -39%
Huawei P30 Smartphone
Voir le deal
395 €

Partagez

 

 (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Invité


avatar


Invité


(anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side Empty
MessageSujet: (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side   (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side EmptyJeu 23 Mai - 16:25

Crowded with bitter faces, the wounds in palm and side × ft. ANTHEA & ISKANDAR

Les pas qui dessinent des évasions étranges. C’est un lendemain, l’après de quelque chose qui fut, rendu à la nébuleuse mémoire pour s’y évanouir. Des images de cadavres dans un sillage abscons, une collision importune dans la dérive des sens. Les gens me frôlent et je déteste ça. Dans la rue, il y a un univers qui se déploie, au milieu de la foule, les pensées se déphasent, les exigences sont autres, entièrement tournées sur soi, parce que la rythmique est égoïste, rentrée, sous la peau qui frémit des outrages répétés des passants. Un pas, puis l’autre, le bruit au dehors, le bruit au dedans, la disharmonie propre à ces échappatoires que l’on crève de destiner à un jour qui ne semble jamais pouvoir se lever. C’est un lendemain. L’aube ou le crépuscule. Des impressions diffuses qui confinent au néant. Je n’ai pas véritablement de destination, comme bien souvent, je marche pour mieux songer, pour mieux m’imprégner de l’atmosphère que les autres souillent, avec leurs idéaux décomposés et leurs allures déterminées. Pour eux, aller quelque part c’est comme déjouer l’inéluctable, faire vibrer un libre arbitre illusoire qu’ils croient pourtant détenir dans ces objectifs qu’ils se donnent, ces obligations auxquelles ils obéissent. Destinations convenues pour dénouements érodés. Non c’est définitivement le crépuscule. Il y a une saveur dans l’air. Et les rires. Ces rires extatiques et compassés, que l’on réserve aux sorties entre amis. J’ai un soupir, un long soupir, tandis que j’exhale la fumée de ma clope, je songe à l’ange déchu, et puis à son ascendance, ces autres corps découverts dans les entrailles des archives de la police, dans des recherches dictées par l’insomnie ou bien l’apathie de journées trop longues. L’identité nous est revenue, la pute aux ailes d’ange à un nom, un nom pitoyable, un nom inepte, pour une personnalité bientôt oubliée. Elle s’appelle Kate. Kate Morse. Elle vient du Dakota. Et elle est arrivée jusqu’ici pour crever à New-York. Dans la sphère de tous ces égoïstes qui ne savent pas qui elle est. Qui ne sauront jamais ce qu’elle n’a pas pu devenir. Kate est morte. Fin de l’histoire. Dégradée dans sa chair, avilie par la lame d’un boucher. Kate est morte dans une posture de martyr. Il y a des cheveux noirs, qui volent au vent. Et un parfum, bien identifié. Des cheveux noirs, une silhouette agile, et ce putain de parfum, que je reconnais. Je sais. Je ne sais pas qui elle est, mais je sais que c’est elle. Celle qui s’est insinuée dans l’existence, il y a maintenant un mois, qui est venue prendre ce qui ne lui était pas destiné. Je l’ai laissée commettre son larcin, je l’ai pourtant regardée, je lui ai pourtant murmuré sur l’instant : “Je viendrai reprendre ce qui m’appartient.” Un éclat métallique, une moue narquoise, puis plus rien. Elle a subtilisé le zippo en argent que j’utilise, ce témoin d’un passé devenu absent, que j’aurais dû balancer dans l’Hudson pour ne plus y songer. Il y a ses initiales, juste en dessous. H.C. Parce qu’elle me l’a offert, pour la fête des pères. Et que quand il a fallu tout abandonner, son corps et puis la mémoire d’elle, et puis les impressions et ses affaires, je n’ai pas pu… Je n’ai pas pu aller jusqu’à la profaner davantage en balançant le présent aux oubliettes. Alors cette fille, cette gamine qui s’est crue maligne, qui a arraché ce qui ne devrait pas glisser entre ses doigts graciles, oui, je ne l’ai pas oubliée. Je n’ai pourtant pas songé à elle plus que cela, depuis que nos corps se sont entrechoqués, depuis le début des hostilités. J’ai gravé son visage, parce que je me souviens toujours des visages, et puis je l’ai laissée rejoindre un autre oubli, quelque part persuadé que la frivolité des destinées nous remettrait peut-être face à face. Et c’est aujourd’hui. Au crépuscule des songes. Dans l’atmosphère enfiévrée d’un jour qui est demeuré gris, et qui se referme lentement. C’est aujourd’hui, c’est son odeur, et ses cheveux noirs. Et peut-être la même arrogance sur le visage. Je ne réfléchis pas, je saisis son poignet, au moment où nous nous croisons, il n’y a ni brutalité ni douceur, c’est un entre-deux qui ébranle les convictions de cette solitude acharnée. Parce que ça ne devrait pas être important. Parce que ce zippo en argent, elle devrait le garder. Je devrais faire un deuil que toutefois je n’ai jamais su entièrement consommer. Mes iris l’interrogent une seule seconde, le temps qu’elle comprenne qui l’a ainsi arrêtée dans ses déambulations. J’ajoute sur le même ton que lors de notre première rencontre :
_ Comme quoi, je ne m’étais pas trompé. Je t’avais dit que je viendrai reprendre ce que tu as volé.
La menace ne sourde pas dans le ton, il n’y a ni amusement, ni complicité. Peut-être un intérêt pour l’accident et le hasard. Peut-être une aigreur aussi, de ne pouvoir accuser la fatalité. Si je ne l’avais jamais recroisée, alors les initiales d’Hannah seraient restées en sommeil. En sommeil. Je ne la lâche pas, dans le flot de ce monde qui ne s’arrête pas, qui ne s’arrête plus. J’ajoute doucement :
_ Ca peut s’arrêter là, ici. Maintenant. Tu me files ce que tu me dois, et alors on retourne à notre placide anonymat. C’est toi qui vois.
Une lueur d’intérêt. Et de défi sans doute. De défiance aussi. Les gens me frôlent et je déteste ça. Elle m’a frôlé elle aussi, ce jour-là. Un contact interdit et pourtant qui a gravé une impression indéchiffrable, quelque part, dans ma tête.
code by lizzou
Revenir en haut Aller en bas
Invité


avatar


Invité


(anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side Empty
MessageSujet: Re: (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side   (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side EmptyLun 27 Mai - 11:07

Lazaridis.
Le patronyme claque sous son palais. Sa voix est rauque, brisée par l’impatience. Face à ce mur de photographies, d’indices et d’écritures feutrées, Théa perd pieds. Les yeux cernés de la fatigue qui s’installe et ronge sa chaire. L’échine qui se glace à chaque pensée macabre. De nouvelles informations. Le patronyme grec venu teinter les feuilles maculées d’une encre sombre. Le cartel grec au cœur du sang qui a coulé. Un clan prêt à tout pour dominer le trafic d’armes. Une communion funeste entre cette famille et elle. Sans le vouloir. Le hasard. La cause des maux. La cause de cette détonation qui fait écho à chaque fois que ses paupières se scellent.
Bang bang. Et sa silhouette d'enfant sursaute. Les perles de sueur venant damner l’insolence sur son front. L’irrégularité des battements cardiaques créant le trouble. Les muscles qui s’atrophient. Ses phalanges qui étreignent les draps. Le cri de surprise. La supplication incessante.
Le même cauchemar. Le même mirage sanglant.
Théa, pantin maladroit de ses démons qui fleurissent dans les ténèbres. La soif de l'oubli qui ravage le goût sucré de ses pulpes rosées. Le goût du sang qui coagule et se bloque au fond de sa gorge. Les liens s’opèrent. Les pièces du puzzle s’assemblent. La violence au cœur du drame. Mauvais endroit, mauvais moment. Et pourtant, la gamine ne peut plus reculer. L’engrenage lancé. La marche arrière impossible. Lazaridis, maintenant, elle aussi.
Les mensonges victorieux qui deviennent le vice d’une existence bafouée.
Ses phalanges tremblantes qui effleurent les photographies. Là où le visage des hommes du clan viennent se dessiner. Qui es-tu fillette ? (…)
Les notes de musique font écho. La mélodie devient incessante au creux de son oreille. Elle se greffe au bruit de ses baskets qui frottent sur le bitume. La couleur porcelaine de ses jambes mise en valeur par le tissu cendré qui épouse ses formes. Les courbes de la sirène soigneusement mises en avant pour faire dominer la luxure étrangement candide. Ses cils rehaussés et son regard de biche attirant les envies des hommes présents. Comme ses lèvres charnues teintées d'un rose naturel qu’elle prend un malin plaisir à mordiller. Elle s’avance au travers de la foule présente.
Théa a le cœur qui se noie dans sa douleur et la nausée qui dévore sa trachée.
Et son regard se détourne pour remarque au loin sa présence. Les mêmes traits particuliers. Le même charme au bord des lèvres. Ce regard noir qu’il verse à certains passants. Le costume l’aidant à se fondre dans le décor. Un souvenir et son cœur s’emballe. Le hasard revient. Il serre sa gorge. Les maux deviennent cruels. Une violence qui se mêle à la soif du sang qu’elle veut voir couler.
Comme le sien qui dévale sur le bitume.
Comme cette hémorragie au cœur, à l’âme.
Alors les secondes semblent des minutes. Il l'attrape d'une poigne ferme. Son visage de poupée devient le refuge d’une tentation exquise. La corde raide qui cède et qui devient miettes. Les ravages du pire. La disparition du mieux. Comme quoi, je ne m’étais pas trompé. Je t’avais dit que je viendrai reprendre ce que tu as volé. Le regard brillant de cette lueur nommée curiosité. La poitrine qui déborde d’émotions alors qu’elle s’imbibe de chaque mouvement. Ceux qui détonnent et remuent le creux de sa cage thoracique. Ceux qui font saigner parce que respirer devient douloureux. Respirer rappelle le pire. Les suffocations et le sang qui perle au creux de sa bouche. Le silence en réponse. Une léthargie qui ne s’efface pas. Ça peut s’arrêter là, ici. Maintenant. Tu me files ce que tu me dois, et alors on retourne à notre placide anonymat. C’est toi qui vois. Alors Théa porte son plus beau masque. Celui de cette gamine. A la fois sirène tentatrice. Elle s’amuse du désir des hommes comme pour obtenir des confessions à l’arrachée. « t'le rendre ? » Et elle se met à sourire, à feindre un air faussement désolé. La malice venant ronger ses traits de poupée. « autre alternative, j'peux crier au viol là ici même devant tout le monde si t'me lâches pas. », les lippes qui s'étirent, elle s'amuse la fillette.

@Iskandar Cohle (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side 3227196488
Revenir en haut Aller en bas
Invité


avatar


Invité


(anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side Empty
MessageSujet: Re: (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side   (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side EmptyMar 28 Mai - 19:48

Crowded with bitter faces, the wounds in palm and side × ft. ANTHEA & ISKANDAR

Ce sont deux jambes nues sous le tissu de la robe, deux jambes qui courent quelque part où on ne l'attend pas. Ces entités qui brûlent le bitume de ces aspirations contraires, quand la jeunesse affleure et qu'il faut composer avec la brutalité d'un monde qui cherche à la mordre pour la corrompre. Les allures d'une enfant quand le temps a amorcé ses blessures, sous les yeux, un regard délavé par des instincts brutaux, sur le cœur devenu lourd d'une déraison amère. Les allures d'une enfant qui rencontrent la femme, en devenir, dans les ondulations de ce corps qui cherche à offrir de lui plus qu'il ne le devrait sans doute, jamais suffisamment pourtant pour les inspirations éternelles que l'adolescence abandonne dans la chair d'adulte. La candeur d'un regard qui s'échange, avant que la teinte qui s'y niche n'y dévoie toutes les intentions les plus pures. Dans ses iris. Dans ses iris, le basculement d'un songe évanescent, la brûlure d'une douleur que je ne parviens pas à distinguer avant qu'elle ne se maquille, avant que les faux semblants ne viennent nous faire ombrage. C'est un instant. C'est une seconde. Où l'être et l'essence pourraient s'offrir dans le désarmement le plus trivial qui soit. Mais tout se claquemure et tout se noie. Les sursauts de sa curiosité ne font écho qu'à mes allures désabusées. Pourtant, les prémices d'une impression qui s'attarde, dans le souffle plus resserré et dans ce geste qui interdit toute échappatoire. Et l'effronterie de ses premiers silences, avant que les expressions deviennent poison et que ses saveurs ne se glissent sous la peau qui réagit d'un délicat frisson. Le sourire est vipérin, opposition de façade pour des airs de gamine qui aiguise les armes qu'elle comprend être siennes. Les pointes d'acier que l'on fusèle pour mieux les enfoncer. Dans le désir et dans les pensées. Je décompose ses atours pour mieux m'en prémunir, il y a tant de détachement sur mes traits. L'érosion de tous les instincts pour les laisser là, arrêtés quelque part, sur un chemin qui ne peut se dénouer. Je la regarde pourtant, je la regarde encore. Et surtout ma main demeure autour de son poignet, des fers pour mieux m'y raccrocher. Je devrais la lâcher. La lâcher dans la précipitation de ceux qui craignent de s'être brûlé. Je devrais la lâcher et la regarder disparaître dans la foule. Évanouir le parfum pour oublier son expression. Mutine créature qui sait si bien déjouer les exigences. Qu'est-ce qu'un briquet au final. Un objet sans valeur où des souvenirs se greffent pour mieux me torturer. Mes doigts serrent plus fort tandis que mon visage demeure inexpressif, un contraste incertain, une oscillation improbable, comme l'onde qui se froisse. Je murmure avec une certaine morgue :
_ C'est quoi ? Une proposition ?
Je penche la tête sur le côté et ne me gêne nullement pour laisser dériver mon regard froid sur les lignes de son corps, celles qu'elle exhibe et celles qu'elle planque, dans la genèse de son identité.  
_ Je te dirais bien, gamine, de hurler, de te débattre, de voir jusqu'où tes élans théâtraux peuvent t'emmener…
Un blâme de plus dans mon dossier pour une si jolie scène. Je ne suis plus à ça près. Surtout que l'immunité dont je me pare lui est indéchiffrable. Elle aurait pu frôler ce jour-là, le holster ou l'arme de service, mais elle n'a fait que prendre ce qui était là, à portée, dans la poche de ma veste. J'ai un sourire très sec, une sorte de cruauté sur les lèvres qui contraste avec la placidité de mon regard :
_ Ça ne t'a pas dérangée, la première fois, de t'immiscer, de t'inviter sans qu'on ne te sollicite. Vois ça comme une rétribution. Tout a un prix n'est-ce-pas ? Tu aurais pu payer plus cher que ça, estimes-toi heureuse.
Mais toutefois j'abandonne son contact, avec moins de manière encore que mes instincts m'ont amené à l'arrêter au vol. Comme si je la dédaignais. Je me penche sur sa silhouette malingre. Si longiligne, si petite. Indigente créature qui vient déranger les élans détachés et la conscience exsangue. Je tire sur le filtre de la clope tout en l'observant avec une once d'intérêt qui éclate, comme ça, dans la clarté de mes prunelles.
Même si c'est tentant je crois que tu n'as pas la carrure pour affronter le hasard, petite. Tu devrais passer ton chemin.
Je devrais me barrer, la planter là. Cracher à la gueule du hasard et lui laisser pour tout héritage un morceau de métal aux initiales déchues. Une trace de mon passage dans son existence. Mais je reste devant elle, à la sonder dans les humeurs de la rue qui basculent dans le noir de la nuit, pour mieux me persuader. Que les hasards n'existent pas.
code by lizzou


@anthéa lazaridis (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side 1252774950
Revenir en haut Aller en bas
Invité


avatar


Invité


(anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side Empty
MessageSujet: Re: (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side   (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side EmptyMer 5 Juin - 17:50

Les phalanges qui se contorsionnent. Les idées qui s’emballent.
L’impression d’être en retrait de tout. En marge du monde qui l’entoure mais qui ne tourne pas rond. En exil des sentiments qui se greffent sur le palpitant mais qu’elle ne contrôle pas. L’aveu qui peine à se précipiter hors des lèvres. L’aveu qui ne franchit pas la dernière barrière. Par peur de souiller l'innocence. Par peur de l’entacher et de l’envoyer aux enfers. Comme l’écho des flammes. Comme l’écho des erreurs. Pauvre fillette sans ambition. La soif de liberté goûtée d’une brise dans la gueule. La main serrée sur son poignet comme dernière communion. Pas une once de réflexion. Les idées fustigées vers un lendemain différent. La sale gitane pour quitter les terres de cendres. Celles qui n’ont jamais été les siennes. Celles qui n’ont fait qu’esquinter le palpitant. Autant que les idées.
C'est quoi ? Une proposition ? Pulsions trop ardentes. Pulsions trop puissantes là dans le creux de la poitrine.
L’envie de s'enfuir. L’envie de porter un masque même pour quelques heures. L’envie d’être comme les autres. Ceux qui se fondent dans la masse et qu’on ne remarque pas. Ceux qui installent l’accalmie quand l’enfer rôde de trop près. Théa droite face à l’homme. Les godasses traînant sur le sol ; comme les yeux sur les établis. Elle hausse les épaules la gamine. Je te dirais bien, gamine, de hurler, de te débattre, de voir jusqu'où tes élans théâtraux peuvent t'emmener… Elle feint un sourire. La gêne pourtant palpable. Ça ne t'a pas dérangée, la première fois, de t'immiscer, de t'inviter sans qu'on ne te sollicite. Vois ça comme une rétribution. Tout a un prix n'est-ce-pas ? Tu aurais pu payer plus cher que ça, estimes-toi heureuse. La nonchalance surplombée par l’azur. Le rictus pour étreinte des lippes. Même si c'est tentant je crois que tu n'as pas la carrure pour affronter le hasard, petite. Tu devrais passer ton chemin.
L’effluve de son parfum vient défier ses sens. L’éveil brutal de la sensualité qui ondule autour de leurs silhouettes. Ces regards qui se captent et s’embrasent. Le monde qui s’arrête de tourner. Les autres qui deviennent des invisibles. « Plus cher ? Pour cette babiole ? T'plaisantes j'espère ? » Théa qui porte le masque de la luxure inconsciente. Cet appel du bout des lèvres. Celles qui remuent, effrontées de leurs envies, effrontées de leurs mensonges. Le sourire d’un ange qui attire les démons. Le sourire brûlant de cette amertume. Un corps à corps avec le passé. Un esprit emprisonné par les peurs viscérales.
Les démons rôdent. Les monstres observent.
Ils sont partout. Même là où les rêves sont autorisés.
Les songes qui deviennent un tableau dramatique tapissé de cendres.
« Le risque n'en valait pas la chandelle. » Les mots saisissent l’instant. L’accent sévère arrache un sourire forcé chez Théa. Elle observe son nouveau pion. Son eldorado dans cette quête de jeu constant. Le roi de cœur qui n’a pas idée de ce qui se trame. Et il l’attire dans ses filets. Là où la brise fait ravage sur son échine frissonnante. Cette proximité tordue et volontaire. Les secondes qui deviennent des minutes. Le temps prend un goût d’éternel. Elle détaille tout chez lui. Les mèches ébènes de sa chevelure. Ses traits marqués par les années. Sa bouche fine et délicate qui s’étire dans des convenances pitoyables. Son costume à l’allure parfaite qui marque la robustesse de son corps. Cette stature qui le rend si fort sous les apparences qui font rage. Et cette voix. Ce son rauque et étranger qui dévore le creux de son ventre. Les paupières prêtes à se sceller pour revivre son enfer.
Les paupières prêtes à se sceller pour saisir les souvenirs. « Du coup, j'te le rends. » Elle se saisit de sa main pour lui rendre. Elle esquisse un sourire en reculant contre la rambarde de fer. Ses phalanges graciles s’y accrochent. L’espoir de réponses narguant son regard curieux. La séduction devenant l’impératrice des lieux. La gamine a compris comment ça fonctionne avec eux. Les femmes trophées qui s’exilent au bras des hommes . Ceux qui abusent de leurs statuts pour les salir, pour souiller les draps, réclamer des gémissements et marquer leur peau.
Ceux qui lorgnent sur sa chute de rein en espérant y faire danser le bout de leurs doigts. 
Ceux qui exigent, croient recevoir et se voient déçus avant l’heure.
« Anthéa. Je m'appelle Anthéa. » Et je ne crierais pas.

@Iskandar Cohle  (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side 2781936883
Revenir en haut Aller en bas
Invité


avatar


Invité


(anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side Empty
MessageSujet: Re: (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side   (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side EmptyLun 10 Juin - 17:51

Crowded with bitter faces, the wounds in palm and side × ft. ANTHEA & ISKANDAR

Le tempo. Le tempo qui s’emballe. Sur le fil de ces hésitations noirâtres, il y a la chute et toutes ses déraisons. Le tempo qui s’emballe, qui se froisse, s’atténue une seule seconde pour mieux se précipiter dans le souffle qui ponctue cette drôle de rencontre. Il y a de ces pourquoi que le hasard utilise et abuse. Pernicieuses questions que l’on love dans des oeillades sentencieuses. Pourquoi. Pourquoi. Pourquoi es-tu encore là ? Pourquoi s’attarder sur la route agonisante d’un destin en souffrance ? Pourquoi ne pas céder, à ces instincts de fuite qui accablent tes yeux ? Le tempo. Le tempo dans ma tempe. Et sous ta peau, dans tes veines, dans ton coeur de gamine. Dans ton corps d’enfant. Hésitation nébuleuse pour factice assurance. Elle s’improvise créature bravache. C’est l’orgueil de ceux que l’on accule pour mieux les deviner. Son sourire est bancal, il sombre. Sombre. Dans ses yeux aussi clairs qu’une nuit onirique. Il y a cette peur qui se planque, qui quelque part me rend des armes que j’avais oublié depuis longtemps manier. Une fureur qui sourde dans des mots virulents, quand je choisis souvent, toujours, les évasions faciles de ceux qui demeurent à la marge. Mais à la marge, elle demeure, avec moi, tandis que le flot des passants continuent de s’évanouir dans d’autres imaginaires que le nôtre. Ils deviennent un décor lointain, quand les mots tonnent, leurs conversations se distillent pour mieux se laisser oublier. J’ai l’impression qu’elle pourrait faire de même. S’évanouir, disparaître. Pour ne plus exister. J’imagine qu’elle en conçoit l’envie avec une passion furieuse. L’absence de tout contact la rend à des contours indistincts, imparfaits. Portée par des imaginaires que j’aimerais ensevelir, pour mieux m’en départir. Pourquoi. Pourquoi. Pourquoi. Le tempo continue, insatiable sensation qui s’éprend de l’abandon des chairs. Les prunelles qui se fichent, les siennes, les miennes, un appel létal qu’on cherche à déguiser. Un appel qui prend les atours d’un rejet. Pourquoi. Pourquoi. Pourquoi. Pourquoi ne cries-tu pas ? Prends tes jambes à ton cou et disparais de cette scène morbide que je foule chaque jour. Et les nuits plus encore. Plus encore. La querelle se resserre, je crois avoir oublié une trop longue seconde l’objet du différend. L’orgueilleuse nature qui brûle d’une toute autre tourmente, c’est cette ligne que je suis, que je perce, que je cajole peut-être, en apposant mes iris très froides sur l’innocence fantasque. Il y a quelque chose au-dessous, qui feule, qui nargue, qui mord. Qui pourrait ensevelir, et la fierté, et les élans très mortifères, d’une course sans but. D’une vie sans sursaut. D’une condamnation qui chante son échéance, dans le tempo malingre, qui continue de nous relier. Le rejet est duel, elle me l’oppose enfin, mais choisit malgré tout de s’attarder encore. J’esquisse un souffle plus méprisant que les autres, la hargne dessine la fumée de la clope.
_ Tout dépend ce qu’on a à perdre.
Lorsqu’il ne reste plus rien, le risque se morcèle et devient une constante que l’on ne compte pas. La déflagration dans ma tête attise les souvenirs, et le monde qui sombre dans les yeux de l’inconnue, appelle des échos qui raidissent ma posture. Ce costume impeccable, que je continue de porter, comme pour m’échapper d’une représentation insupportable. L’oubli ne parvient pas à sceller, les mensonges et le feint détachement avec lequel j’ai témoigné à mon propre jugement. Commission d’enquête. Pour les agents devenus indociles. Les convaincre de l’inacceptable pour qu’ils me laissent en paix… Risible diatribe qui abandonne une amertume sur ma langue, amertume que j’ai tant l’envie de déposer sur ses agissements de naïade indomptée. La proximité devient entêtante, il y a eu un pas, de plus, de sa part, de la mienne, je ne sais pas. Une menace inconsciente. Je la surprends qui m’observe pour mieux m’écarteler. Je ne me dérobe pas à cette intimité déplacée qui noue deux étrangers sur le bord d’une route emplie d’incertitude. La chute me désarçonne. Je l’imaginais me planter enfin pour mieux se départir du lien qui me dérange, m’indispose. M’enivre aussi, je le sais bien. Le contact fugace, puis la froideur du métal. Une sensation qui dévale mon visage. Sensation indescriptible. Par instinct, mon pouce caresse les initiales, les reconnaît immédiatement. La peine transite dans mes iris assombris. Je ne la remercie pas mais ma curiosité s’étend sur ses allures de poseuse, qui prend ses aises tout en face de moi. Je garde le zippo dans ma main, l’enferme, le soupèse. Un poids mort. Mort. J’en profite pour desserrer ma cravate, un accessoire devenu encombrant. Mes paupières se plissent, il y a un intérêt notable qui se resserre sur sa jolie personne. Je viens m’adosser à ses côtés, sans un mot, un choix que je ne m’explique pas, que je dédaigne tout aussitôt qu’il explose dans ma tête. Irrésolu des sens. Le mégot rejoint l’asphalte, y crève en grésillant. Je sors mon paquet de clopes et la flamme embrase une seconde Morley. Je lui tends le paquet :
_ T’en veux une ?
Le jeu dangereux oublie toutes les règles lorsque son prénom s’infiltre dans mon esprit. Anthéa. Prénom mythologique pour des songes très impies.
_ Un nom grec…
Ça n’est pas une question. J’inspire, la fumée qui brûle la gorge et les poumons, tout en sondant le ciel trop noir. Absence d’étoiles pour tout tombeau. Où elle s’attarde avec moi.
_ Anthéa tu devrais pas être là. Tu t’égares.
Même si tu ne cries pas. Comptine indicible, dans une trêve indistincte. Qu’est-ce que tu fous là ? Qu’est-ce que je fous avec toi ? Avec toi. Mes yeux lui reviennent, cherchent ces lueurs de l’enfance pour me rappeler ma place. Pour lui rendre la sienne. Mais ses attraits n'ont plus rien d'enfantins.
_ Moi, c’est Iskandar.
Et je m’égare aussi.
_ Et le briquet, il représente quelque chose.
Alors merci. Mais le mot s’interdit, et s’oublie dans ma gorge. Parce que ces civilités là sont étrangères à l’univers qui sombre dans le tombeau des sens.
code by lizzou


@anthéa lazaridis (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side 3794924939
Revenir en haut Aller en bas
Invité


avatar


Invité


(anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side Empty
MessageSujet: Re: (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side   (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side EmptyMar 25 Juin - 8:55

Théa joue. Théa attise. Elle se rapproche de lui, la tête inclinée dans un geste ravageur. Sa chevelure qui devient vaporeuse et épouse les mouvements de la brise. Ses joues qui sont rosies par la température extérieure. Et ses doigts qui frôlent avec charme les siens. Un simple contact qui se veut furtif. Qui s’abandonne aux envies, au besoin vital de comprendre, de démasquer. T’en veux une ? Elle avale un bonbon acidulé. La sucrerie pétillant humidifie ses lèvres charnues et sa langue recueille chaque perle. Le geste est brûlant. Une ode à la beauté. À la sensualité et à l’envie qui se dégage. Celle que Théa fait miroiter de son attitude provocante. Une attitude tellement loin de la réalité. Parce que son monde fonctionne à l’envers. Il est comme ce château de carte qui s’écroule. Comme ce cœur qui saigne. Comme le bitume qui s’effrite. Comme les corps qui s’abîment dans une lutte perpétuelle. « Oh non, je ne fume que quand j’y suis obligée. »
Elle se permet. La poupée s’approche encore. À l’instant propice où leurs corps se frôlent. À l’instant inouï où leurs souffles se croisent, venant former une symphonie luxuriante. Comme l’univers qui tourne autour d’eux et paraît si paisible. Elle pose ses mains sur ses épaules viriles et ouvre sa veste de costume. Théa dans une insolence pleine de vie observe l’accoutrement du monsieur. L’odeur qui marque sa peau. Les effluves qui narguent son odorat. Cette impression de le côtoyer de si près sans même le connaître. Elle humecte ses pulpes et vient la mordiller de ses canines carnassières. La chaleur qui regagne son corps. Un flic.
« Anthéa. Je m'appelle Anthéa. »
Identité inventée et semée de sa voix romantique.
Et le regard qui se perd vers le sien.
L’appât dans les filets.
Un nom grec … Anthéa tu devrais pas être là. Tu t’égares. L’odeur boisée bouleverse ses sens et lui fait tourner la tête. Les yeux embués par la soif de connaître. Les yeux ternis par les songes de cendres. Elle l’observe. Elle devient son pantin en suivant ses mouvements. Comédie grotesque qui s’offre sur un tapis de curiosité étrange. « J’suis pas grecque, ni perdue. » Théa ment. Une spirale infernale dont elle ne se détourne plus. L’arrière-goût du sang coagulé sur ses lèvres. Les supplications qui ne sont qu’une chronique amère. Et ce visage inconnu. Cette zone d’ombre qui vient la terrifier chaque nuit. La même scène qui se dessine sous l’alerte des battements cardiaques. La sueur sur son front. Les larmes invisibles qui raclent ses cils. Elle hurle. Elle appelle à l’aide. Elle voit ces traits qui s’éloignent. Le monstre féroce qui vient la ronger depuis des mois disparaît.
Le rire diabolique reste.
La peur domine. La tarentule gagne.
Elle n’a pas d’autres choix la gamine. Elle n’y arrive pas. Passer à autre chose. Oublier le drame. C’est comme un chapitre sans fin. Un bouleversement qui ne fait que s’assombrir à chaque seconde passée. Les noms qui se mêlent au sang qui coule. Les détonations en écho des enfers. Moi, c’est Iskandar. Et le briquet, il représente quelque chose. Elle veut savoir. Son identité exacte. Son rapport avec le monde. Les raisons de sa présence. S’il se plaît dans ce monde où la violence est une habitude. S’il aime les actions qui bafouent les âmes. Qui nécrosent les cœurs. « Iskandar, c’pas grec ça. Et ton nom ? Y ont toujours des noms bizarres les flics. » Curiosité enfantine. Son regard de biche qui charme le sien sous l’étincelle prononcée des étoiles qui brillent. Le ciel parsemé de ces reines en témoin du désastre qui né. La proximité se fait troublante. Les souffles qui s’enlacent. Elle humidifie ses lèvres pulpées en frôlant sa main. Le contact charnel. Les ondulations de la sensualité qui gravitent. « Et il représente quoi le briquet ? » L’imaginaire défie les cœurs. Ceux qui sont sombres. Ceux qui ne battent plus qu’au détour de la hargne. La brune observatrice de chaque détail. Il a les traits du visage tirés. Le sordide qui prend forme dans son imaginaire. L’idée d’une bagarre, d’un trafic qui a mal tourné. De toute cette violence qui s’élance au milieu de l’univers.
Elle l’observe de ses yeux brillants.
Elle se l’imagine une arme à la main.
Le sang qui coule et les cris qui résonnent.

@Iskandar Cohle  (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side 3227196488  
Revenir en haut Aller en bas
Invité


avatar


Invité


(anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side Empty
MessageSujet: Re: (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side   (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side EmptyMer 3 Juil - 14:17

Crowded with bitter faces, the wounds in palm and side × ft. ANTHEA & ISKANDAR

Sa langue sur ses putains de lèvres. Indécence et conscience, mêlées dans un cocktail des plus tapageurs. Les prunelles sombres dérivent, suivent la pulpe de sa bouche, déjouent les mots qui en sortent. C’est une seconde où l’égarement se veut conjecture, où il y a elle, où il y a moi, où il y a quelque chose entre les deux. Indicible parjure. Langage oublié, prostré dans le noir. La flamme du zippo qui remue les cendres et ranime les braises. Les entités se désincarnent pour exister dans la furtivité, fureur d’un désir qui se lit dans les yeux puis disparaît tout aussitôt. Il a rejoint les limbes où il voue une guerre homérique à l’abattement le plus ancestral. A chaque fois que le vent glisse dans ses cheveux, ce sont des notes entêtantes qui reviennent dans l’air. La provocation est réelle, mais ce qu’elle sous-tend devient nébuleux. J’ai l’habitude des filles comme ça, on décompte tant d’oeillades qui cherchent à mieux dissimuler les fêlures au-dedans. Les maux qui s’en échappent sont indescriptibles, mais l’on conteste l’austérité d’un flic par ces artifices-là. Ca ne marche jamais avec moi, car je regarde, je regarde et je vois… L’envers d’un décor soyeux qui constitue la trame prompte à se déchirer. Je me demande de quelles déchirures elle se voit constituée. Anthéa. Avec sa sensualité de femme et son assurance de petite fille. Je me demande comment elle tremblerait. Si elle tremblerait même, rien qu’à l’idée de heurter l’existence de celui qu’elle cherche à destituer. Il n’y a pourtant plus de royaume ma belle, il n’y a plus d’étendues solaires où régner. Tes feux s’appuient sur le néant, et il les boit pour mieux les étouffer. Et les feux mal couverts n’en éclatent que mieux. Poésie pour sa personnalité changeante, à l’altérité étrange. Étrangère. Sa réplique esquisse un sourire au coin de ma bouche :
_ Parce qu’on te force à quelque chose, toi ?
Tu fais semblant. Tu fais semblant, mais on ne te force pas. Frôlement. Peau, tissu, l’espace corrèle et se referme autour de nos deux silhouettes. Conciliabules en pointillés, au bord d’un chemin déserté. La ville pourrait peut-être s’écrouler, je crois que je chercherais encore les raisons qui la portent jusqu’à moi. Dans le néant, sur le royaume décharné et abandonné, il y a son parfum, et la sensation intolérable d’être en paix. En paix. Une fantaisie de plus, que je la laisse improviser. Bientôt, du mouvement, une foutue symphonie qui suffoque un petit peu, pour mieux rugir quelque part dans le lointain de ces espaces abandonnés. Je ne bouge pas, je reste là, à consentir, à concevoir, que sa présence me marque. L’intime qui fait un pas de plus sans même trébucher, mes lèvres se plissent autour du filtre, comme si je désapprouvais. Je grogne :
_ Fais comme chez toi surtout.
Elle découvre, la maigreur et puis aussi, les oripeaux d’un pouvoir en désuétude. Ouais. Un flic. Rien qu’un flic. Un flic et une fille qui danse. Iskandar et Anthéa. Deux noms pour deux solitudes. La suavité dans le timbre, le sourire qui s’évanouit pour murmurer la sentence. Mensonge. Joli mensonge. Ca n’a aucune importance. Je n’existe pas moi non plus. Mes phalanges viennent suivre la ligne de sa joue, caresse éphémère.
_ Sois qui tu veux. J’attends strictement rien.
Je t’attendais pas. Je t’ai jamais attendue. Et pourtant, te voilà. Je la regarde, il y a des mises en garde dans les iris. Un peu de peine aussi. Sois qui tu veux, Anthéa. Sois qui tu peux, surtout. On a pas tous ce loisir là. Mon pouce s’attarde un peu, juste sur sa lèvre inférieure, puis sur son menton, avant de relâcher son visage. Caresse éphémère pour liberté illusoire. C’est quoi qui t’enferme, hein, dans ta tête ? Dans ta jolie tête, il y a l’écho de toutes ces déchirures. Et la trame, la trame au-dessous. J’aimerais la voir, peut-être l’étreindre, quelques secondes de trop. La conversation se dénoue, le choix s’attarde.
_ C’est perse comme origine. Et mon nom, c’est juste Cohle. C’est pas perse, ni grec. C’est rien. Un nom ça n’est pas grand chose.
Et pourtant c’est tout. Tout ce qui nous cloisonne, tout ce qui nous détient. Elle est si proche désormais. Je ne la repousse pas, même si ma main demeure inerte lorsqu’elle la convoite. Inertie qui craquèle, comme si la toucher n’avait été qu’un songe. Un songe et une imprégnation. Quelques secondes. Rien de plus. Rien de moins. Je n’existe pas. Et toi… Toi, non plus. Elle veut connaître, elle veut savoir, et au fond je n’ai rien à cacher. Le privilège de ceux qui refusent d’être déterminés. Par un nom, ou même par un devoir. Mais je joue un peu, rien qu’un peu. Un peu plus. Quitte à la frôler, autant que la danse se délie dans la stupeur des contre-temps :
_ Ça changerait quelque chose ? Ce que ça représente ? T’aurais eu des scrupules à le prendre ? À le rendre, peut-être…
Je penche la tête et l’observe, dans la pâleur de la nuit, tout en terminant avec patience ma cigarette.
_ C’est un cadeau. Un de ces cadeaux qu’on aimerait bien oublier. Mais on peut pas. Elle était brune aussi, celle qui me l’a donné.
Brune comme sa mère. Avec mes yeux à moi. Des yeux qui étaient clairs. Et qui savaient voir si loin. Si loin. Plus loin que la courbure de la terre. C’est ce que je lui disais. Il y a quoi, à l’horizon ? Il y a tout ce que tu peux rêver encore… Et tout ce que tu rêveras ensuite. Mais elle ne rêve plus. Elle ne rêve plus désormais.
_ Je me demande ce que tu saurais offrir, toi… Qu’on voudrait oublier.
Sans le pouvoir. Sans le vouloir vraiment. Parce que tu peux être qui tu veux avec moi, Anthéa, je n’attends rien. Rien qui puisse t’enfermer. Au milieu des ombres, dans la fureur de ces échos qui te suivent. Alors tu marches, tu marches, tu dérives. Tu t’égares toi aussi. Même si tu prétends le contraire. L’horizon est si loin. Et les rêves sont diffus... Ils s’éventrent, se déchirent, pour dessiner une guerre que l’on perd d’avance. Le passé qui tangue pour s’arrimer à ton nom. Et le scarifier dans l’errance. Une blessure de plus, que tu auras tout loisir d’oublier. Car nous ne sommes que cela. Un nom de passage, qui meurt et dont on ne se rappelle pas.
code by lizzou


@anthéa lazaridis (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side 3794924939
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé






(anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side Empty
MessageSujet: Re: (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side   (anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
(anthea) crowded with bitter faces, the wounds in palm and side
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
SAVE THE QUEENS :: versions #9 et #10 :: RPS-
Sauter vers: