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Lyes Skadden


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MessageSujet: BEAUTIFUL MESS ; bb.   BEAUTIFUL MESS ; bb. EmptyJeu 4 Avr - 2:10

une soirée d’trop.
l’genre d’soirée qu’aurait jamais dû avoir lieu. pas après ta discussion d’avec laure, pas après l’avoir convaincu d’être le seul à partager ses draps.
mais t’es égoïste, lyes. tu penses rien qu’à toi, qu’à tes feels. who cares si tu la blesses, en autant qu’ton égo, lui, demeure intact.
les promesses qui s’fanent, qui fonctionnent qu’dans un sens. mais tu t’dis qu’elle fait assurément la même chose d’son côté, qu’elle sort toujours, rencontre des mecs. c’est ça son kiffe, pas vrai ?
s’jouer d’toi autant qu’tu t’joues d’elle. y a pourtant un jour où l’jeu prendra fin, où tu t’retrouveras coincé contre l’mur avec un choix à faire.
t’assumes ou t’esquives ?
et tu t’rappelleras qu’l’amour c’est nocif. qu’l’amour c’est malsain, vicieux. qu’a rien d’positif à ça, d’être prisonnier d’ses sentiments.
et tu t’souviendras d’laure et d’son parfum. d’laure et d’son putain d’sourire qui t’fait serrer les poings. qu’a elle seule, elle arrive à t’enchaîner comme un sale clébard.
mais en attendant lyes, tu t’casses pas la tête. t’as même pas pris l’temps d’réfléchir avant d’prendre ton portable pour envoyer un sms à la blonde peroxydée qu’t’as rencontré au sexshop.
celle qui t’a promis une nuit déjanté et qu’t’as préféré abandonné sur l’parking du casino au lieu d’la ram’ner chez toi, au lieu d’faire comme t’as toujours fait.
et t’as encore c’goût dégueulasse d’la défaite d’incrusté sur la langue alors qu’c’est pourtant toi qu’a remporté la partie.
esclave d’tes sentiments, t’as envoyé valser tes envies pour une gosse de riche qui n’vaut même pas la peine qu’tu t’battes pour elle.
et il est là, ton échec, lyes ; celui d’être amoureux.
mais t’aimes bien t’dire qu’il n’est jamais trop tard, toi. qu’tout est possible si t’as suffisamment d’volonté. et, ce soir, t’as décidé d’enfin savourer pleinement ton succès à défaut d’l’avoir fait au casino.
une adresse et c’tout c’que t’avais d’besoin, lyes. avec quelques minutes au compteur qu’tu transformes en heure. parce qu’t’es pas l’genre de mec qu’on accueil avec des sourires, non. t’es plutôt l’bâtard qu’on a envie d’lacérer à coup d’griffes.
et tu t’plais dans c’rôle qu’tu t’es toi-même affligé. comme une putain d’barrière infranchissable pour toutes les putes de c’monde.
l’bohemian hall... t’sais même pas c’que s’est. y a qu’ton visage qui s’décompose quand tu r’marques qu’c’est dans l’même putain d’quartier où ta princesse habite.
et t’hésites.
une seconde, pas plus.
à t’rendre au lieu d’rendez-vous ou à escalader l’mur d’sa chambre.
mais tu t’résignes juste à temps, skadden. l’coup d’poing mental qui fait encore plus mal qu’tous ceux qu’tu t’es pris dans la gueule cette dernière année.
et t’entres enfin dans l’bâtiment. ambiance cosy à laquelle tu n’t’attendais pas vraiment. non parce que, bonnie, tu l’imagines plutôt dans une boîte trois fois trop cher pour elle avec des lumières aux mille couleurs qui lui déforment ses faux airs raffinés.
et c’est là qu’tu t’dis qu’à forcément une couille dans l’pâté. pour quelle putain d’raison y a c’bar miteux en plein quartier huppé ?
on t’dévisage lorsqu’t’analyses les lieux comme un sale fouineur, l’dédain au bord des lèvres comme si t’avais l’porte-feuille garnis à souhait.
la vérité, c’est qu’ça t’rappelle la piaule minable d’tes vieux, celle dans laquelle t’as grandis et qu’tu pionces encore aujourd’hui.
tu n’mets pas trop d’temps à la r’pérer, la blonde du sexshop. celle qui s’fait d’jà accoster comme une putain d’prostitué qui fait l’trottoir. et tu t’dis qu’la nuit va être longue si tu dois d’jà marqué ton territoire.
l’soupir qui s’éclipse d’entre tes lippes, celui qu’accompagne trop bien l’rolling eyes qui démontre bien qu’t’en as d’jà marre.
mais tu t’fraies tout d’même un ch’min jusqu’à elle, bousculant quelques carcasses au passage.
tu m’dis si j’suis arrivé trop tard ? histoire qu’je vois si y a pas une autre meuf bonne dans c’bled pourris.
pas d’salut. ça s’rait mal t’connaître.
droit au but. parce qu’les politesses t’ont toujours fait chier.
et tu prends la seule place encore libre à ses côtés sans qu’elle t’invite à l’faire. t’as pas b’soin d’son autorisation, t’manière.
et vos r’gards qui s’croisent enfin, l’demi sourire effronté qui t’déchire aussitôt les lippes.
let’s play again.

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Betsi Braxton


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MessageSujet: Re: BEAUTIFUL MESS ; bb.   BEAUTIFUL MESS ; bb. EmptyJeu 13 Juin - 22:24

lytsi / beautiful mess /

Et t'attends, Betsi.
Quelque chose dont tu ignores tout.
Un shot d'adrénaline. Une secousse sismique dans ton p'tit univers. Un genre de séisme fulgurant à en briser le marbre de ta bulle ; à t'en donner envie de vivre encore trop fort jusqu'au jugement dernier.
T'attends comme on attend un train, fébrile, comme la gamine toujours trop près du bord du quai. Prête à ce que la vie te fauche.
Parce que tu veux mourir de vivre, Betsi - vivre à en crever.
Et c'est quand t'en as marre du sursis, de l'attente insoutenable qui ne savait jamais te tenir en haleine assez longtemps pour vivre enchaînée, que tu sors de ta cage. à la recherche de la proie ou de l'assaillant. à la recherche du gibier ou du vautour. à la recherche de qui tu savais parfait pour devenir convoitise sans jamais cesser de convoiter en retour.
c l y d e.
le bohemian hall
29-19 24th avenue
dans une demi-heure
je déteste les gens en retard

Tu les détestes autant que tu es hypocrite, à te jouer du temps à chaque instant pour te faire désirer. Autant que grimpe la fièvre de l'impatience jusqu'à en frémir dans tes tympans quand à nouveau tu attends. Détruits les grands plans déjà tirés sur la comète ; Clyde ne se languira pas de sa Bonnie. Bonnie dépourvue de toute bonhomie qui prend ses grands airs de princesse - à l'intérieur, déçue ; à contre coeur, déchue. (C'est pourtant pas faute d'avoir quitté ton luxe avec trente minutes de retard - mais plus rusé encore était le renard).
Putain de Clyde.
Les ongles parfaitement manucurés clapotent rageusement contre le vieux bois du comptoir presque assez tendre pour qu'ils puissent s'y planter et laisser derrière eux la marque indélébile de ton impatience. Et la déception. Et la vexation. Et l’ego blessé. Et tout ce qui bourgeonne au fond de tes tripes, déjà bouillonnantes de rancoeur. Contre lui. Contre l'attente. Contre les pluies diluviennes d'alcool dans le fond du gosier, brûlé à vif à chaque gorgée avalée - parce que trop de rage. T'as arrêté de compter les verres Betsi, pour que le temps cesse de défiler aussi.
Parce que princesse n'attend plus.
Et c'est quand princesse n'attend plus que le monde s'accélère.
C'est quand princesse n'attend plus que le monde se plie à ses exigences.
C'est quand princesse n'attend plus qu'il arrive enfin.
« tu m’dis si j’suis arrivé trop tard ? histoire qu’je vois si y a pas une autre meuf bonne dans c’bled pourri. » D'un coup de hanche leste, tu fais pivoter ton corps jusqu'à faire face à l'objet de cette interminable attente. « Pardon ? » Sourcils froncés, tu le toises avec une arrogance feinte (une fois n'est pas coutume). Et tu l'interroges du regard, princesse ; tu fais mine de ne pas le reconnaître alors que le souvenir de cette nuit suspendue ne t'avait laissé rien d'autre qu'un goût impérissable de "reviens-y". « Oh... ça me revient maintenant », tu lâches d'un air détaché en brandissant ton téléphone de manière à lui signifier que votre rendez-vous se rappelait enfin à ta mémoire. « Tellement de mecs et autant à oublier... » Tu mens comme tu respires bb, princesse de l'imposture éveillée tous les matins par les baisers de Judas - la Belle au bois dormant à la Braxton. Mais la vérité, c'est que t'as même arrêté d'écouter les baratins tu type à côté de toi (si tant est que tu t'y sois intéressée ne serait-ce qu'une seconde) dès lors que ton Clyde avait fait de ton espace le sien. « Loin de moi l'envie de te faire redescendre de ton petit nuage trop brutalement, mais perds pas ton temps à ça, chéri. Tu reviendras de toute façon. » L'impertinence ourle les lippes pulpeuses jusqu'à ce que s'y dessine un sourire aussi impudent que celui qu'il vient de te servir sans vergogne. Un sourire de charogne. Le sien, son éternel. Celui que tu calques adroitement comme pour tromper cette envie ineffable de lui sauter à la gorge - pas tout de suite, Betsi.
Pour l'heure, l'envie est aux caprices.
Alors, dans la plus grande discrétion, tu fais glisser ton verre encore plein le plus loin possible de toi, adresses un rictus dépourvu de compassion au type qui te l'avait généreusement offert et reportes toute ton attention sur ta nouvelle attraction. « Pour cet aimable conseil, tu me paies un verre ? » Haussement d'épaule et regard fugitif. La mine est détachée, se veut un brin enjôleuse - déjà. « Ou tu feints l'indifférence, je porte tes couilles et je casque pour nous deux. »
Ou c'est toi l'imposteur, Clyde.

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MessageSujet: Re: BEAUTIFUL MESS ; bb.   BEAUTIFUL MESS ; bb. EmptyMar 6 Aoû - 18:26

retardataire
jamais à l’heure, la ponctualité c’pas ton fort, même quand tu t’appliques
pas vu l’temps passer, les heures défilées
toujours une excuse bidon à donner quand on t’le r’proche, autrement t’dis rien, comme si c’tait habituel
perpétuel
notion du temps qu’t’as jamais eu, perdu dans tes pensées ou rien qu’occupé à piquer les passants et jouer au truand
probablement une des raisons pour laquelle on t’a foutu dehors p’is qu’tu t’retrouves sans job
heureusement l’savent pas qu’t’as volé pour plus d’deux mille dollars dans l’tiroir caisse c’te dernière année
autrement tu n’s’rais pas dans c’bar miteux, mais plutôt en train d’découvrir les joies du masochisme avec george, ton compagnon d’cellule qu’a dépecé ses mioches et sa connasse d’épouse
après la supérette et l’casino, t’sais d’jà qu’ton heure, il approche skadden
derrière les barreaux, l’épiderme garnis d’tatouages, y a pas d’autres options qu’s’offrent à toi s’tu poursuis sur c’te lancée
lyes, profession taulard
persuadé qu’a masse quinquagénaires qu’aimeraient bien s’farcir ton p’tit cul
c’ton destin gamin
mais en attendant, tu profites – pour l’peu qu’ça va durer
p’is quand t’as r’çu l’sms d’bonnie, t’as vraiment cru qu’ça pourrait être cool
p’is elle est là
ta première erreur d’la soirée

– oh... ça me revient maintenant. tellement de mecs et autant à oublier...

l’sourire qui s’transforme, un brin plus amer
« sympa de n’pas s’rapp’ler à quel type t’envoies une photo d’tes seins, connasse »
mais tu n’dis rien lyes
t’contentes d’détourner le r’gard comme s’elle avait rien dit – ou plutôt comme si t’avais rien entendu
la vérité c’est qu’t’as d’jà l’sang en effervescence skadden, les phalanges qui virent au blanc
pourtant conscient qu’c’exactement c’qu’elle veut, t’provoquer
obtenir une quelconque réaction d’ta part pour soulager son égo d’t’avoir attendu comme une débile
tu l’sais parce qu’laure est pareille
parce qu’toutes les femmes sont pareilles
rapide coup d’œil aux alentours pour confirmer tes songes
elles sont toutes en chasse, prêtes à dépouiller l’premier demeuré qu’osera exposer son porte-feuille
l’silence qui n’dure pas
d’jà les opales d’la blonde qu’tu percutes à nouveau p’is la pique qui déferle naturellement d’entre tes lippes

– perds pas ton temps à ça, chéri. tu reviendras de toute façon

rev’nir ?

l’sourcil qui s’arque
s’rait-ce une lueur d’défi qu’illumine ses iris ?
ou une confiance en elle démesurée ?
peu importe la réponse, t’aimes pas lyes
t’détestes qu’on t’pense acquis alors qu’t’es à deux doigts d’te barrer, littéralement
mais t’barrer pour quoi ?
r’joindre la princesse al khalir ? escalader son mur comme un putain d’roméo des temps modernes ? lui lécher ses talons haute couture dans l’espoir qu’un jour elle ose admettre qu’elle est amoureuse de toi ?
p’is après tout ça lyes, tu f’ras quoi ?
tu f’ras quoi quand elle choisira tes fringues ? quand elle décidera d’ton emploi du temps ? quand elle t’invitera dans les soirées mondaines qui t’donnent la gerbe rien qu’d’y penser ?
la
t a u l e
voilà l’unique solution

– tu me paies un verre ? ou tu feints l'indifférence, je porte tes couilles et je casque pour nous deux

encore s’coué d’sa précédente r’marque, bonnie elle t’enchaîne comme si t’étais rien d’autre qu’un dégénéré
p’is ça t’plait pas lyes
ça t’plait clairement pas
y a même c’foutu rire qui s’échappe, insulté
c’lui qui meurt aussi vite qu’le dégueulis d’mot qui submerge à présent la blonde

attend, quoi ? déjà, j’pas un clébard trésor. c’pas parce qu’tu m’appelles qu’j’vais débarquer en courrant pour r’monter ton estime à deux balles en complimentant ta tenue

tenue qui d’ailleurs lui va parfaitement bien
mais tu t’abstiens d’le préciser comme elle semble être capable d’se flatter elle-même

la seule raison pour laquelle j’suis là, c’parce qu’je m’f’sais chier, ok ?

p’is pour l’oublier un peu
elle
laure

p’is j’plus un rond t’façon. j’sais pas comment t’as fait pour n’pas dépenser tout l’fric du casino, mais d’mon côté m’reste plus rien

fauché
comme toujours
les billets qui s’sont vite envolés, fallait parier
pas l’sens des économies, ni d’la gestion d’un budget, même pas certain d’connaître la définition de c’mot t’façon
t’avais d’jà tout flambé à la s’conde où tes doigts s’sont emparés des liasses
après, fallait s’y en attendre. c’un peu comme donner un repas à un sdf – ou une bouteille d’alcool pour certains
t’as tout avalé
jusqu’à la dernière goutte
p’is maint’nant ça lui offre une autre bonne raison d’te r’garder de haut à bonnie
mais pas question d’laisser ça comme ça, pas question d’lui donner c’t’opportunité
elle qui n’connait rien d’toi, excepté ta fougue et ton tempérament incendiaire, les poings impulsifs jusqu’à la langue venimeuse
pas doué pour cacher qu’t’es rien qu’un p’tit con, mais suffisamment rusé pour bien jouer tes cartes
parce qu’t’es autre chose qu’un écervelé au comportement agressif lyes
t’es malin
p’is surtout, t’as un truc qu’ils semblent tous oublier
une fierté
i n d é l é b i l e

du coup, porte les couilles d’qui t’veux ici, mais moi j’pas d’bsoin d’ta charité. j’vais m’débrouiller

rien d’voir à personne, surtout pas à elle
t’as toujours fonctionné comme ça lyes, pas c’soir qu’ça va changer
lyes l’indépendant, l’indifférence qu’émane d’tous tes pores
plutôt crever qu’d’ramper à ses pieds
t’manière t’as l’habitude toi, incompris qui s’prend pour un gosse d’la street
c’te dernière qu’tu perçois davantage comme ta famille qu’n’importe quel skadden
même tes vieux tu n’leurs d’mandes pas d’blé
alors elle rêve la blonde si elle croit qu’elle peut t’ach’ter avec un verre au prix exorbitant
tu boirais l’eau sale des chiottes bien avant d’accepter quoi qu’ce soit d’sa part

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