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 but i still got jazz, when i've got those blues (hippoma)

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MessageSujet: but i still got jazz, when i've got those blues (hippoma)   but i still got jazz, when i've got those blues (hippoma) EmptyVen 28 Déc - 12:23

when i've got those blues.


La silhouette de l’ancien entrepôt se précisa de plus en plus, à chacun de ses pas, tandis qu’il bravait la tempête de neige qu’avait annoncée la mademoiselle météo ce matin même. Emmitouflé dans son long manteau noir, le jeune homme gardait la tête baissée, non par crainte mais par réflexe. Toute sa vie durant, il s’était déplacé dans sa ville natale avec la pudeur qui l’avait toujours caractérisé — yeux baissés, tête baissée, corps baissé — et, comme on aimait à le radoter à toutes les sauces, les mauvaises habitudes mouraient difficilement… ou quelque chose du genre. Ses pas s’arrêtèrent. Pour s’assurer qu’il était bien arrivé, il jeta un bref coup d’œil au numéro placardé sur la porte de l’ancien entrepôt, métamorphosé en salle d’exposition pour l’occasion expliquait le site Web du musée. On aurait pu froncer les sourcils devant tant de chichis, mais l’artiste français que le Queens recevait ce soir n’était pas n’importe qui, si on en jugeait par ses anciens travaux, tous acclamés sur la scène internationale. Autrement dit, il fallait faire les choses en grand pour lui faire honneur. Sans plus de manières, Hippolyte de Merteuil franchit les portes de l’établissement. Aussitôt, le brouhaha habituel de ce genre d’événement, mêlé à une douce musique jazz, emplit ses oreilles. Quelques têtes se tournèrent vers le nouveau venu, mais se désintéressèrent bien vite de lui, ce qui ne déplut guère à ce cher Hippolyte, en bon ermite urbain qu’il était. Ce qui l’intéressait, c’était l’art, pas les humains. Hélas, de nos jours, l’un n’allait pas sans l’autre, semblait-il, et le malheureux en fit la non moins malheureuse constatation en s’approchant des tables où des serveurs avaient déposé une bonne cinquantaine de coupes pleines : à quelques mètres des boissons alcoolisées, telle une bête de foire, se louvoyait sur une petite scène une jeune danseuse. Immobile, adossé au mur, il se surprit à l’admirer un instant — un instant seulement — avant de réaliser qu’elle lui rappelait douloureusement une fille qu’il avait connue dans une autre vie. Irma Reinhardt.

@Irma Reinhardt
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Irma Reinhardt


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MessageSujet: Re: but i still got jazz, when i've got those blues (hippoma)   but i still got jazz, when i've got those blues (hippoma) EmptyJeu 3 Jan - 18:39


☽ ☽ ☽
{ i deserved a better goodbye }
w/@hippolyte de merteuil
Le corps suspendu dans le vide, accroché par le pied à un trapèze bringuebalant. C’est ta vie qui se joue dans le vide que tu surplombes. Tu ne réfléchis pas, l’instinct de survie prend le pas sur la réflexion et tu recommences le même mouvement que tu t’acharnes à répéter depuis dix ans. Tu le connais au tremblement près, c’est ton corps qui parle alors que ta tête est endormie par l’habitude. Tu reprends en rattrapant le trapèze avec ton autre pied et te redresse avant de redescendre sous les ordres paternels. Plus vite, plus lentement, plus gracieusement. Mais toi, t’écoutes pas. Tu embrasses ta mère et tu t’éclipses, tu t’évades pour ne pas laisser filer une seconde supplémentaire de liberté éphémère.
Un, deux. Un, deux trois. Et tu recommences, les bras en synchronisation parfaite avec les pieds. Dans un exercice moins risqué que ton traditionnel numéro aérien mais non moins millimétré. Tu t’agites dans une rigueur presque militaire au milieu des regards curieux, parfois envieux. Dans la danse, c’est bien le public que tu aimes le moins. Celui qui regarde, qui juge quand on s’ébahit devant tes talents d’acrobate. Mais c’est ce que tu aimes, les pieds ancrés au parquet et la tête perchée dans les décibels. C’est ce qui t’animes. Ton échappatoire à toi, c’est la musique qui résonne, le corps meurtri par les enchaînements répétés depuis ton plus jeune âge. Tu t’agites, tu survoles dans un tempo habituel. Pas de repos pour les braves. C’est ce que ton père s’acharnait à te répéter dans tes tentatives avortées de grasses matinées. Si il savait ce que tu faisais de tes heures de repos durement gagnées, tu ne serais plus là pour en parler. La conséquence te fait frémir, rater un mouvement que tu rattrapes sur l’enchaînement suivant et aucun des présents ne semble avoir même compris ton hésitation. Trop occupés à échanger sur l’artiste branché avec leurs grands airs de hipsters. Ils dénotent dans l’ambiance du quartier, dans l’atmosphère de l’entrepôt mais t’es pas vraiment à ta place non plus toi, la gamine du chapiteau. Tu te concentres sur la musique, les yeux fermés. Tu tournoies et tu oublies que tu n’es pas seule, tu te transportes. Si bien que la musique s’achève sur ton dernier mouvement alors que tu te retrouves accroupie sur le sol, la poitrine qui se soulève à un rythme effréné. Tu es la musique, Irma.
Les invités se sont agglutinés et des applaudissements retentissent alors que tu te redresses timidement, t’aimes pas l’attention ou les ovations. Tu reconnais quelques têtes parmi la foule de devant, des artistes fréquentés au contact d’Hippocrate. Ton artiste favori, ton poète maudit, ton excentrique évaporé. Et puis c’est l’angoisse qui te noue la gorge, celle de retrouver face à ton passé. Et si il était là ? Tu descends de la scène improvisée en accueillant sans entrain les félicitations sur ton passage et puis c’est l’heure de vérité alors que tu vois une tête surplomber quelques autres dans un coin reculé. Et d’aussi loin, tu es déjà capable de deviner son regard baissé et son élégance apprivoisée. Son charisme oublié. Il attire les regards Hippolyte avec sa beauté toute singulière, il attire quand il voudrait éviter. Et tu le retrouves, fidèle à tes souvenirs, submergée par la culpabilité de vos deux mondes éloignés. Il était trop bien pour toi Irma alors tu t’es envolée avant de devoir l’affronter sans jamais vraiment expliquer comment c’était chez toi. Vous deux, ça n’aurait jamais pu marcher et pourtant, t’as un coup au coeur quand tu le croises à l’autre bout de la galerie improvisée. Un signe dans sa direction et tu cherches le bar du coin de l’oeil. T’as besoin de boire mais le destin semble être contre toi quand tu t’aperçois que les seuls verres pleins sont situés à ses côtés. Alors tu prends une longue inspiration et tu fends la foule, tu hésites et tu finis par lâcher un bref Salut. De ta voix éraillée, un peu hésitante. Faussement enjouée alors que tu te retrouves face à celui que tu aurais préféré éviter. Tu l’as mérité ta coupe et pourtant, c’est sur sa veste qu’elle va se vider au lieu de ton gosier alors qu’un invité éméché te bouscule. Je suis désolée. Tes joues virent à l’écarlate et tu t’empresses de l’essuyer comme tu peux avec ta propre veste. Sacrées retrouvailles.

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MessageSujet: Re: but i still got jazz, when i've got those blues (hippoma)   but i still got jazz, when i've got those blues (hippoma) EmptySam 12 Jan - 3:22

when i've got those blues.


À moitié tapi dans l’ombre, il l’observait, entièrement impassible s’il n’eut été de son léger froncement de sourcils, unique indice de sa contrariété, non, de son chagrin. Par quelle injustice du destin, si tant est que pareille entité existât, devait-il revoir, là, maintenant, la femme à l’origine de ses tourments? Il ne l’avait pas oubliée. Ça, non. Il se souvenait de son corps souple, façonné par les longues années de danse auxquels elle se soumettait, encore aujourd’hui. Ses joues mates. Ses mains aventureuses, mais toujours douces. Sa poitrine invitante. Ses fesses fermes. Mais il ne s’agissait là que d’une silhouette pulpeuse et sensuelle, qu’un leurre, qu’une promesse vide de sens. Il n’avait pas non plus oublié leur passé commun, leur séparation abrupte et violente, à cause de laquelle il sombrait de jour en jour vers des abysses insondables et souillées d’idées noires — son sale quotidien, désormais. Il avait suffi qu’il lui livre son secret le plus inavouable et qu’elle prenne conscience que leur relation fonçait à vive allure vers un mur de béton, à l’image de celui que leur cher président souhaitait construire à la frontière sud du pays, pour que leur histoire éclate en mille morceaux. Et qu’elle s’en aille, sans le moindre doute, virevolter dans les bras d’un autre, car lui, Hippolyte de Merteuil, petite chose triste et fragile aux fantasmes sordides et pervers et à l’élocution douteuse et maladroite, n’avait été qu’un pas de danse dans la grande chorégraphie de sa vie. Pourtant, la voilà qui s’élançait vers lui, l’air de rien. Innocente, innocente Irma. « B-bonsoir. » Ainsi, ce serait sur une discussion cordiale que s’amorcerait le deuxième chapitre de leur relation, celle-là fort banale et inintéressante si d’aventure on la comparait à la première. Il se bataillait avec ses pensées pour trouver un sujet de conversation, n’importe lequel, quand il sentit soudain un liquide s’insinuer à travers le tissu de sa veste. Irma venait d’éclabousser son vin sur lui. Il dégagea sa main, avec plus de douceur qu’il ne l’aurait voulu; jamais il ne pourrait endosser le rôle de la brute ô combien vénérée sur pellicule. « C’est p-pas grave. J’y t-t-tenais pas t-t-tant que… que ça, à ce v-veston, » articula-t-il avec la lenteur qui le caractérisait. Il ne mentait pas. Il ne portait cet habit que par respect des conventions sociales. S’il pouvait porter l’habit dont il avait réellement envie à cette soirée — à n’importe quelle soirée —, les conservateurs et autres fermés d’esprit le lapideraient sur la place publique. Sans la moindre hésitation. « Q-quel gâchis. Il faudrait d-du savon. Je reviens, » soupira-t-il, intimidé par les regards que leur portaient les autres invités. Sans plus de cérémonie, il disparut de la salle d’exposition pour se diriger vers les salles de bains, ne se souciant guère qu’Irma le suivît dans le couloir ou pas.

@Irma Reinhardt
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MessageSujet: Re: but i still got jazz, when i've got those blues (hippoma)   but i still got jazz, when i've got those blues (hippoma) EmptyMar 15 Jan - 17:29


☽ ☽ ☽
{ i deserved a better goodbye }
w/@hippolyte de merteuil
Les regards, les silences. Les bonjours et les adieux. C’est ce que votre relation a été, loin d’une douce mélodie à l’air glorieux. Plus proche d’un hymne de supporter, se terminant sur un ko en fin de match. T’aurais pas pensé le revoir un jour, pas ce soir en tout cas. Ton palpitant qui s’incline devant la rencontre fortuite et s’oblique dans un sourire poli mais non moins mélancolique. Ses traits trahissent sa surprise et ont le mérite de te rappeler à l’ordre alors que tu te perds dans des élucubrations d’un autre temps, d’un temps révolu qui ne reviendra plus.
Et là où d’autres auraient tressailli, t’as simplement souri face à son élocution tremblante. Celle que t’as toujours aimé parce que reflet de sa douceur. C’est un homme Hippolyte, dans toute son essence. Un homme empreint de fragilité, un homme submergé par ses doutes. Et t’as pas été capable de le rassurer, simplement de le quitter. T’as été égoïste Irma et tu ne peux plus qu’être mélancolique de votre passé commun. Il avait cette poésie dans le regard, cette manière de te regarder au point de parfois te donner l’impression d’être vénérée. Et si ça n’avait été une histoire à la Shakespeare à l’impossible dénouement heureux, tu ne l’aurais jamais laissé partir parce qu’il a cette innocence collée au corps. Celle qui dénotait dans ton rapport aux hommes, entourée d’alphas depuis toujours. Hippocrate il te rendait précieuse, gracile poupée venue d’ailleurs. Il te faisait espérer, croire que tu pouvais aspirer à mieux qu’à la violence ambiante mais t’as rapidement compris que ça relevait du fantasme. Tu voyais les regards appuyés des gens sur Hippolyte et son appréhension des autres alors tu lui prenais la main pour le rassurer parce qu’il est précieux le poète. Précieux dans sa rareté. Et t’as compris qu’il méritait mieux que toi, qu’il méritait de se conjuguer au futur commun avec quelqu’un qui serait capable de l’aimer dans son entièreté et c’était pas toi ce quelqu’un. Gamine écervelée au futur tracé. Tu sais très bien que ton père aurait été capable de l’assassiner rien que pour son passé familial. C’est un étroit ton père, de ceux qui se moquaient de la singularité d’Hippolyte et tu aurais été qui pour lui imposer tes racines pourries ? Alors, tu l’as laissé partir en ne pensant jamais avoir à le recroiser mais le Queens c’est petit.
Tu l’écoutes, tu l’admires et ton souffle à peine repris après ta prestation sur la scène étroite, tu le perds à nouveau dans cette rencontre improvisée avec le passé. « Non, Hippo. Je vais t’aider attends. Ça peut se rattraper. » T’es gênée de ta maladresse, gênée de lui imposer ta présence aussi. C’est un peu bancal comme excuse mais t’as pas le temps de trouver autre chose. Tu comprends très bien ce qu’il évoque quand il parle de son veston mais t’as pas envie de le mettre mal à l’aise avec ses confessions d’un autre temps, quand déjà avant tu n’étais pas capable de le rassurer alors tu laisses glisser sans vouloir foncer sur une piste dangereuse et tu te lances à sa poursuite alors qu’il s’échappe. L’idée de le laisser s’enfuir ne t’effleure pas alors que c’est peut-être même à ta présence qu’il essaie d’échapper mais tu ne le comprends pas et naïvement, tu le poursuis comme un fantôme et tu t’aventures dans les toilettes marqué d’un sceau masculin sans prêter attention aux regards des curieux. « Donne moi ta veste et je vais la nettoyer. » Tu retires ta chemise pour servir d’éponge à tes dégâts, sans savoir si ta présence l’importune. T’es intrusive Irma mais t’en as même pas conscience dans ta recherche du pardon.

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