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 hoping one day you'll make a dream last (meï)

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Tom Ronsin


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MessageSujet: hoping one day you'll make a dream last (meï)   hoping one day you'll make a dream last (meï) EmptySam 1 Déc - 22:14

couverture

Hoping one day you'll make a dream last

Tu ne sais pas ce que tu as en tête. Tu ne sais pas ce qui t’agite.
Tu as envie de faire un effort.
Tu as envie de lui montrer que tu peux y arriver. Que tu es capable de te reprendre. Peut-être que ça te ferait du bien. Peut-être que ça vous ferait du bien.
Ça ne pouvait que vous faire du bien.
Tu dois juste faire attention à ne pas faire de bêtises. Tu dois juste penser à ne pas te mettre complètement minable, pour ne pas la décevoir.
Pour ne pas te décevoir.
Ce n’est qu’une bière. Ce n’est qu’un verre au fond d’un bar.
Une sortie entre collègues.
Tu lui avais envoyé un SMS, pour la prévenir. Pour lui dire que tu rentrerais peut-être un peu tard, que tu sortais prendre un verre avec les autres de la pépinière.
Tu crois que tu commençais à arriver à quelque chose. Tu crois que tu commençais à réussir à produire quelque chose. Est-ce que ça voulait dire que ça allait fonctionner ? Est-ce que ça voulait dire que ça pouvait fonctionner ? Que tu allais tirer ton épingle du jeu ? Que tu allais enfin pouvoir commencer à respirer ? Tu n’en avais aucune réelle idée.
Mais tu voulais juste souffler. Ce soir, tu voulais juste prendre ton temps. Te prendre un instant. Être bien, un peu.
Et peut-être qu’en prenant ce temps pour toi, tu serais un peu moins paumé. Un peu plus à l’aise.
Tu avais honte de toi, parfois. Honte, parce que tu n’étais même pas capable de faire un centième des sacrifices qu’elle avait fait pour toi. Parce que tu l’as presque obligée à refaire sa vie, et que tu ne l’aidais qu’à peine.
Est-ce que tu étais un connard ?

« Et Tom, tu viens ? T’es en train de rêvasser, là. » entends-tu. Tu as accroché un sourire sur tes lèvres, alors que tu remontais tes lunettes.
Peut-être que tu ferais bien de cesser de broyer du noir.
Ce serait bien pour tout le monde.
« Y’a un tournoi de fléchettes. Viens, on fait équipe. » Tu as affiché un légère moue. Est-ce qu’il était vraiment sûr de lui ? « Je … suis plutôt nul à ça mais … si tu veux. » Il y avait des choses que tu réussissais mieux. Mais peut-être qu’il s’en foutait de perdre. Peut-être qu’il s’en fichait simplement, qu’il voulait juste, lui aussi, passer un bon moment. Oublier les soucis du présent. Oublier l’instant.
Jouer aux enfants.
Alors, tu te lèves. Tu te lèves, pour aller rejoindre les autres, pour aller rejoindre des groupes que tu ne connaissais pas, et essayer de te mêler à ce qu’on appelait un tournoi.


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MessageSujet: Re: hoping one day you'll make a dream last (meï)   hoping one day you'll make a dream last (meï) EmptyDim 2 Déc - 14:10

Hoping one day you’ll make a dream last
@Tom Ronsin & Meï Perkins


« Aller, viens avec nous. Ca va être sympa de se voir en dehors que sur les planches. » ; « Les gens étaient conquis. On l’a vraiment bien mérité. » ou encore « Promis, on ne s’éternisera pas. C’est juste pour marquer le coup. Tu peux bien faire ça, hein ? Pour nous. Pour la première. ». Les arguments pour tenter de convaincre « le Rossignol de Shijiazhuang » ne manquèrent pas. A dire vrai, ils fusèrent même de tous côté. Cette première fut un succès retentissant. Les applaudissements, les sifflets, les vivas et autres hourras constituant l’applaudimètre, laissaient à penser que cette version 2.0 de Roméo et Juliette rencontra un plébiscite, auprès du public venu en nombre pour assister à cette audacieuse transposition des Amants de Vérone. C’était pourtant loin d’être gagné. Bien que totalement enchantée par cette pièce cassant les codes de l’opéra, Meï craignait que certains esprits étriqués et puristes ne soient pas de son avis, et voient d’un très mauvais œil cette œuvre novatrice, avant-gardiste, précurseur voire par moments subversive. Alors, sitôt que le rideau tomba et que les premières clameurs montèrent jusqu’à eux sur la scène, un soulagement incomparable s’empara de la veuve Perkins, qui esquissa un sourire béat en fermant les yeux et soupirant.

D’un coup d’un seul, ce fut comme si ses épaules se voyaient délestées de dizaines de kilos d’appréhension et de doute. Quand vint son tour à la fin de saluer le public, ce fut d’un pas léger qu’elle s’avança dans sa robe en toile de batiste, accusant ses formes et les suggérant par endroits grâce à un savant et subtil jeu de transparence. Mains sur la bouche peinte de rouge, la longiligne brune dépassant le mètre quatre-vingt, souffla un baiser qu’elle répandit sur toute l’assistance en déployant ses bras menus de toute leur envergure. A la suite d’une gracieuse révérence, elle redressa le buste tout en portant les mains à son cœur, et ce fut les yeux complètement embrumés de larmes, que ses lèvres se mouvèrent en un « merci » que le vacarme assourdissant étouffa. Doucement mais sûrement, l’adrénaline commençait à s’estomper et la fatigue à s’installer. Après un peu plus de deux heures passées à déclamer des arias et autres chants en couvrant pas moins de huit octaves, Meï ne se sentait guère la force et l’énergie de sortir pour fêter ça. Sa nuit déjà bien entamée, elle la voyait plus se consumer seule chez elle.

Assise au coin d’un feu de cheminée, qu’elle aurait eu toutes les peines du monde à allumer. Un verre de Château Lafite vermeille ondoyant avec langueur dans sa main. Quelques chapitres d’Anna Karénine dévorés, puis elle serait aller rejoindre les bras de Morphée. Ou plutôt elle aurait tenté, entre deux insomnies et des bribes d’excitation résiduelles suscitées par sa performance du soir. Les jeunes, comme elle les appelait affectueusement, ne semblaient toutefois pas l’entendre de cette oreille. Sortir festoyer sans Juliette ? Inconcevable ! L’exaltation communicative de Mercutio alias Mike ainsi que les yeux de cocker triste de Lady Capulet, qui répondait dans la vie de tout les jours au nom de Mckendra, eurent finalement raison d’elle et finirent par la faire craquer. « Bon, c’est d’accord », avait-elle répondu alors qu’elle s’affairait à boutonner son boot cut en denim marine. A peine eut-elle le temps de refermer le zip et de passer un pied dans l’une des deux bottines cuir sombre, que la bande de joyeux drilles se démenant pour la convaincre depuis dix bonnes minutes, exulta et partit en une effusion de joie n’ayant rien à envier à celle des gagnants du loto.

Tous lui tombèrent dessus et l’embrassèrent à qui mieux-mieux sur la joue, dans la grande loge commune qui fut bientôt le théâtre d’une incroyable scène de liesse populaire. Bravant le froid de canard hivernal, ils s’en étaient remis à la cadette de leur groupe, Rosaline, ou plutôt Jessica, qui connaissait toutes les bonnes adresses pour je cite « se mettre bien ». La frileuse chinoise emmaillotée dans son caban telle une rescapée dans une couverture de survie, eut grand peine à croire qu’il y a encore deux heures, cette pétulante et dynamique blonde aux yeux pers était une ingénue rougissant pour un oui ou pour un non et ayant ses vapeurs au premier mot grivois lâché par les seigneurs Montaigu. Les hautes sphères de la portion la plus huppée du Queens furent très vite derrière eux. Quoi de mieux que le coin le plus effervescent du Queens pour se mettre bien ? Tour à tour, ils entrèrent dans un bar aux décorations très irlando-irlandaises, qu’ils jugèrent idéal pour un after. Bras croisés contre la poitrine pour tenter de se réchauffer et annihiler ses claquements de dents, Meï fermait la marche et regrettait cruellement la douce chaleur de l’âtre devant laquelle elle pourrait être à l’heure qu’il est.

Assise sur la banquette matelassée d’une grande tablée, l’asiatique aux pupilles constamment en mydriase, suivit le mouvement général et opta pour une bière, qu’elle boirait du bout des lèvres en grimaçant. Le doyen de la bande qui incarnait Esclasus, partit au comptoir passer commande. La soprano se serait davantage laissée tenter par un Cosmopolitan, mais ne souhaitant guère passer pour une snobinarde has been, elle choisit elle aussi cette boisson houblonneuse qui fit un tabac auprès des chanteurs avec lesquels elle partageait l’affiche. Quand elle arriva aux Etats-Unis voilà quinze ans de cela, Sex and the City fut le premier programme de télévision américain qu’elle découvrit. Si au début sa rigide éducation pudibonde de grenouille de bénitier chinoise, avait fait qu’elle s’était offusquée devant une telle apologie de la libération de la femme ; Meï s’était toutefois très vite prise de passion pour cette série haute en couleur. Ainsi naquit son adoration pour Carrie Bradshaw et les emblématiques Cosmopolitan que le feuilleton popularisa. Ah, ce qu’elle avait pu en passer des soirées dans sa chambre étudiante, à suivre les aventures de ces quatre new-yorkaises sapées comme des déesses et ne parlant que de sexe.

Son pêché mignon. Avec Melrose Place, aussi. Petit à petit, la Calas d’Orient commençait à se réchauffer. Devenu superflu, elle ôta donc son manteau dévoilant ainsi un pull en mohair écru à l’encolure bateau et aux discrets motifs léopards. Au même moment, James revint comme un fou complètement survolté, les bras chargés de demis de bière. Tandis qu’il faisait le service, le fringuant quinqua leur apprit qu’un tournoi de fléchettes était imminent et qu’il les avait tous inscrits. Sans doute que tout cela rappelait à James ses jeunes années, et les soirées entre amis passées dans les pubs de son Angleterre natale. Une nouvelle qui sembla ravir tout le monde. Enfin, presque tout le monde. La liane asiatique resta en effet de glace et impassible. Les jeux d’adresse, ce n’était pas vraiment son fort. Lars avait pourtant bien essayé de l’initier au tir à l’arc, à l’occasion de leur voyage de noce à Palawan. La belle était parvenue à mettre partout sauf dans le mil. Ce souvenir, et les fous rires inarrêtables que leur valurent son cruel manque de dextérité, lui décocha un petit sourire. « Meï ? Tu viens ? ». Ces trois mots la ramenèrent aussitôt sur terre.

Un rapide coup d’œil à sa droite et à sa gauche lui permit de constater, qu’elle était à présent seule à être assise à cette large table. Mike la dévisagea d’un air scrutateur et interloqué. La jeune trentenaire pointa son index en direction de son doux minois, et mira son cadet de façon incrédule. Moi ? Jouer aux fléchettes ? Tu es sûr de toi là … ? pensa-t-elle. A en juger par la façon dont il la prit par le poignet et l’entraîna à sa suite, oui il semblait sûr de lui. Sur le champs de bataille, la filiforme extrême orientale esquiva les grands gestes des hurluberlus en état d’ébriété avancé, en marquant un pas de côté et rentrant la tête dans les épaules, afin de ne pas se retrouver baptisée à la bière ou au whisky glace. A mesure qu’elle baignait dans l’ambiance, Meï se surprit à être grisée par la perspective d’en découdre avec les autres joueurs de ce tournoi. Surprenant ? Pas tant que cela. N’oublions qu’elle a été élevée dans la recherche de l’excellence chinoise. L’esprit de compétitivité, elle l’a indubitablement. Postée légèrement en retrait de toute l’agitation, elle contemplait le ballet des groupes se faire et se défaire d’un air songeur.

Un homme brun à sa droite aux cheveux en pétard, semblait aussi ravi qu’elle d’être là. Il avait la même mine qu’elle. Celle d’une personne s’étant faite embarquer à reculons, dans une aventure qui ne le passionne pas le moins du monde. Un fin sourire étira les lippes de Juliette, qui ne fut pas mécontente de constater qu’elle n’était pas l’unique rabat-joie qu’abritaient ces murs. La poupée de porcelaine chinoise réduisit la distance entre elle et cet homme à l’œil noisette et au bouc négligemment taillé. Chevilles croisées et mains soutenant les coudes, la sinophone se risqua à demander de sa voix quelque peu lasse et fatiguée par l’effort qu’elle venait de produire un peu plus tôt : « Vous aussi on vous a entraîné là-dedans sans que vous n’ayez votre mot à dire ? Laissez-moi deviner, un de vos tortionnaires du soir ? », ponctua-t-elle en désignant discrètement de l’index, un homme aux yeux émeraude et à la crinière châtain, leur faisant de grands signes en arborant un sourire fort niais. L’inconnu avec lequel elle venait d’établir la communication, jonglait habilement avec un bouquet de fléchettes. Dans une nonchalance certaine, il les faisait tour à tour rouler entre ses phalanges dans une prodigieuse dextérité. Très belle habilité. Nul doute qu’il allait être un adversaire coriace pour tout les concurrents. Si Meï n’était pas engagée dans ce tournoi et qu’elle eut été une parieuse dans l’âme, elle aurait très certainement mis un billet sur cet homme et sa team pour glaner la victoire finale.                                                                                                                                                                                                                        

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Tom Ronsin


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MessageSujet: Re: hoping one day you'll make a dream last (meï)   hoping one day you'll make a dream last (meï) EmptyVen 21 Déc - 20:58

couverture

Hoping one day you'll make a dream last

« Vous aussi on vous a entraîné là-dedans sans que vous n’ayez votre mot à dire ? Laissez-moi deviner, un de vos tortionnaires du soir ? » La voix lasse te tire de ta contemplation des autres. Tu as tourné la tête, avec un léger sourire, pour te retrouver face à une demoiselle asiatique. Demoiselle plus grande que toi – chose pas forcément très compliquée, mais quand même. Tu suis alors la direction qu’elle te pointe du bout de l’index.
Arrêt sur image.
Alan, qui vous fait des grands signes, quelques fléchettes entre les mains. Tu t’es entendu rire. Tu as hoché la tête, doucement. « C’est pas impossible qu’il en fasse partie, oui. » avoues-tu, alors que ton regard reste perdu sur le garçon au loin. « Je sais pas s’il réalise qu’il a de grandes chances de perdre avec moi, hélas ! » ajoutes-tu, amusé. « A moins d’avoir la chance du débutant … » Ou plutôt celle de celui qui ne jouait jamais. Peut-être qu’elles se ressemblaient. Peut-être qu’elles étaient similaires, d’une certaine manière.
Mais tu n’allais pas te plaindre.
Tu n’allais pas passer ta soirée à te plaindre.
Tu souris, un peu. Tu souris, alors que ton regard revient vers la jeune femme. « Et vous ? Qui vous a entrainé ici ? » demandes-tu alors. Tu essaies de parcourir la salle des yeux. Tu essaies de trouver, un peu. De deviner. « Quelqu’un dans cette bande-là ? » demandes-tu, en désignant du menton une bande joyeuse. Certains possédaient un jeu de fléchettes entre les mains.

Tu observes le jeu, un instant. Tu essaies d’analyser ce qu’il faut faire, jusqu’à ce qu’une voix t’interpelle. « Tom ! C’est ton tour ! J’vous le vole, deux secondes. » Tu as levé les yeux au ciel avec un sourire. Tu t’es levé, pour essayer de comprendre comment faire voyager les fléchettes qu’on venait de te glisser entre les doigts.
Tu as essayé.
La première s’est retrouvée à côté. La seconde est venue heurter difficilement la case trois, et la dernière s’est finalement plantée dans le double sept. Tu souffles, doucement. Tu souris, un peu, malgré tout pas trop mécontent : c’était mieux que zéro. Alan vient te coller un grand coup dans le dos, en te lâchant un pas mal qui te fait rire, un peu. Tu sens que c’est pour t’encourager. Pour t’empêcher d’abandonner. Malgré tout, tu es venu chercher la brune du regard, avant de revenir vers elle. Comme si ça pouvait te sauver. Comme si elle allait te sauver.
« En fait … On joue ton … - c’est gênant si je dis tu ? – ton équipe joue contre la mienne, non ? » souffles-tu après quelques secondes de réflexion, en observant la scène qui se déroulait sous vos yeux. Tu as retrouvé le contact frais de ta bière, alors que tu t’appuyais légèrement sur le mur. « Serais-je en train de fraterniser avec l’ennemi ? » Tu prends un air faussement choqué. Légèrement outragé.  


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MessageSujet: Re: hoping one day you'll make a dream last (meï)   hoping one day you'll make a dream last (meï) EmptyDim 30 Déc - 21:09

Hoping one day you’ll make a dream last
@Tom Ronsin & Meï Perkins


Qu’ils soient selects, branchés ou malfamés les bars, pubs et autres débits de boissons n’ont jamais été les lieux de prédilection, de la rose éclose entre les crocs du tigre astrologique. Ce que l’inconscient collectif qualifie de plus belles années de la vie, et qui correspond approximativement parlant à cette tranche de la vie allant de la fin du lycée à celle des études supérieures ; Meï les a vouées uniquement et entièrement, à la maîtrise et l’infinie quête de la perfection de son art. La petite décennie et des poussières s’étalant du jardin d’enfant au début du lycée, en passant par le primaire et le collège, fut par ailleurs mise au profit de la même finalité. Le tout sous la houlette de parents perfectionnistes, pourvus de quelques accointances despotiques, et qui s’empressèrent d’entériner par voie de contrat en sous-marin, le futur mariage de leur fille avec un beau parti, auquel ils la promirent dès sa naissance. Sans que cette progéniture n’ait à un seul moment connaissance des desseins, que l’on décréta pour elle, qui l’attendaient et dont elle était pourtant concernée au premier chef. Traduction, et pour la faire courte ; elle n’eut jamais son mot à dire. Parenthèse close.

Cependant, lorsqu’elle eut enfin la pleine emprise sur sa vie à dix-sept ans en arrivant aux Etats-Unis, et bien que l’opportunité se présenta à elle d’envoyer balader au loin toute une existence d’asservissement familiale, de rattraper le temps perdu ou encore de se lâcher en découvrant tout ce dont une Dame de bonne famille n’avait pas le droit de faire, comme par exemple traîner avec des mauvaises fréquentations dans des tripots interlopes en se saoulant ; le rossignol, goûtant avec délectation le goût de sa liberté rudement acquise, n’en fit rien et préféra travailler et peaufiner ce pour quoi il semblait de toute évidence posséder un talent inné : chanter. Avec tout de même un peu plus de souplesse et de relâche que jadis en Chine, où rigueur, discipline et stakhanovisme furent de mise. Ses amies à la FAC étaient à deux poids deux mesures près dans le même trip. Car oui, en dépit de la barrière de la langue et de sa vaste ignorance des us et coutumes en vigueur au pays de la bannière aux cinquante étoiles, la fleur de lotus du Hebei parvint, aussi incroyable mais vrai soit-il, à se faire des amies. Des étudiantes que les beaux garçons qualifiaient de gentilles, qui ne faisaient pas de bruit, ni de vague et qui ne cherchaient sous aucun prétexte à attirer l’attention sur elles.

L’exact opposé des filles à papa snobinardes, membres de l’équipe de pom-pom girls, ne se souciant que de leur image, de leur notoriété et sortant avec les joueurs de l’équipe de football américain. Elles étaient à mi-chemin entre ces ogresses de superficialité et les puits de science, flottant au-dessus des modes, et pouvant réciter de tête le tableau de classification périodique des éléments de Mendeleïev ou bien les cinquante premières décimales de Pi. Des étudiantes lambda. A ceci près qu’elles accordaient avant toute chose, la priorité au perfectionnement et à la pratique quotidienne de leur talent respectif. La danse pour l’une. Le maniement du violon pour l’autre. Le jeu d’actrice et l’expression scénique pour une troisième. Et bien sûr, le chant lyric pour celle qui connaissait sur le bout des doigts tout les classiques du répertoire Chuanqi des dynasties Ming et Qing. Lorsque ces quatre esthètes ne répétaient pas chacune de leur côté durant de longues heures, elles se retrouvaient volontiers afin de passer du temps ensemble et souffler un peu. Toutefois, ce n’était pas pour écumer les bars et clubs en vogue, à la manière des filles dites populaires possédant leurs entrées partout et pour n’importe quel carrée V.I.P que ce soit.

Leurs soirées ensemble consistaient, dans la majeure partie du temps, à se retrouver chez l’une, commander chinois, coréen, thaï, indien ou italien, se regrouper autour d’une table basse de salon en kit, et engloutir le contenu de leurs boîtes en cartons à emporter en vivant par procuration devant un épisode de Sex and the City ou Melrose Place. Ou au travers de la vie de Whitney Houston, Nicole Kidman et Tom Cruise ou Jennifer Aniston, que relataient en long, en large et en travers les magazines people dont elles ne manquaient jamais un numéro. Parfois, et pour varier les plaisirs, ces jeunes filles en fleurs s’épilaient ou s’adonnaient à divers soins du visage et corporels, tout en parlant de mecs ou en s’imaginant à quoi ressembleraient dans dix ou vingt ans, des personnes qu’elles connaissaient. En particulier les pom-pom girls, dont elle se gaussaient de la lente, douloureuse, disgracieuse et atroce déliquescence. Des joutes verbales et débats, sérieux ou légers, tournant autour de l’art étaient également monnaie courante. Certains, du genre « Si Paganini, Noverre, Farinelli et Shakespeare participaient à un pentathlon moderne ; lequel gagnerait ? », repoussaient les limites de l’absurde en plus d’être tout bonnement ubuesques.

Les heures, la fougues, l’entrain et la ferveur avec laquelle ce quatuor discourait avec le plus grand des sérieux sur ce genre de question insensée, était probablement ce qu’il y avait de plus inquiétant et déconcertant. Des originales ? Oui, dans un sens. Des artistes sans doute un peu trop passionnées. Des sortes de geeks et mordus de maths, mais au féminin et avec une dimension culturelle. Une espèce de Big Bang Theory avant l’heure, où physiciens et ingénieurs revêtaient l’apparence de muses évoquant chacune l’un des sept arts libéraux. Une fois catapultée dans le vie active, la voix des anges fut plus coutumière des cocktails mondains et dîners gastronomiques ennuyeux comme la pluie, en compagnie d’autres chanteurs et d’une poignée d’invités triés sur le volet à la fin de certaines représentations, plutôt que des afters[i] très décontractés et relâchés, dans ce genre d’établissements beaucoup plus simples, moins guindés et aux charmes tout autres. Si elle avait eu le choix, et au vu de la torpeur qui s’abattait sur elle lors de ces cénacles avec les grands pontes de New-York, Meï aurait certainement préféré la compagnie de gens beaucoup plus simples, sincères, authentiques, naturels et spontanés dans des cadres comme celui-ci, soumis à aucun dress code ou étiquette.

Les quelques rares fois où elle y mit les pieds, ce fut pour passer récupérer son cher et tendre après une soirée bien arrosée et enfumée avec ses potes, afin de le ramener chez eux. Corvée qui n’en était pas réellement une pour la soprano. En particulier, lorsqu’elle se trouvait à l’une de ces réceptions soporifiques à souhait, et que l’un des amis de Lars finissait par la contacter pour lui dire que son aimé n’était clairement pas en état de rentrer par ses propres moyens. La besogne devenait dès lors pour la veuve Perkins, un formidable prétexte pour se soustraire à ces pince-fesses assommant. Bénies furent ces [i]« urgences familiales de la plus haute importance. »
. Evidemment, quelques petits ajustements vestimentaires s’avéraient nécessaires afin de récupérer le blondinet fumant la vie par les deux bouts, dans des bars pas toujours bien fréquentés. Faire la bascule du mode star habillée façon red carpet, à la banlieusarde ou ex taularde se noyant sous des couches de vêtements informes. Troquer robe du soir Dior et escarpins Manolo Blahnik, contre survêtement Adidas et baskets Nike. Anéantir le chignon à la Audrey Hepburn ayant nécessité une heure de préparation, au profit d’une chevelure lâchée, non structurée et passablement chaotique. Débarbouiller le noir aux yeux et le rouge aux lèvres.

Une ritournelle que la valkyrie orientale n’a hélas plus eu à fredonner, et qui lui manquait chaque jour un peu plus, depuis que son étoile du grand nord s’est éteinte. Appeler ses copines pour se voir comme au bon vieux temps ? Et pourquoi pas sortir toutes ensemble dans un endroit sympa ? Idée intéressante, et qui pourrait relever du domaine du plausible si, outre le fait de crouler comme la mésange sinophone sous des monolithes de travail, elles n’avaient pas déjà une vie amoureuse palpitante qui, en plus de les combler en tout point, monopolisait l’intégralité de leur temps libre. D’ailleurs, et bien que littéralement dévastée par la perte du seul qui n’en ait jamais valu la peine, la cantatrice désabusée de tout ne s’estimait néanmoins pas désespérée au point d’arpenter et hanter les tavernes des temps modernes en solitaire. Qui plus est, et au risque de passer pour un esprit vieux jeu et étriqué, Meï trouvait qu’une femme seule dans un tel lieu et de surcroît consommant des spiritueux : cela faisait sacrément mauvais genre. Sans doute quelques reliquats tenaces de son éducation chinoise, où la conception de la femme y était pour le moins rétrograde et arriérée.

Portée par des résidus d’adrénaline provenant de la représentation du soir, et entraînée par la liesse secouant quelques uns de ses collègues, la très révérencieuse brune se retrouvait contre toute attente dans un pub irlandais, entrain de se faire violence pour boire une bière et sur le point de prendre part à un imminent tournoi de fléchettes. Un programme auquel elle n’aurait jamais songé se consacrer avant ce soir. Aussi bien dans ses rêves les plus fous, que ses cauchemars les plus abominables. Et pendant ce temps là aux quatre coins du Queens, ses amies devaient sûrement être en passe d’atteindre le coït avec leur fiancé, petit ami ou coup d’un soir respectif. Vie des copines : 1 ; Vie de Meï : 0. Possible que ce constat poussa la chanteuse, d’ordinaire réservée et discrète, à engager la conversation avec ce qui lui sembla être un frère galérien à l’indomptable crinière, désabusé en plus d’être un peu ailleurs. Même si sur la forme les raisons de sa présence divergeaient sur certains points des siennes, elles paraissaient cependant sensiblement similaire sur le fond. D’ailleurs, cet inconnu au style transpirant un bien curieux alliage entre un start-uper hyperconnecté et un musicien pinçant les cordes de sa guitare, le lui confirma de vive voix.

A lui aussi, on lui avait un peu, beaucoup, forcé la main avant que, de guerre lasse, il finisse par accepter. Tout comme elle, ce malheureux était le citron de l’histoire et cet homme aux jolies bouclettes couleur café, que l’introvertie chinoise baptisa « joie folle », le presse-agrume ayant fini par avoir raison de lui. Façon plus poétique de continuer à filer la métaphore, qu’un ambigu et équivoque « extraire tout le jus ». Avec nettement moins d’entrain, la veuve se sentit presque obligée de répondre à tout ces signes. Ne serait-ce que pour éviter à leur émetteur un grand moment de solitude. Un timide sourire aux lippes, teinté de gêne, de honte et de bonhomie factice : « Oh, je vois. Ca à l’air d’être … un chic type très enthousiaste et expansif. Vous savez, là d’où je viens, on croit beaucoup à la réincarnation. Qui sait, peut-être que dans une vie antérieure vous étiez un champion de fléchettes émérite ? En tout cas, c’est beau de voir qu’il a une foi colossale en vous et vos talents de joueur de darts. Si vous voulez mon avis, et quoi qu’il puisse arriver, ne vous embrouillez ni ne vous séparez jamais de lui. », ponctua-t-elle d’un ton badin dans un bref éclat de rire en retroussant les manches de son pull aux motifs animaliers.

Dans la bouche de la porcelaine de Chine, enthousiaste et expansif avaient pour synonymes spéciale et bizarre. Cela avait beau faire plus de quinze ans que la belle vivait aux Etats-Unis, de telles manifestations et effusions de joie continuaient de le stupéfier et la surprendre. Aussi loin qu’elle puisse s’en souvenir, jamais elle n’a assisté à quelque chose de semblable en Asie. Là-bas, les gens exprimaient leur bonheur en affichant un stoïcisme à toute épreuve ne laissant transparaître aucune émotion. Idem pour ce qui était de se témoigner de l’affection. Les critiques, les remarques blessantes et autres piques faisaient office de témoignages d’affection et preuves d’amour. Au même titre que les silences lourds, pesants et parfois embarrassants. Bien que Madame Perkins ait vécu une passion dévorante de huit ans avec feu son mari, les manifestations de tendresse occidentales demeuraient un élément avec lequel elle n’était par particulièrement à l’aise. En public, entendons-nous bien. En revanche, aucun souci de ce côté là entre les quatre murs de leur domicile et dans l’intimité de la chambre conjugale. La discrétion était également une vertu qu’il faisait bon avoir, pour tout les citoyens du pays à l’origine du papier et des feux d’artifice.

Lorsqu’elle porta son attention sur les personnes, que lui désigna entre deux gorgées de bière bues au goulot son voisin, la sino-américaine regretta cruellement que ses collègues soient dépourvus de cette qualité pourtant très prisée. Mike se prenait en effet pour une otarie de cirque et tentait, sous les applaudissements et encouragements frénétiques de Jessica, de maintenir en équilibre sur son front une fléchette, tandis que James, pendus à sa Rolex du siècle dernier, semblait chronométrer cet exploit digne du Guinness des Records de la Débilité. Et dire qu’ils n’avaient qu’une bière dans le sang. Qu’est-ce que ça serait d’ici une heure ou deux … . Tout bonnement consternée et abasourdie, Meï se figea comme si elle venait de croiser le regard d’une Gorgone. Une grimace et un froncement vinrent parfaire cette expression faciale, partagée entre une indicible honte et une sidération incommensurable. Quelques secondes, qui manquèrent de peu de devenir une minute, de bug plus tard, et la cantatrice frappée de mutisme temporaire recouvra l’usage de la parole : « J’aimerais vous dire non, mais … oui. »

« Oui, je suis bel et bien avec eux ce soir. Je vous fais rapidement les présentations. Alors, dans l’ordre de gauche à droite, nous avons : le fossile britannique, le cavaleur du midwest qui se prend des râteaux à la pelle et la gamine de New-York aux couches à peine sèches et qui est pourtant déjà très dégourdie pour son âge. Oh, et moi je suis la perche en bambou made in China certifiée sans contrefaçon. Je sais que cela ne saute pas aux yeux, surtout quand on les voit dans cet état, mais nous sommes tous des chanteurs d’opéra. Ce soir c’était la première et pour marquer le coup, ils ont voulu fêter cela comme il se doit. Et bien sûr, il ont cru bon de m’inclure à … à ça. Et vous ? Pour quelle raison Joyeux vous a-t-il traîné ici ? Enterrement de vie garçon ? Simple soirée entre potes ? »
, se risqua-t-elle à deviner sur un ton léger, après avoir fait preuve d’un sens aiguisé de la causticité et de la dérision qu’elle se découvrit et qui l’étonna elle-même. La réponse ne l’intéressait pas outre mesure, mais l’usage et les convenances sociales voulant que l’on fasse preuve d’autant d’intérêt envers autrui lorsque celui-ci se donnait la peine de s’intéresser à vous ; la brindille aux yeux taillés en amande jugea donc bon de réverbérer cette question à son envoyeur.

De plus, ce type et son air un peu blasé de tout, possédait un elle-ne-sait-quoi, qui lui plaisait et dans lequel elle se reconnaissait un peu. Bien qu’il était évidemment encore trop tôt pour se forger une opinion formelle et définitive, cet homme au bouc cerclant la bouche et tentant de grignoter du terrain en direction des joues, parut à Meï foncièrement sympathique. A tel point que son « Et vous ? », n’eut rien à voir avec celui dont elle gratifiait les riches mécènes subventionnant l’opéra new-yorkais. Ceux et celles dont elle n’avait d’autre choix que de feindre l’intérêt ou l’admiration pour les torrents de platitudes qu’ils déversaient. Le but étant bien sûr, qu’ils continuent à faire de généreux dons, afin qu’elle et des centaines de personnes travaillant dans le monde du spectacle ne se retrouvent au chômage technique faute de fonds. Peut-être bien que la femme au maintien bien trop droit, était tout compte fait curieuse et avait envie de connaître la réponse à cette rétorque, somme toute banale ? Alors que la glace commençait doucement mais sûrement à se briser, Joyeux, qui de près fit davantage penser à l’amazone orientale à Simplet, les interrompit et vint chercher le dénommé Tom, lui indiquant que c’était à son tour de jouer.

Sourire poli, la chanteuse faisant des notes et des soupirs opina du chef, l’air de dire : « Il n’y a pas de souci, faîte donc. ». Une fois son adversaire en place sur le pas de tir, la soprano croisa les bras et tendit le cou, afin de voir par dessus l’épaule des spectateurs, déjà bien imbibés pour certains, agglutinés devant. Les trois darts lancées, elle arqua les sourcils, haussa les épaules et laissa s’échapper un léger « hmm ». Finalement, il ne bluffait pas tout à l’heure quand il affirmait qu’il y avait de grandes chances que son équipe perde, avec lui dans les rangs. Ce constat revigora Juliette, qui se mit soudain à croire considérablement plus en ses chances de l’emporter et d’accéder au prochain stade du tournoi. Son compagnon bagnard du soir de retour, la Castafiore éplorée applaudit lentement de manière gentiment moqueuse, en arborant une risette taquine : « Autant pour moi ; oubliez cette histoire de réincarnation. », lâcha-t-elle sur un ton badin dans un hochement négatif de la tête ainsi qu’une petite moue, et en lui tendant la bouteille de bière qu’il avait abandonné sur la table où elle prenait en ce moment même appui.

Autodérision, sens de l’humour et maintenant chambrage dans les règles de l’art. Il ne manquait plus que l’établissement d’un contact tactile, du genre petite tape amicale dans le dos, et l’amas de marbre émotionnel asiatique aurait réalisé le grand chelem de la convivialité occidentale. Quelques lampées de bières auraient certainement pu faire sauter les derniers verrous psycho-sociaux récalcitrants ainsi que les inhibitions tenaces. Le problème aurait ainsi pu être résolu, et la mélomane aurait alors signé un exploit retentissant et sans précédent. Cependant, elle préféra en rester là. Trois sur quatre ; ce n’était déjà pas si mal. Croyez le ou non, mais elle venait de pulvériser son record personnel dans l’épreuve de sociabilisation et camaraderie en contre-la-montre. Dans cette situation, le plus sage était donc de rester sur un succès. En dépit de sa pratique et ses quinze années passées au pays de la libre entreprise, mieux valait pour Meï de ne pas mettre la barre trop haut. Dieu seul sait quelle incongruité aurait pu se produire, si elle se serait comportée comme la plus américaine de texane nationaliste. Neiger demain, par exemple. Quoi qu’en cette période de l’année, cela n’aurait au final rien eu d’inhabituel.

« Si je te dis tu ». Voilà des mots que la harpiste désespérait d’entendre un jour. D’un autre côté, c’était elle qui avait amorcé la discussion avec « vous ». Logique donc, que Tom ait dès lors interagi en employant le même modèle. Ce n’était pas tant le fait que cela lui faisait se sentir vieille et défraîchie mais … si, tout bien considéré : cela lui faisait bel bien se sentir vieille et défraîchie. Une petite coquetterie toute féminine, pour laquelle on ne pouvait lui jeter la pierre. L’homme à la coiffure dans le vent et aux yeux bruns lui révéla que leur équipe respective, croisaient le fer et tentait de se départager en cet instant très précis devant la cible. Cette nouvelle fit germer un léger sentiment de déception chez la chanteuse, qui en son for intérieur aurait préféré qu’ils s’affrontent plus loin dans le tournoi. A un moment où le jeu en aurait valu la chandelle, et que les enjeux auraient été bien plus conséquents. Tant pis. Les forces du tirage en eurent décidées autrement. « Non, absolument pas. Vas-y, fais donc je t’en prie. Argh, tu m’as percé à jour. D’accord, j’avoue tout. Je suis un cheval de Troie envoyé pour torpiller ton équipe et la faire imploser de l’intérieur. Maintenant que tu as découvert le subterfuge, je n’ai pas d’autre choix que de passer au plan B. Te planter des fléchettes dans le cœur jusqu’à ce que mort s’en suive. ».

Déclara-t-elle d’une voix placide et monocorde. Le visage fermé, impassible et empli de gravité. Bref, le faciès chinois dans toute sa splendeur. Après de longues secondes passées à porter ce masque de sérieux, la trentenaire poussa un franc éclat de rire digne d’une gamine immature, qu’elle s’empressa de réprimer en cachant sa bouche avec le dos de sa main. A l’aide de la seconde, elle désigna furtivement de l’index l’homme lui faisant face. Du style : « Haha, t’y as cru, hein ? » ou « Roh putain, tu devrais voir ta tête ; c’est magique. ». L’hilarité fut cependant de courte durée, puisque Mike se prit pour Joyeux en faisant de grands signes et scandant à tue-tête : « Meï ! C’est à toi ! ». La grimace qui orna le minois de l’expatriée, illustra son regret quant au fait que la nature ait doté le ténor d’un organe vocal aussi puissant, et qui passait difficilement inaperçu. Elle s’excusa, avec probablement un peu trop de cérémonie, auprès de l’homme avec qui elle discutait, puis partit rejoindre sa team sur le front de guerre. Grâce à un élastique que lui donna Jessica, la nyctalope aux yeux semblables à deux calots noir attacha sa longue chevelure en queue de cheval, et écouta le « tombeur de l’opéra » lui expliquer les règles comme s’il s’adressait à une débile, en affichant un air alternant la consternation et la vexation.

Les fléchettes que lui tendit James en main, la longiligne femme à la peau satinée s’arma d’une d’entre-elles et visa la bulle centrale. Lancé. Presque. Sept en bordure de cercle. Même s’ils partaient d’une bonne intention, les « ouais, excellent vas-y continue ! » de Mike, sonnèrent à ses oreilles comme du sarcasme, au vu du résultat plus que lamentable. Pointant la seconde pique en direction de la grande gueule de l’improbable bande, l’âme esseulée pria ce dernier de bien vouloir se taire, sous peine de se retrouver borgne en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Un geste de motus et bouche cousue de la part de l’impertinent, et Madame Perkins put reprendre, non sans avoir pris quelques secondes pour resserrer sa coiffure. Deuxième lancé. Vingt. Prêt du cœur. Plantée mollement, le projectile ondoie de haut en bas avant de choir sur le carrelage grisâtre. Une rapide regard en direction du maillon fort du quatuor, alias James le britannique. Ce non d’un air navré de la tête de l’homme aux tempes grisonnante, vint conforter ce qu’elle pressentait. Déçue et frustrée, l’incarnation bridée d’Erato leva le nez en direction des poutres au plafond et ne put contenir un grognement de désappointement. Dernier jet. Treize. Dans le dernier tiers. Vingt points qui auraient pu en faire quarante.

Tour à tour, ses coéquipiers vinrent la féliciter avec retenue. De la désillusion aussi. Sans doute espéraient-ils qu’elle parviendrait à inscrire plus de points. Allez savoir. Petite moue désolée aux lèvres, Meï haussa timidement les épaules puis partit rejoindre Tom à la seconde où le joueur suivant vint se placer derrière la ligne blanche délimitant la zone de lancé. De nouveau côte à côte, un silence de quelques secondes s’établit, avant que celle que le public eut l’occasion d’applaudir au quatre coins du monde dans le rôle de la Reine de la Nuit, ne contesta son règne naissant. « Ok, je suis parée. Vas-y, tu peux y aller. Surtout, ne mâche pas tes mots et ne te retiens pas. N’aie pas peur, tu peux y aller : je serai forte. », surjoua la brillante comédienne qu’elle était, en venant plaquer sa main contre son cœur de manière très théâtrale. Paupières closes et attitude solennelle frisant le grotesque, la soliste attendit, non sans se moquer une fois encore d’elle-même, quelques sympathiques railleries de la part de l’homme à la chevelure explosée, qu’il était tout à fait en droit de lui décerner. Après tout, ne l’avait-elle pas gentiment charrié après sa performance ? Compte tenu qu’elle était parvenue à faire encore moins bien, quelques petits mots taquins semblaient presque de rigueur. Puis dans un sens, la dame montant dans les aigus comme personne l’avait bien cherchée. La réciprocité. N’était-ce pas une caractéristique de la camaraderie ? Et puis après tout, les occidentaux ne disaient-ils pas : « Qui aime bien châtie bien » ?

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Tom Ronsin


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couverture

Hoping one day you'll make a dream last

« Oh, je vois. Ca à l’air d’être … un chic type très enthousiaste et expansif. Vous savez, là d’où je viens, on croit beaucoup à la réincarnation. Qui sait, peut-être que dans une vie antérieure vous étiez un champion de fléchettes émérite ? En tout cas, c’est beau de voir qu’il a une foi colossale en vous et vos talents de joueur de darts. Si vous voulez mon avis, et quoi qu’il puisse arriver, ne vous embrouillez ni ne vous séparez jamais de lui. » Tu l’as regardée un instant avec des yeux ronds, avant d’éclater de rire. Tu ne te moquais absolument pas d’elle : tu doutais simplement et très fortement de la capacité d’un toi antérieur à jouer aux fléchettes.
Est-ce que tu croyais, tout simplement, en la réincarnation ?
C’était quelque chose dont tu n’étais pas vraiment certain. C’était quelque chose qui t’avait beaucoup inspiré, gamin. Quelque chose qui t’avait inspiré, quelques fois, avant que tu ne débarques ici. Tu aurais voulu être pirate. Tu aurais voulu te réincarner en matelot un peu fou. Vivre dans un autre temps, un autre monde, une autre aventure. Te balader sur le pont d’un bateau, avec un maillot bleu et blanc à rayures. Tu aurais peut-être perdu la vie en croisant le fer. Tu te serais peut-être noyé en mer. Dans ta tête, les morts des pirates semblaient toujours plus joviales que les autres – peut-être que tu avais trop regardé Pirates des Caraïbes.
Mais maintenant ?
Maintenant, tu te surprenais à rêver qu’il n’y est pas de réincarnation. Tu te surprenais à souhaiter de ne pas retomber dans l’enfer dans lequel tu étais, même dans une autre vie.
Est-ce que tout était lié à ce que les autres appelaient le karma ? Tu ne sais pas.
« C’est vrai que … sa capacité à croire en moi là-dessus est assez … surprenante. » confesses-tu, dans un léger sourire. Mais c’était rassurant, malgré tout. Réconfortant de voir qu’il croyait en toi.

Tu te prêtes au jeu des devinettes, toi aussi. Tu essaies de retrouver ses amis. Après quelques instants d’observation, tu finis par désigner un groupe. Quelques joyeux lurons, qui semblaient différents des autres. Différents, mais pas forcément dans le mauvais sens du terme. Des personnages hauts en couleurs. Des personnages qui semblaient plein de ressources et de spécificités, tout comme la jeune femme à tes côtés. Des cartes multicolores, mais qui, à leur manière, ne se ressemblaient aucunement.
Elle ne semblait pas les assumer, pourtant. Elle ne semblait pas assumer sa joyeuse bande de potes, et tu n’as pu retenir un regard surpris. Pourquoi donc ?
L’asiatique te les introduit, un par un. Trois personnages originalement décrits, et elle. Une Chinoise, d’après ce que tu comprenais. Quatre chanteurs d’opéra. Quatre chanteurs qui célébraient une première. Tu lui jettes un regard, étonné : tu ne te souvenais pas d’en avoir rencontré ne serait-ce qu’une fois.
Elle te demande pourquoi toi, tu es là. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous retrouver ici. Tu grimaces légèrement à la mention d’enterrement de vie de garçon, avant de hocher négativement la tête. « Joyeux … ? Alan ? … Non … Ce sont des .. potes et collègues, oui. » souris-tu, alors que ton menton vient se déposer dans le creux de ta main. « On monte nos boîtes, on bosse dans le même incubateur de start-ups et … Je crois qu’ils avaient envie de s’amuser un peu. Je me suis laissé avoir. » Et il y avait Nimue, bien entendu. Nimue que tu essayais de ne pas décevoir, Nimue pour qui tu voulais prouver que ça allait, que tu t’en remettais – doucement, mais sûrement. Nimue, à qui tu avais promis de ne plus fuir, Nimue, pour qui tu avais promis de faire des efforts – te resociabiliser en était un, cesser de broyer du noir en était un autre.
« Vous chantez de … l’opéra, alors ? » demandes-tu. A tes yeux, c’était surprenant – peut-être que, stupidement, tu croyais encore qu’il s’agissait de vieilles personnes, de quelques cinquantenaires qui foulaient sans cesse les planches. Des femmes fortes, avec un accent italien. Des Castafiore de Tintin. C’était complètement stupide, tu voulais bien l’admettre – tu n’avais pas vraiment de culture sur le sujet, et la vision qu’elle t’en offrait actuellement était relativement déroutante (mais pas désagréable). « Qu’est-ce que c’était … comme pièce ? » demandes-tu, un peu hésitant quant à ton choix de mots – tu n’y connaissais rien, mais tu ne voulais pas non plus la blesser avec ton ignorance.

Alan vient te chercher. Alan débarque, pour que tu viennes jouer. Tu t’éclipses, juste pour essayer de ne pas trop rater ton tour. Ce n’est pas vraiment ça, et la jeune femme de tout à l’heure te gratifie de quelques applaudissements moqueurs. « Autant pour moi ; oubliez cette histoire de réincarnation. » te dit-elle, alors que tu retrouves ta place. Ta tête se penche légèrement sur le côté, juste pour affirmer ses dires. « Hélas. » lâches-tu, doucement amusé, alors que tu reprenais entre tes doigts la bouteille de bière qu’elle te tendait.
Tu lui révèles que vous sembliez être en train de vous affronter en ce moment même. Tu plaisantes, un peu : peut-être qu’elle cherchait uniquement à glaner quelques informations pour mieux prendre l’avantage sur votre équipe ? « … Maintenant que tu as découvert le subterfuge, je n’ai pas d’autre choix que de passer au plan B. Te planter des fléchettes dans le cœur jusqu’à ce que mort s’en suive. » Tu feins une grimace et un frémissement, alors que tu entends ses mots. Elle joue bien, elle aussi. Si bien que tu perds ton sourire un instant, le temps de douter du fait qu’elle soit sérieuse. Tu fronces les sourcils, alors que tu effectues un pas en arrière, prudent.
Elle déconnait.
Elle se moque de toi, alors que tu affiches une mine boudeuse. Tu n’as pas le temps de vraiment débattre que l’un de ses collègues l’interpelle. Meï. Elle s’excuse comme tu n’avais jamais vu quelqu’un s’excuser, avant de filer.
Tu dois t’approcher et te hisser un peu sur la pointe des pieds pour voir ce qu’elle faisait. Vingt points. C’était mieux que toi. « Ok, je suis parée. Vas-y, tu peux y aller. Surtout, ne mâche pas tes mots et ne te retiens pas. N’aie pas peur, tu peux y aller : je serai forte. » dit-elle, alors qu’elle revient vers toi. Tu souris. Tu souris devant son air théâtral. « T’as fait plus que moi, non ? » ris-tu, alors que tu essaies de comparer vos scores : vingt pour elle, dix-sept pour toi. « Mais c’est que trois points, fais attention ! » ajoutes-tu en riant. Vous pouviez encore la rattraper. Alan pouvait faire quelque chose pour vous rattraper. Tu y croyais. « Malgré tout .. J’admets que, vu comment tu m’as chambrée, je m’attendais à carrément mieux de ta part. Faut croire que tu n’es pas la réincarnation d’une championne de fléchettes non plus … » dis-tu, innocent, avant de reprendre une gorgée de ta bière en souriant.




_________________
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let her go.

Staring at the bottom of your glass, hoping one day you'll make a dream last. But dreams come slow and they go so fast. You see her when you close your eyes, maybe one day you'll understand why everything you touch surely dies.

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