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 do you wanna start a cult with me? (nimue)

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MessageSujet: do you wanna start a cult with me? (nimue)   Lun 27 Aoû - 21:36

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Do you wanna start a cult with me?

Qu’est-ce que tu faisais ? Qu’est-ce que tu avais fait ? Tu traines dans le métro, alors que la nuit est presque déjà tombée. Tu traines dans le métro, à fixer les stations défiler. Tu loupes largement ton arrêt, sans même le réaliser. Un peu mécanique, épuisé.
Dans quoi est-ce que tu t’étais lancé ? Quelle heure était-il ?
Tu réalises finalement que les numéros de rues ne sont pas les bons, que tu t’es trop éloigné. Tu es descendu de la rame, sans vraiment t’affoler. Musique sur les oreilles, tu avances. Tu marches, comme motivé à redescendre une bonne vingtaine de blocs à pied. Tu devais être à quelques kilomètres de chez toi, tout au plus.
Tu aurais pu simplement traverser la rue, et reprendre le métro dans l’autre sens. Tu serais arrivé plus vite. Tu aurais pu satisfaire ton estomac affamé plus rapidement. Et pourtant, non. Et pourtant, tu continues de marcher, tout droit. Tu continues de laisser les numéros de rue changer. Robotisé. Déjà avalé par cette étrange routine.

Tu t’es arrêté au début de la rue, pour acheter une grande pizza. Sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être que le courage te manquait pour te faire à manger. Peut-être que tu n’avais pas l’envie de te faire réchauffer quelque chose. Peut-être que c’était juste une excuse pour ne pas rentrer tout de suite. Une excuse pour t’excuser, aussi.
Pourtant, tu as bien fini par pousser la porte de ton appartement. Tu inspires, profondément, avant de poser le carton de pizza sur la table. « J’suis rentré ! » as-tu lancé, presque joyeusement. Tu es enfin rentré. Aussi tard que d’habitude, probablement. Aussi plongé dans ton travail que les dernières fois. Une bonne excuse, en quelque sorte. Une bonne excuse pour faire taire tes angoisses, pour ne pas écouter tes doutes et ne surtout pas te maudire d’être le premier des idiots. « J’ai ramené de la pizza, si y’en a qu’on encore faim. » as-tu ajouté, comme si tu espérais que ça puisse te sauver. Peut-être que tu aurais simplement dû filer dans ta chambre, peut-être que ça aurait tout arrangé.



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MessageSujet: Re: do you wanna start a cult with me? (nimue)   Mer 29 Aoû - 0:01

Hier, déjà, tu avais attendu. Hier, déjà, il était rentré tard. Comme la veille. Comme l'avant-veille. Deux semaines, déjà, que tu ne plaisantes plus, que tu ne ris plus de ses horaires invraisemblables. Tu n'as plus le cœur à ça.

Hier, déjà, les questions te rongeaient, et tu choisissais le silence. Hier, comme avant-hier, derrière ton masque, tu lui as souri, lorsqu'il est rentré. Enfin. Tu as menti, tu a fais celle qui ne s'inquiète de rien. Mais hier, déjà, la lassitude et les doutes creusaient en toi les fondations de leur palais. Tu seras bientôt leur royaume, leur sujette, ils seront tes rois... Ils soufflent déjà leurs psalmodie lancinante, que tu ne parviens plus à ignorer.

Il regrette, peut-être, Tom.
Tu ne l'intéresses plus.
T'es un boulet, Nimue...
Un regret, déjà.

Après même pas deux mois...

Hier, déjà, tu chassais les pensées trop sombres. Tu te racontais que si tu avais trouvé du boulot, tu y consacrerais, toi aussi, ton temps, ton énergie. Qu'il essaie de monter sa boite, qu'ils sont normaux, ses silences, qu'elles sont logiques, ces absences. Qu'il est préoccupé, que cela ne te concerne pas.

Mais t'as rêvé qu'il y avait une autre fille.
Entre mille détails absurdes, une autre fille dans ses bras.
Avec qui il savait rire et plaisanter.
Avec qui il passait du temps.
Pas toi.

Hier, déjà, t'essayais de ne pas hurler, de ne pas le secouer, le frapper, l'accuser, ou t'enfuir.

Et hier, déjà, tu te le promettais: tu ne le laisserais pas continuer. Tu lui parlerais. Tu... Il ne pouvait pas te traiter comme ça. Tu le lui signifierais. Hier, déjà, tu te racontais ce genre d'histoires-là.

Tu recommences.

Il va rentrer tard, à nouveau, tu le sais jusque dans ta chair. Mais, cette fois, tu lui parleras. Cette fois, tu oseras plonger ton regard dans le sien et lui arracher ses secrets. Tu ne te dégonfleras pas, pas cette fois. Tu en as assez. T'es pas une poupée qu'on abandonne dans un coin.

C’est ta faute, peut-être. Tu n'aurais pas du venir. Peut-être qu'il avait juste besoin que tu cèdes. Peut-être que...

Tu les fais taire, tes doutes.
Peut-être qu'en lui parlant, tu comprendras.
Peut-être qu'il comprendra.
Peut-être qu'il ne réalise même pas qu'il est absent, sans cesse?
Et que tu restes seule, et que tu es venu pour lui, toi?
ET que tu deviens folle, un peu...

Peut-être y arriveras-tu, cette fois?
Peut-être oseras-tu parler? Même si tu as peur de ses mots...
Peur comme jamais, jusque là, tu n'as tremblé.

Tous les mêmes, soufflent les doutes. Tous à promettre monts et merveilles, tous à se défiler...

T'as presque honte de t'être laisser rouler...
Tu te surprends encore à espérer...

Et il est là. Il rentre, tu entends la clé, qui tourne dans la porte, et tu reconnais son pas. Et toi, dans ta chambre, tu ne bouges pas. Un des coloc le rejoint, prend une part de pizza, remercie, parle un peu. Toi, tu regardes le vernis, sur le bout de tes orteils, à la recherche de ton courage. Il n'est pas bien loin, il est à portée de main et...

Et tes pieds nus s'enfoncent dans le tapis, au pied de ton lit. Tu le rejoins. L'autre est parti, il ne reste que Tom et le sourire absurde accroché à tes lèvres.

Il est à l'image de l'abime dans ton ventre, ce sourire. Eclatant. Sans fond.

"Hey... Salut! "

Demain.. demain, tu auras le courage. Il aura l'air moins fatigué, demain. Il sera peut-être rentré plus tôt, aussi... Ca finira par arriver, il faut juste patienter... Demain, tu feras ta valise, tu seras prête, si jamais les voix qui te noient sous le doute, ces peurs, dans ta tête... Si jamais elles ont raison, si tu n'as plus rien à attendre, ici... Tu t'en iras. Tu seras prête, demain, parée à toute éventualité. Bien plus qu'aujourd'hui...

Tu seras plus forte, demain...

"T'as passé une bonne journée?"

T'as pas faim, mais tu prends une part de pizza. Elle a surement bon goût. Tu sais pas. T'as la bouche pleine de sel, d'acide et de mots ravalés. Peut-être que t'aurais du rester dans ta chambre. Peut-être qu'il se serait inquiété...

Peut-être que ça t'aurait rassurée, s'il avait remarqué ton absence...
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MessageSujet: Re: do you wanna start a cult with me? (nimue)   Ven 7 Sep - 21:35

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Do you wanna start a cult with me?

Idiot. Monstre. Tu sens qu’il y a quelque chose de pas normal. Tu sens qu’il y a quelque chose de différent.
Elle ne vient pas.
Il n’y a qu’un de tes colocs qui te rejoint. Qui discute, un peu. Tu réponds presque absent. Sans savoir ce que tu fais vraiment. Sans savoir ce que tu dis vraiment.
Tu souffles.
Tu souffles, et voilà qu’il s’efface. Il s’efface, et peut-être que tu ne l’as même pas vraiment remarqué. « Hey... Salut! » entends-tu. Tu sursautes, surpris. Il y a quelque chose. Quelque chose qui manque, quelque chose qui n’est pas comme d’habitude. Un vide. « T'as passé une bonne journée? » ajoute-t-elle, alors qu’elle attrape entre ses doigts une part de pizza.
Et tu sens ton cœur éclater.
Tu te sens éclater dans ta fragilité.
Comme si tu n’étais qu’un enfant face à sa mère.
Tu as senti tes jambes te lâcher, alors que tu t’effondrais presque sur le canapé. « J’suis en train de faire de la … merde, n’est-ce pas ? » demandes-tu, alors que tu baisses la tête.
Est-ce que ce n’était qu’un murmure ?
Est-ce que tu n’avais que chuchoté ?
« Tu … Je … Oui, j’ai passé une … bonne journée. » souris-tu. Peut-être que tu ne pouvais pas laisser ton masque tomber. Peut-être que tu ne pouvais pas flancher maintenant.
Alors, il fallait jouer un peu la comédie ? Est-ce qu’il fallait continuer de faire semblant ? « J’ai continué le site Internet et … » commences-tu. Tu t’es relevé. Tu t’es saisi d’une assiette, pour y glisser une part. Tu es revenu sur le canapé. Comme si tourner en rond te permettait d’éviter l’inévitable. Tu tritures la télécommande. Tu t’amuses un instant à défaire les lacets de tes Converses, pour pouvoir les retirer. Comme si ça allait t’éviter d’avoir à parler. Comme si ça allait vous éviter d’avoir à aborder les sujets que vous cherchiez à ne jamais aborder.

Tu souffles. Tes doigts viennent se perdre nerveusement dans tes cheveux. Et tu te décides à manger, un peu. « Et … Et toi ? Tu as passé une bonne journée ? » demandes-tu, juste avant de croquer dans ta part de pizza. Comme si c’était normal.
Tu avais envie de raconter des conneries. Tu avais envie de dire tout ce qui te passait par l’esprit. Comme si ça allait t’aider à fuir. Comme si ça allait te permettre de continuer à t’échapper. A l’esquiver.
Viens, partons à Paris. Allons manger des glaces devant la Tour Eiffel, rire comme des idiots, puis louer des mobylettes et rouler jusqu’au Mont Saint Michel. Monter tout en haut, puis repartir jusqu’au bout du monde. Crozon. Rouler, encore. Contempler l’océan depuis la pointe du Raz. Savourer les douceurs de la Bretagne, puis descendre voir l’Auvergne. Faisons des choses folles, idiotes.
Mais ne parlons pas.

Tu secoues la tête. Tu te sentais idiot. Stupide. Et peut-être que tu t’enfonçais toujours un peu plus dans tes semi-mensonges. Dans ton égarement. Est-ce que tu allais continuer comme ça pendant encore longtemps ? Tu te le demandais. « Y’a … Y’a un truc qui va pas, non … ? »



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MessageSujet: Re: do you wanna start a cult with me? (nimue)   Mer 12 Sep - 22:46

Demain, tu seras prête, et demain... ce n'est que l'histoire de quelques heures. Tu ne dois garder ta résolution que quelques heures, Nimue...

Elle déglutit et elle ferme les yeux, la fée paumée, si proche de la fuite. Si elle se concentre, elle ne va pas étouffer. Loin, si loin des rêves, des contes de fées. engluée dans la réalité. Elle souffle, elle tangue. La part de pizza qu'elle mordait, plus qu'elle ne la mangeait, elle l'a abandonnée, sur son carton, et ses doigts sales, elle les a enfoncés dans les poches de son jeans, derrière elle. Ses mains traîtresses qui voudraient se tendre vers lui, attraper les siennes, dompter leur fébrilité qui infuse la nervosité dans son sang. Ses bras faibles qui pensent détenir le secret qui guérirait la blessure esquissée par ses mots.

« J’suis en train de faire de la … merde, n’est-ce pas ? »

C'a été comme un coup de poignard en plein coeur, comme une cruauté enfantine, inconsciente, qui frapperait aveuglément, et se planterait au centre de sa cible. Depuis, ses bras veulent se tendre, et elle les combat. Ils auraient peut-être la force, pourtant, de retenir Tom, de le rattraper, de tout effacer.. si elle les laissait faire.

Ouvrir les bras, qui ne protégeront plus rien.

Elle l'écoute hésiter, elle compte les fraction de silence qui se glissent entre ses mots, elle déglutit, serre les doigts, les poings, les lèvres sur les mots qui pourraient lui échapper. Elle hausse un peu les épaules. Que lui dire de sa journée?

"Bah..."

« Y’a … Y’a un truc qui va pas, non … ? »

Et même ses genoux sont traîtres, mêmes ses jambes voudraient se dérober. peut-être que, agenouillée - effondrée - sur le sol, là, à ses pieds.. peut-être que son regard se laisserait capturer, peut-être que tu pourrais y lire, te rassurer, pleurer ou espérer.

"J'ai juste... cherché du boulot. Je pense que je vais prendre un boulot dans un bar, le temps de trouver mieux..."

Un bar, et ses horaires et toi qui n'es là que si tard, et moi qui serai absente. Es-tu soulagé? Un bar et son alcool, et ses habitués, et ses dragueurs et... Aimes-tu cette idée?

Peut-être que je m'y enfoncerai, peut-être que je m'y perdrai, que les sables mouvants du quotidien m'aspireront, que je me noierai là, que l’alcool ou l'argent faciles refermeront leur piège sur moi.

As-tu, même un peu, même à peine, peur, comme moi?

"C'est pas ce que j'avais imaginé... Mais c'est rien"

Nous deux. Toi et moi. Vivre ici.
C'est pas ce que j'avais imaginé.
C'est rien de ce que j'avais rêvé.
C'est rien.
Pas que ça soit grave, non.
C'est rien. C'est vide. C'est vain.

C'est ma faute, peut-être.
Je devrais pas être à fleur de peau.
Pas pour si peu.
Pas juste pour ça.
C'est rien.

Juste toi et moi.
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MessageSujet: Re: do you wanna start a cult with me? (nimue)   Dim 23 Sep - 20:31

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Do you wanna start a cult with me?

Elle hésite. Elle ne répond pas, et toi, tu insistes. Tu insistes, comme un con. Idiot. Comme si tu cherchais la souffrance. Comme si tu cherchais l’affrontement.
« J'ai juste... cherché du boulot. Je pense que je vais prendre un boulot dans un bar, le temps de trouver mieux... » Tu sens l’amertume dans sa voix. Tu sens la détresse, et la suite de ses mots sont un écho direct des pensées qui te traversent l’esprit. « C'est pas ce que j'avais imaginé... Mais c'est rien. » Tu t’es senti mal. Tu as senti ton cœur se serrer dangereusement. Tu peinais presque à respirer.
« Nimue .. je … » murmures-tu. Tu t’es débarrassé de ta pizza. Tu l’as reposée sur la table, et tu t’es approché. Tu as osé franchir la distance, pour l’attraper dans tes bras. Pour la serrer contre toi.
Tu essaies de ne pas salir sa tenue avec tes doigts gras.
Tu souffles. « T’es pas obligée … » Vous pouviez vous débrouiller. Tu pouvais travailler plus, tu pouvais changer de boulot, retourner dans une autre boite.
Tu pouvais abandonner.
Tout arrêter, et essayer d’être mieux. Essayer de l’aider un peu plus. Essayer. « T’es pas obligée de prendre un truc qui ne te plait pas. » Même si elle avait l’impression que c’était mieux comme ça. Qu’est-ce que tu étais supposé faire ? « On cherchera tous les deux, si tu veux. On … » Tu t’arrêtes. Tu te sens trembler. A nouveau, les sentiments t’asseyent. Les souvenirs essaient de s’accrocher. De te refaire sombrer.
Tu t’écartes. Tu t’écartes, comme si tu réalisais que ce que tu faisais était inapproprié. Comme si tu craignais que ce ne soit inapproprié.
Tes doigts se sont glissés entre tes cuisses, alors que tu baissais la tête, nerveux. « Je ne sais pas si … Si j’ai le droit … ‘fin .. Je. » Tu te sens stupide. Pourquoi est-ce que tu restais coincé ainsi ? Pourquoi est-ce que tu restais bloqué, encore et encore ?
Comme si tu n’arrivais jamais à passer au travers.
Comme si tu n’allais jamais réussir à surmonter ça.
« Crie-moi dessus. Je sais pas, merde ! » Ton corps se contracte dans un mouvement brusque. Ta voix part dans les aigus et tu marques un temps d’arrêt, surpris par toi-même.
Est-ce que tu criais contre elle, ou contre les démons ? Est-ce que tu criais sur les monstres du fond de ton crâne ?
Est-ce que tu craques ?
« Dis-moi que j’abuse, dis-moi que j’suis jamais là. Que c’est pas ce que j’avais promis, que c’est pas en te laissant comme ça qu’on réussira à reconstruire quelque chose. » Peut-être que tu en as besoin. Peut-être que tu as besoin de parler, peut-être que tu as besoin de laisser tout ça filer. De te libérer. « Pourquoi tu me laisses te blesser ? Pourquoi tu dis rien, pourquoi tu .. » Ta voix se brise.
Est-ce que tu vas pleurer ?
Est-ce que tu vas t’effondrer ?
« J’crois que j’suis en train de me perdre en mer, capt’ain … » souffles-tu, alors que tu abrites ton visage derrière tes doigts.



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MessageSujet: Re: do you wanna start a cult with me? (nimue)   Dim 23 Sep - 22:47

Un instant, il lui couple le souffle, en l'enlaçant, et, les yeux clos, elle combat les larmes, le soulagement, cette envie de te blottir contre lui, de rester là. Un instant, juste un instant, avant qu'il ne fuie, avant que la solitude se referme, cruelle, sur son corps.

La certitude de s'être trompée - il m'aime encore? vraiment?... - et la joie douloureuse, dans sa poitrine, qui se tordent et agonisent alors qu'il s'éloigne. Il faut l'écouter, pourtant, l'écouter, sans comprendre son recul, espérer, essayer de comprendre - il ne m'aime pas, c'est tout, c'est rien.  Elle pourrait tout oublier, Nimue, les absences, et les peurs qui la rongent, s'il la gardait dans ses bras.

Mais il ne sait pas. Il n'ose pas. Il ne devine pas.

Sa voix qui épouse les aigus, qui se tord, sa voix qu'elle ne reconnait pas, ou si peu, qui la surprend, l'accent qui s'y glisse, soudain perceptible.

« Crie-moi dessus. Je sais pas, merde ! Dis-moi que j’abuse, dis-moi que j’suis jamais là. Que c’est pas ce que j’avais promis, que c’est pas en te laissant ...»

Elle pourrait sourire, elle pourrait rire, elle est si soulagée, elle s'était fait de tels films. Mais il... il veut qu'elle reste. Elle rirait, si elle n'avait si mal, en l'écoutant, si elle ne sombrait un peu, si vite.

« J’crois que j’suis en train de me perdre en mer, capt’ain … »

Elle sent la vague inattendue, la colère, elle s'approche, elle lui prend les poignets, elle l'oblige à baisser les mains, baisser les doigts. Elle vainc sa brève résistance, il n'a pas le droit de s'évader, se cacher. Elle veut le voir, elle veut qu'il la voie. Ses yeux chocolats plein d'éclairs et de larmes qui ne roulent pas, qui s'accrochent à ses cils, et sa voix qui s'étrangle, gronde et hésite.

Elle se force. Elle se force à parler.
Elle déteste ça, elle le déteste presque de l'obliger à ça.

"T'abuses. T'es jamais là. Et je sais bien que le boulot te prend du temps, et j'essaie d'être raisonnable. Et je m'endurcis, je m'interdis de te faire des reproches, je me dis que je te dois bien ça. Et je te déteste de me forcer à ça... Et toi... Toi, t'as pas le droit de te perdre... Je vais à la dérive, moi, si tu te noies."

Elle déglutit, ses doigts se serrent sur les poignets, contre ses paumes, elle baisse les yeux, les mots se précipitent, se cognent à ses lèvres, tombent et cascadent en un tumulte incohérent.

"Je m'imagine que t'en as marre, que t'es comme les autres connards, que tu regrettes, que tu veux plus me voir, que t'as honte, que je dois partir... Je me fais mille scénarios. Et puis... c'est plus facile de me taire que de risquer de t'entendre tout confirmer... Tu fais chier. Et, un soir, tu vas rentrer et j'aurai pris la fuite, si tu continues comme ça. Parce que j'ai trop la trouille. Et c'est dur... Cette impression de te dégoûter. Je comprends, je suis pas conne, mais c'est dur. T'es jamais là, et quand t'es là... "

Elle devrait s'arrêter. Mais les mots refusent de s'arrêter, de ralentir, elle les vomit plus qu'elle ne les prononce. Elle les crache, elle les lui jette au visage, sans le regarder, les doigts serrés sur ses poignets, entre colère et tristesse, entre raison et folie. Sa voix dure, et qui siffle, et qui gronde, sa voix qui s'éteint puis rebondit et grince. Sa voix comme son cœur, qui crève l'abcès, et le pus n'en finit plus de s'écouler.

"T'as pas le droit de me dire que tu te perds, que tu te noies, moi, j'ai tout lâché, et je m'en fous si c'était pas grand chose. C'était à moi. Mon appart. Mes clients. Mes horaires. Mon argent. Mes risques. Mes dégoûts et mes caresses. Et je suis seule, dans mon corps, dans ma tête, sans personne à qui parler, sans personne pour me faire exister, et ... je te déteste. Tu sais? Parfois, je te déteste, et je me hais d'oser penser ça. Et je..."

Elle ne devrait pas lui dire ça. Elle inspire. L'air est glacé, dans ses poumons. Ou elle est glacée, elle ne sait plus. Elle devrait lâcher ses poignets, elle serre trop fort, ses jointures sont blanches, elle le voit, un peu, elle le devine, à travers l'inondation, sur ses joues, dans ses yeux.

"Je ... j'ai pas besoin de grand chose, promis... Juste... Je veux juste être sure que tu regrettes pas. Que je suis pas juste un boulet, une erreur, la pute qui te colle aux basques, que t'es trop gentil pour jeter, qui est trop conne pour comprendre. Et quand tu me fuis, moi, je suis sensée penser quoi?"

Elle voudrait se taire.
Elle voudrait ne plus penser.
Elle voudrait ses bras, autour d'elle.

Mais elle garde ses poignets prisonniers, ses mains immobiles, et elle ne le regarde même pas.

"Je me déteste, moi, à cause de toi. J'ai pas besoin de ton aide pour ça..."
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MessageSujet: Re: do you wanna start a cult with me? (nimue)   Mer 3 Oct - 21:34


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Do you wanna start a cult with me?

Ses mains aggripent tes poignets. Tu essaies de te rebeller, tu essaies de te reculer. De presque te protéger. De quoi ? De toi ?
Elle te retient.
Elle t’empêche de sombrer. Tu vois les éclairs dans ses yeux. La colère dans son regard. Et tu entends ses mots. Ses mots qui s’enchaînent, se précipitent. Les yeux qui brillent de larmes. Ta gorge qui se serre, et l’impression d’avoir dérapé. L’impression d’avoir trop déconné.
« Je m'imagine que t'en as marre, que t'es comme les autres connards, que tu regrettes, que tu veux plus me voir, que t'as honte, que je dois partir... Je me fais mille scénarios. Et puis... c'est plus facile de me taire que de risquer de t'entendre tout confirmer... Tu fais chier. Et, un soir, tu vas rentrer et j'aurai pris la fuite, si tu continues comme ça. Parce que j'ai trop la trouille. Et c'est dur... Cette impression de te dégoûter. Je comprends, je suis pas conne, mais c'est dur. T'es jamais là, et quand t'es là... » Tu sens tes épaules se secouer.
Elle menaçait de partir. Elle pouvait partir. Elle avait peur. Peur que tu sois comme les autres, peur que tu te sois lassé. Parce qu’elle craignait qu’elle ne t’ait dégouté.
Mais tu t’étais dégouté de toi-même, n’est-ce pas ?
« T'as pas le droit de me dire que tu te perds, que tu te noies, moi, j'ai tout lâché, et je m'en fous si c'était pas grand chose. C'était à moi. Mon appart. Mes clients. Mes horaires. Mon argent. Mes risques. Mes dégoûts et mes caresses. Et je suis seule, dans mon corps, dans ma tête, sans personne à qui parler, sans personne pour me faire exister, et ... je te déteste. Tu sais? Parfois, je te déteste, et je me hais d'oser penser ça. Et je... » Tu te sens t’affaisser. Tu as l’impression de te briser. Tu voudrais qu’elle s’arrête. Tu voudrais lui mettre tes doigts sur ses lèvres, pour qu’elle se taise. Ton cœur cherche à protéger ton esprit. Ou bien est-ce l’inverse ?
Mais tu as besoin d’entendre tout ça.
Peut-être qu’elle a besoin de dire tout ça, aussi.
Vous avez besoin de refixer les bases. De reconstruire quelque chose de propre. D’un peu plus positif.
Tu as l’impression d’étouffer. Tu as l’impression de te noyer dans les larmes qui coulent sur ses joues. Ses doigts serrent tes poignets comme ils pourraient serrer ta gorge.
Elle te déteste.
Elle ne voulait pas être juste la pute.
Juste une pute.
« Je me déteste, moi, à cause de toi. J'ai pas besoin de ton aide pour ça... » Tu souffles. Tu essaies de faire rentrer l’air dans tes poumons. Tu essaies. Tu as l’impression qu’inspirer ne sert à rien. Tu as l’impression que ça ne t’aide en aucun point.
Peut-être que tu vas mourir, là. Peut-être que tu vas rester à suffoquer, sans réussir à faire quoi que ce soit d’autre. Sans savoir quoi dire.
Tu as la bouche qui s’ouvre et se referme comme un poisson rouge.
Peut-être que tu manques d’eau. Peut-être que tu en as besoin pour correctement revenir à la vie.
Tempête de sensations. Tempête de sentiments qui se mêlent, s’emmêlent. Te brisent. Vous brisent.
« Non … » parviens-tu à articuler dans ta langue paternelle.

Et il t’en faut, des instants. Des longs instants, à essayer de retrouver les mots. A essayer de mieux comprendre quoi dire. Comment le dire.
« Tu as le droit de me détester. Pour t’avoir fait tout lâcher. Pour … Pour t’abandonner. Pour tout, en fait. Même pour ce que je suis. » souffles-tu, doucement. Un monstre. Un putain de monstre. « Mais ne te déteste pas. » Parce que c’était de ta faute. Parce que c’était toi qui vous brisais. C’était toi qui détruisais.
Tu t’en voulais.
Tu t’en voulais tellement.
Tu essaies de te tortiller un peu. Pour te libérer les bras. Pour te libérer les poignets. Poignets marqués. Marqués par les traces de ses doigts. Tu grimaces un peu, alors que le sang afflue à nouveau dans tes mains.
Tu t’es penché. Tu t’es penchée vers elle, pour la serrer dans tes bras. Pour la serrer contre toi. Pour essayer de la rassurer. Pour essayer de te rassurer.
Tu ne sais pas combien de temps tu es resté là.
Tu ne sais pas combien de temps tu es resté là, comme ça. A la tenir contre toi. Sans dire un mot. En soufflant juste. Cette fois, tu ne fuis pas. Cette fois, tu restes là. En essayant de ne plus avoir peur. Sans avoir honte. Sans avoir honte de toi.
Et quand tu recules, c’est simplement pour revenir trouver ses lèvres. Pour essayer de te retrouver. Pour essayer de vous retrouver, et peut-être commencer, à nouveau, à espérer.



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MessageSujet: Re: do you wanna start a cult with me? (nimue)   Mar 9 Oct - 22:09

Elle a trop parlé... Elle doit avoir trop parlé, et les mots laissent dans sa bouche un arrière-gout de sel, d'amertume et de mort, un arrière-gout de guerre silencieuse, de défaite, de maladie et de blessure purulente. Elle doit avoir trop parlé, et avoir contaminé Tom de ce pus, de ce venin qui croissait au creux de son ventre, sans qu'elle le réalise pleinement.

Elle en a mal au ventre. A moins que ce ne soit un vertige de son corps, soulagé, allégé par ces aveux incohérents qu’elle avait vomi, qui avaient laissé un gouffre derrière eux.

« Tu as le droit de me détester. Pour t’avoir fait tout lâcher. Pour … Pour t’abandonner. Pour tout, en fait. Même pour ce que je suis. Mais ne te déteste pas. »

Les paroles de Tom dévalent et cascadent, jusqu'à cet abîme-là, qu'ils viennent combler. Et, incrédule, elle le regarde, la gorge sèche, le ventre noué. elle voudrait, elle devrait protester, lui dire que non, jamais, jamais elle ne pourrait le détester, qu'il ne fallait pas la croire, pas l'écouter, qu'elle était folle, tout à l'heure, raisonnable, maintenant.

Mais ses poignets t'échappent, comme les mots. Et tu les fixes, tes mains, qui se referment toujours sur rien, ou qui emprisonnent et blessent. Il y a l'afflux de larmes tièdes, silencieuses, sur tes joues, renouvelés, et, soudain, ses bras qui se referment sur toi, te capturent, t'enserrent et t'enlacent.

Tu restes silencieuses.
Juste quelques gestes.
Pour te blottir, te pelotonner.
Dans ses bras, leur prison, celle qui te réjouit.


Elle blottit son visage contre son torse, les yeux clos, et les larmes se tarissent. Le cœur s'apaise, les plaies se font moins douloureuses, moins présentes. Elle sent l'odeur de sa peau, qu'elle connait si bien. Trop peu, encore. Attachée à ces souvenirs enfouis, qu'il faut repousser, encore, oublier, enfin. Totalement.

Et puis.. Et puis leurs lèvres, qui se frôlent, qui se redécouvrent, et son cœur qui s'étrangle, qui explose, et tout son corps qui frissonne. C'est comme l'aube, ou un réveil, et tout un univers qui s'éclaire, des nuages de brumes glacées qui se dissipent.

Ses lèvres qui frôlent les siennes. Une exploration silencieuse, un naufrage heureux, euphorique. Et, lorsque leurs lèvres se séparent, elle cherche ses yeux du regard. Le silence, alors qu'elle tente de traduire en mots son soulagement, sa joie, ses regret, et son cœur, trop petit pour le bonheur qui le déchire.

Elle cherche les mots.
Elle se mord la lèvre.
Il a du les lui voler.
Elle ne les trouve plus.

"Je..."

Elle ne les trouve plus.
Elle n'y arrivera pas.
A lui dire.

Ne te déteste pas.
Ne me déteste pas.
Ne me demande pas de te détester.
Je ne peux pas.

Je...

"Je t'aime."

Les mots sont un peu étranglés, un peu précipités. Mais ils roulent sur ses lèvres, sans efforts. Sans le blesser. Elle en cligne les yeux, étonnée. De l'avoir dit. De ne pas le regretter. De se sentir soulée, si soulagée, heureuse, légère.

Et elle sourit, largement. C’est facile, c’est simple à dire? Vraiment? Il faut vérifier, réessayer...

"Je t'aime..."

Elle pourrait le dire sur tous les tons, mais elle vient éteindre son envie de rire, son cœur qui virevolte, sur ses lèvres, les voler, les caresser, à nouveau.
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MessageSujet: Re: do you wanna start a cult with me? (nimue)   Sam 13 Oct - 21:12


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Do you wanna start a cult with me?

Dans quoi est-ce que vous étiez en train de sombrer ? Dans quel monde étiez-vous en train de vous perdre ? Tu n’en avais aucune idée. Tu n’en avais strictement aucune idée, mais tu essayais de vous retrouver.
Tu l’avais fait pleurer.
Ton comportement d’abruti la faisait pleurer.
Tu ne valais pas mieux que les autres. Tu ne valais guère plus que les autres. Peut-être même un peu moins. Tu la serres contre toi. Tu t’accroches presque à elle. Comme si ça allait te retenir. Comme si ça allait vous retenir. Comme si ça allait vous aider.
Tu n’en avais aucune idée.
Tu voulais juste te faire pardonner. Tu voulais juste essayer de vous réparer.
Vos lèvres se sont retrouvées. Vos lèvres se sont trouvées. Naufrage des pirates esseulés. Tu as entendu ton cœur battre. Tu l’as entendu papillonner dans ta cage thoracique. Fort. Trop fort. Plus que tu ne l’avais jamais entendu.
Combien de temps est-ce que ça avait duré ? Combien de temps, avant que tu ne te retrouves comme un idiot, complètement essoufflé ?
Ses paupières se sont ouvertes. Tu t’es perdu dans l’océan de ses prunelles sombres. Tu t’es perdu à écouter les syllabes qui s’échappaient de sa bouche. Comme une cascade asséchée. Comme un monde qui revit, doucement.
Tu n’arrives plus vraiment à te concentrer, perdu dans ton regard.
Tu n’arrives plus vraiment à te retrouver.

« Je t’aime. » Tu as ouvert grand les yeux. Aussi étonné qu’elle de l’entendre, peut-être. Autant étonnée qu’elle d’entendre ces mots. Ses mots, à elle.
Qu’est-ce que tu avais imaginé ?
Est-ce que tu t’étais dit un jour qu’elle te les soufflerait en premier ? Sans la moindre colère, pas jeté au détour d’une discussion enflammée comme tu l’avais déjà fait ?
En beauté.
« Je t’aime … » entends-tu encore.
Tes lèvres viennent se fendre d’un sourire, alors que tu laisses échapper ce petit rire idiot. Ce petit rire heureux. Comme si tu venais d’apprendre la plus jolie chose de ta vie. Comme si tu venais d’apprendre la chose la plus douce de ton existence.
Mais ton rire est presque étouffé par les baisers qu’elle t’offre. Ton rire est avalé, alors que tu te perds contre ses lèvres, encore. Alors que tu te perds contre elle.

« Je t’aime aussi, Nimue. » finis-tu par murmurer, essoufflé. Le rose aux joues. Tes prunelles perdues dans les siennes. Ton front contre le sien. Ton cœur qui battait la chamade. Tu souffles. Tu souffles doucement, alors que tes doigts viennent se perdre dans ses cheveux. « Je … » commences-tu, sans trop savoir sur quel pied danser. « Je n’y aurai pas cru, tu sais. Que … Que tu le dises … » Tu baisses la tête. Tu vaisses la tête en souriant. « C’est stupide … Je … C’est stupide, désolé. » continues-tu, alors que ta main vient se perdre dans tes cheveux. Tu enroules quelques mèches autour de tes doigts, comme pour calmer ta nervosité. « Je … J’ai perdu mes mots. » avoues-tu, vaincu.
Tes doigts essaient de replacer une mèche derrière son oreille. Comment pouvais-tu, ne serait-ce qu’un instant, douter d’elle ? Comment pouvais-tu essayer de prévoir ses réactions ? Ses émotions ?
Tu avais honte de toi.
Tu avais honte, pour tout ce que tu avais fait. Pour ce que tu étais.
« J’ai peur, tu sais ? » confesses-tu, finalement. Tu as peur. Tu es mort de trouille, et pour tellement de choses. Pour tellement de raisons. « Je t’aime, mais putain, qu’est-ce que j’ai peur. »




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MessageSujet: Re: do you wanna start a cult with me? (nimue)   Dim 14 Oct - 23:41

Il suffit de quelques mots pour le faire sourire, quelques mots qu'elle n'avait jamais dit, qui l'effrayaient tant, quelques mots qui pèsent si peu, si lourd, tout le poids du monde, et qui palpitaient dans son cœur, qui étiraient leurs ailes, attendant d'échapper à la cage de son cœur. Je t'aime. Juste quelques mots, pour un sourire, et, surement, si elle les avait dit plus tôt, il n'aurait pas disparu, ainsi, de sa vie, fantôme à peine présent, avalé par les flots du travail et des soucis... Si elle avait parlé, peut-être, ne se serait-il pas égaré, son marin, son pirate, loin des côtes, des rivages de leur vie. Leur vie. Au singulier.


« Je t’aime aussi, Nimue. »

Et, entre ses lèvres, les mots semblent plus simples, plus réels encore. Elle les sent effleurer sa peau, son cœur, les caresser, l'apaiser,  comme ses doigts, dans ses cheveux, qui jouent. Elle le dévore des yeux, Nimue, cet homme, ce souvenir d'enfance venu pirater sa vie d'adulte et la tordre, la détourner de son horizon pour des inconnus, des aventures nimbées de défis, de tristesse... Et de ces mots, qu'elle a eu tant de mal à lui dire.

Qui l'étonnent. Elle ferme les yeux, un instant, en l'entendant. Douleur brève, lancinante, aveuglante, souffrance aiguisée, lame forgée de mots. Il n'y aurait pas cru. Qu'elle le dirait... Qu'elle le ressentait, peut-être? Et s'il doutait? Et s'il avait pensé, lui, que, peut-être, elle, elle l'utilisait ou..

Juste quelques mots, qu'elle ne prononçait pas. Qu'elle taisait, qu'il n'attendait pas... Qui lui manquaient, peut-être?

« C’est stupide … Je … C’est stupide, désolé. »

"Non... c'est pas stupide..."

Un chuchotis, alors qu'elle soulève les paupières, qu'elle glisse ses doigts dans sa nuque, la caresse lentement, alors qu'elle se demande si c'est elle, elle qui l'a éloigné, elle qui n'ose pas, elle qui le repousse. Elle qui a besoin de gestes, d'attentions, et lui de paroles...

Tom qui perd ses mots, qui a besoin d'entendre, et besoin d'elle, peut-être...

« J’ai peur, tu sais ? Je t’aime, mais putain, qu’est-ce que j’ai peur. »

Besoin d'elle, surement.
Pas d'un fantôme silencieux.
Pas de cette ombre qui acceptait tout.
Les absences, les fuites, la distance, le silence.
Cette martyre douce-amère en devenir.
Elle, réelle, présente...

Elle voudrait plaisanter. Elle ne connait pas de remède à la peur, Nimue, ni à la distance, ni aux regrets, sa seule pharmacopée est celle du corps, de la chair, des caresses, interdite, impensable, impossible.


"C'est bien... Enfin , je veux dire... J'ai peur aussi, on est deux. On peut avoir peur ensemble si tu veux... plutôt que seuls. Peureux, marins, pirates, perdus... fous, heureux... On peut être tout."

Elle retient ses doigts, les garde dans sa nuque, sur ses lèvres, ses joues, ses tempes, dans ses cheveux. Elle empêche son corps de se lover, de se presser, elle sourit un peu, incline le visage, embrasse les doigts qui échappent à ses cheveux. Persuadée de tout étouffer, dissimuler. Mais elle ne peut pas tout contenir, tout cacher, elle a la voix traitresse, aux inflexions expressives, un regard qui se trouble, s'aiguise, à la fois. Incapable de en pas trahir cet instinct primitif qui cherche, dans la rencontre des corps, l'effleurement des cœurs.

"Et on peut être ce qu'on décide... quand on le décide... Promis."

Elle n'a pas les mêmes peurs, peut-être. Et d'autres cauchemars, des cauchemars qui la font monstre, bourreau, qui le font proie, victime, martyres. Des rêves où elle le détruit. Des bouffées de souvenirs, parfois, quand, les yeux clos, elle combat sa gorge qui se serre en entendant sa voix, en le voyant se détourner.

"J'ai juste... juste besoin de savoir que .. t'as envie que je sois là."

Pas "envie de moi". Ou si. Mais pas tout de suite.
Je sais pas  ce qui se passerait, tu vois?
Même si moi...
T'as pas besoin d'avoir envie de mon corps, Tom. Promis. Pas tout de suite. Un jour.
Même moi, tu sais... même moi, je prétends oublier, je n'y arrive pas.
Tout est sali, Tom. Et la crasse s'accroche encore à moi.
Alors je peux patienter, tu sais...
J'ai l'impatience au corps...
Parce que mon corps me sert à oublier.
A prendre mes revanches, à vaincre, à terrasser, à haïr comme à aimer.
Mais ce n'est rien, c'est pas grave, il attendra, ce corps, qui nous a blessé.
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