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 esteban - unrequited love

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MessageSujet: esteban - unrequited love   Ven 3 Aoû - 14:54

Porte qui claque si fort qu’elle en sort presque de ses gonds. Derniers jurons lancés à la volée alors que claudia dévale les escaliers de l’immeuble où elle vit, bien décidée à ne pas laisser rag avoir le dernier mot. Qu’est-ce qu’il a, celui-là, à la traiter de tous les noms parce qu’elle a mis des talons de pute et du rouge à lèvres de suceuse, comme il dit. C’est vrai que ça change des vieux baggys pourris qu’il lui a fait arborer toute son adolescence, mais elle a toujours l’air de la vierge Marie à côté des autres nanas qu’il fréquente, alors y a pas de raison que ça lui pose problème. Et quand bien même, il a jamais été vraiment son père. Elle descend les marches quatre à quatre, défonce le vieux parpaing du hall d’entrée d’un coup de poing rageur alors qu’elle essaye tant bien que mal de contrôler son impulsivité. Raté, semble lui dire le lambeau de mur qui pandouille et s’est effrité au contact de son poing fermé. Elle sort en trombe dans la rue, le vent lui fouette le visage mais elle n’y prête pas attention, concentrée comme elle est pour ne pas casser autre chose. Le monde qui l’entoure lui paraît flou et elle a oublié où elle se rendait, dans cette fameuse parure de fête qui lui a valu tant d’insultes. Elle parcourt encore quelques centaines de mètres, s’arrête au milieu du passage piéton pour reprendre ses esprits. Voiture qui klaxonne et manque de l’écraser, claudia qui répond d’un gros bras d’honneur avant de monter sur le trottoir. Elle cherche nerveusement son briquet dans ses poches et commence à jouer avec en se demandant où elle peut bien trouver du tabac à cette heure. Elle quémande une clope aux rares passants qui s’aventurent dans la rue sombre où elle se trouve, sans succès. Entend une voix qui l’interpelle, lève les yeux vers la fenêtre du deuxième étage où une lumière s’est allumée. Vous ne seriez pas un peu jeune pour détruire vos poumons ?, qu’il lui demande, le vieux qui la regarde d’un air un peu méprisant depuis son salon. "Et vous, vous êtes pas un peu vieux pour être encore vivant ?" . Elle le remet à sa place d’un ton sans appel et reprend sa route vers une artère plus illuminé, en quête d’alcool, de tabac, ou de quelque chose de plus fort, on sait jamais ce qu’on trouve dans le queens.
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MessageSujet: Re: esteban - unrequited love   Sam 4 Aoû - 20:41

Trainer dehors, dans les rues du Queens, Esteban en avait l’habitude. Il les connaissait par cœur, et pouvait en dessiner le plan les yeux fermés. Il y avait plus appris qu’à l’école. Savoir partager, rester sur ses gardes, comprendre la valeur de l’argent. Tout ça, ce n’était pas sur les bancs de l’école qu’il l’avait appris. C’était là, dans la rue, avec tous les gamins comme lui, les gamins dont personne ne se souciait. C’était dans la rue aussi qu’Esteban avait pris goût à la liberté. Une liberté qu’il avait gardé, d’une certaine manière, même en travaillant. Assis sur les marches de l’entrée d’un commerce fermé, il observait les quelques passants qui défilaient devant lui, sans vraiment s’y attarder. Il ne pensait qu’à Mia. Mia qui ne le rappelait pas, Mia qui jouait au fantôme. Il avait de nouveau quinze ans, et attendait désespérément un signe de la fille qui lui faisait tourner la tête. Complètement ridicule. Il fallait qu’il l’oublie, qu’il passe à autre chose, comme elle. « C’est ça que tu veux ? » Il se releva, et agita son paquet de clopes devant une fille qui semblait en chercher à tout prix. Il s’approcha d’elle, jusqu’à ce que la lumière des réverbères lui révèle son visage et sa tenue. Esteban la regarda de haut en bas, avant qu’un sourire moqueur ne se dessine sur ses lèvres. Dios Mío, jamais il ne laisserait ses sœurs sortir comme ça. Le discours féministe à deux balles, ce serait à d’autres. « T’as un mec ou des copines qui t’attendent ? », il lui demanda en lui tendant une cigarette. Il ne pouvait pas s’en empêcher. Se mêler de ce qui ne le regardait pas. « A ta place j’traînerais pas trop par ici, surtout… habillée comme ça. » Un peu trop vieux-jeu, sans doute. C’était plus fort que lui, il fallait qu’il mette son grain de sel, qu’il y aille de son petit commentaire, même si son interlocutrice ne lui avait pas demandé son avis.

@Claudia Vicente je me suis permise de répondre, j'espère que c'est bon pour toi
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MessageSujet: Re: esteban - unrequited love   Sam 18 Aoû - 13:43

la brune regarde à droite, à gauche, bien consciente que des zonards peuvent toujours apparaître derrière les jeunes femmes a priori sans défense dans ce quartier du queens pour essayer de leur arracher leur sac, de les ramener chez eux et d’en faire leur affaire, de… trop de dangers pour être énuméré, c’est compliqué d’avoir une paire de seins dans le coin. la faute au redlining, certainement, une pratique d’urbanisme controversée résultant en des inégalités et en une insécurité accrue dans les ghettos américains – concept que son simulacre de père, rag, aurait pris grand plaisir à lui expliquer avec son pseudo air de tout savoir du mercenaire érudit. non merci. elle se câle contre le muret de la station service pourrie qui côtoie l’arrière d’un magasin discount et ses poubelles malodorantes, observe les jeunes désoeuvrés qui la dévisagent en marchant sans but sur l’artère peu éclairée sur laquelle donnent les pompes à essence. vient poser son cul sur l’un des plots qui délimitent l’espace où doivent se garer les voitures, les jambes battant contre le ciment. son regard s’arrête sur une silhouette à demi visible dans la pénombre, les jambes étendues sur les marches devant l’entrée du simply. un amour éconduit ? un asociable cherchant à sauter sur une fille pour lui faire son affaire dans le parking sans avoir à discuter avec d’abord ? elle frotte nerveusement ses mains sur ses cuisses, geste machinal qu’elle adopte souvent quand elle est en manque de clopes. il n’a pas l’air de meilleur poil qu’elle, le garçon, en tout cas. les yeux bloqués sur un point qu’elle ne peut pas voir, apparemment pas prêt à chasser ses pensées de sa tête encombrée. mais le voilà qui s’arrache à sa rêverie et se dirige vers elle. c’est ça que tu veux ? "putain t’es devin toi." pas de remerciement – c’est pas le genre, claudia – mais un hochement de tête qui fera le travail alors qu’elle attrape le paquet au vol sans lui en demander l’autorisation. elle doute qu’il se formalise, cela dit. vu sa tenue à lui, sa tête de déterré, il doit pas fréquenter des gars plus polis qu’elle. elle balaye du regard son vieux jean, ses cheveux coupés à raz, sa mâchoire carrée. t’as un mec ou des copines qui t’attendent ? sent que ses yeux à lui se posent sur ses escarpins bon marché et son rouge à lèvres qui tranchent avec la pâleur de sa peau – lui retourne son sourire moqueur. s’il savait quel bonhomme se cache sous ces artifices, il réfléchirait sûrement à deux fois avant de lui demander si elle a un copain. pas le genre à se taper le premier venu, claudia. les garçons, elle les écrase comme des crêpes sour le poids de son autorité et de son caractère volcanique, intraitable. "j’retrouve des copines ouais. si on peut appeler ça comme ça." si on peut appeler copines les putes qui travaillent pour son oncle et avec lesquelles elle ne traîne que pour le croiser lui, objet de ses désirs inavoués. "j’ai pas d’gars, mais t’as l’air aussi cassé qu’moi donc si tu veux qu’on s’oublie cinq minutes dans les bras l’un de l’autre tu peux m’prendre derrière le parking." sourcil qui se hausse en même temps qu’un pli apparaît sur sa joue, demie-faussette qui donnera peut-être un indice au garçon sur le fait qu’elle rigole. elle est comme ça, claudia. beaucoup de gouaille, grande gueule. mettre mal à l’aise, c’est aussi naturel que de dire bonjour chez elle. à ta place j’traînerais pas trop par ici, surtout… habillée comme ça. pas de réponse, cette fois. c’est exactement ce dont elle a besoin, une petite piqure de rappel sur l’origine de son énième engueulade avec rag, dis donc. une pensée pour son père, une envie de l’emmerder, pour la peine. "t’as pas du crack ou un truc un peu fort ? ça met du temps à monter et j’dois être à ma soirée dans deux heures alors ça serait cool de trouver rapidement." les drogues dures, c’est pas trop son truc, à claudia – trop décadent, peut-être, une envie de se distancier des putes qui l’entourent et qui ont le nez pris un peu trop souvent. mais ce soir, elle a envie de rentrer défoncée et de faire trop de bruit pour réveiller rag, le rendre dingue, s’en ramasser une, peut-être. voir où se situent ses limites. tester la profondeur de son amour paternel et de sa patience. elle allume la clope qu’elle triture entre son pouce et son index d’un geste vif, tirant dessus pour souffler une fumée opaque sur le panneau no smoking area de la station service.
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